Les terribles images de Notre-Dame-de-Paris en flammes ont suscité un choc mondial qui s’est rapidement transformé en élan extraordinaire pour reconstruire ce monument architectural unique, construit par les hommes pour vivre pleinement leur foi. Les centaines de millions d’euros affluent et certains commencent à dire que cette formidable masse d’argent est scandaleuse à l’heure où le peuple a les poches vides et le ventre creux. Si certains milliardaires tentent peut-être de se faire mousser à coups de dons, faire croire que cet argent pourrait être utilisé à des fins sociales est une chimère.

100 millions de François Pinault, 200 millions de Bernard Arnault, 100 millions du groupe Total… Bien de grands groupes du CAC40 et leurs patrons ont décidé de faire des dons substantiels afin de contribuer à l’onéreuse reconstruction de la cathédrale de Notre-Dame-de-Paris. En quelques jours, la barre du milliard d’euros de promesses de dons a été franchie et cet élan de générosité (parfois bien compris) ne plaît pas à tout le monde. Si l’Unef se fait un peu plus discrète depuis ses sorties répugnantes de lundi, d’autres ont pris le relai sur un plan financier et moral.

Le problème, c’est l’Etat macronien !

Les grandes fortunes auraient trouvé le moyen de payer moins d’impôts en jouant les mécènes. En effet, en France, les dons sont défiscalisés et c’est autant d’argent qui ne vient pas gonfler les revenus à imposer. Les Pinault, Arnault et autres milliardaires ont-ils eu cette idée en tête lorsqu’ils ont très rapidement annoncé leurs dons ? Peut-être. Le fait est qu’ils ont d’ores-et-déjà renoncé à la défiscalisation de leurs dons face à la polémique naissante. Une bonne nouvelle pour les finances publiques et pour la morale, car trouver le moyen de payer moins d’impôts en se faisant passer pour des gens formidables, ce n’est pas très… catholique. Crier haut et fort que l’on fait un don n’est pas très catholique non plus… Mais à l’heure de la communication à tout rompre, il est difficile de ne pas tomber face à cette tentation.

Le premier milliard d’euros de dons devrait un appeler un second et déjà certains gilets jaunes et gauchistes en mal de résonance médiatique crient au scandale. Une des premières à être montée au créneau n’est autre qu’Ingrid Levavasseur. Celle qui croyait se faire une place au soleil en montant une liste gilets jaunes aux européennes espère encore faire parler d’elle en déplorant l’inertie des grands groupes face à la misère sociale, alors qu’ils prouvent leur capacité à mobiliser en une seule nuit « un pognon de dingue ». La critique est juste, mais un peu limitée, car ce n’est pas aux grands groupes de remplacer un Etat défaillant. Ce dernier devrait déjà obliger ces groupes à payer vraiment leurs impôts en France. Les caisses de l’Etat seraient alors beaucoup plus fournies et la misère un peu moins présente (avec de l’argent bien utilisé).

Même son de cloche venue du côté de Notre-Dame-du-gauchisme institutionnel avec des commentaires laissés sur Twitter par des Eric Coquerel, Olivier Faure et autres perdus de la politique. Pourtant, la priorité n’est pas de taper verbalement les grandes fortunes, mais de reconstruire Notre-Dame-de-Paris et de transformer radicalement l’Etat. Deux chantiers qui peuvent être menés de front et qui impliquent forcément un départ de la clique macronienne et de bon nombre de politicards de tous bords. Bien évident, Emmanuel Macron doit partir en premier et vite, car en plus d’être un président odieux, il est celui qui ne dit pas la vérité.

La vérité qui veut que ce sont les catholiques qui ont d’abord été meurtris par l’incendie de Notre-Dame. Mais de catholiques, il n’a jamais été question dans les différentes interventions du chef de l’Etat. Lorsqu’il parle au Pape, croit-il seulement bavarder avec un homme vêtu d’une robe ou a-t-il conscience qu’il parle au Souverain pontife ? La chose n’est pas claire et Mgr Aupetit, archevêque de Paris, a bien raison de souligner qu’il « aurait été sympathique qu’il y ait un petit mot de compassion pour la communauté catholique, car c’est quand même les catholiques qui font vivre la cathédrale Notre-Dame, qui n’est pas un musée! (…) Le mot catholique n’est pas un gros mot! Ça vient du grec “universel” ». Encore une réalité qui échappe à la sagacité présidentielle. Lui qui rappelait pendant la campagne de 2017, pour séduire l’électorat catholique, qu’il avait été baptisé à sa demande étant enfant, il a oublié que les églises et cathédrales ne sont pas qu’un amas de pierres où l’on se rend pour pleurer des larmes de crocodiles.





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