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19 July 2019

Netanyahu n’est pas le problème. C’est le peuple israélien qui l’est



Ce n’est pas le Premier Ministre Benjamin Netanyahu, tout au moins pas seulement lui. On ne peut pas blâmer une seule personne, aussi influente et puissante soit-elle, pour tout ce qui est mauvais, comme le font ses opposants et ennemis. Le racisme, l’extrême nationalisme, la discorde, l’incitation, la haine, l’anxiété et la corruption, tout est la faute de Netanyahu, disent-ils.

Mais ce n’est pas vrai. Ses péchés sont innombrables et les torts qu’il a causés sont incommensurables, et ce serait formidable de le sortir de nos vies, mais lui faire porter toute la responsabilité, c’est trompeur et un détournement de responsabilité.

Si on doit blâmer Netanyahu pour tout, alors si nous pouvions simplement nous débarrasser de lui, tout rentrerait dans l’ordre. Ce n’est le cas. Si on doit blâmer Netanyahu pour tout, alors nous n’aurions rien à faire avec l’état actuel des problèmes. Ce n’est pas le cas. Netanyahu a causé de graves dommages, mais derrière lui, il y a une nation et des gens qui votent et d’autres responsables élus, dont la plupart ne sont guère différents de lui, et un public et une société et des médias. Le blâme leur revient au moins autant, sinon plus.

Pour le dire simplement, le peuple est le problème. Netanyahu a des électeurs. Il y a ceux qui votent pour des gens comme lui. Il y a ceux qui ont haï les Arabes bien avant Netanyahu. Il y a ceux qui méprisent les Noirs, détestent les étrangers, exploitent les faibles et regardent de haut le monde entier – et pas à cause de Netanyahu. Il y a ceux qui croient qu’ils sont le peuple élu et n’ont donc aucun reproche à attendre.

Il y a ceux qui pensent qu’après l’Holocauste, ils ont le droit de faire n’importe quoi. Il y a ceux qui croient qu’Israël domine le monde entier dans tous les domaines, que le droit international ne s’applique pas à lui et que personne ne peut lui dire ce qu’il doit faire.

Il y a ceux qui pensent que les Israéliens sont des victimes – toujours des victimes, les seules victimes – et que le monde entier est contre nous. Il y a ceux qui sont convaincus qu’Israël a le droit de faire n’importe quoi, simplement parce qu’il le peut.

Il y a ceux qui ne croient qu’à l’épée. Il y a ceux qui soutiennent l’agression, dans les territoires et sur les routes, et qui ne connaissent pas d’autre langage. Il y a des niveaux sans précédent d’ignorance.

Il y a un lavage de cerveau d’une étendue inconnue en démocratie. Netanyahu est-il responsable de tout cela ? Allons !

Le problème, c’est l’atmosphère, l’esprit de l’époque, les valeurs et les perspectives qui se sont enracinées ici depuis des décennies de Sionisme.

Netanyahu ne les a pas semées et elles ne seront pas arrachées quand il partira. Le racisme et la xénophobie sont profondément enracinées ici, beaucoup plus profondément que n’importe quel Netanyahu. Comment cela pourrait-il être attribué à l’homme de la rue Balfour alors que cela a commencé bien avant qu’on le choisisse pour être un envoyé à Washington ?

L’apartheid n’a pas commencé avec lui et ne finira pas avec son départ ; il ne sera probablement même pas ébréché. L’une des nations les plus racistes au monde ne peut pas se plaindre du racisme de son premier ministre.

Quand le discours public est dominé par la droite, est-ce à cause de Netanyahu ? Quand un média est contrôlé par un seul récit, dans lequel la droite devient le centre, est-ce sa faute ? Jusqu’à quel point quelqu’un peut-il faire fi des souhaits, des croyances, des valeurs et des choix d’une population ? Comment peut-on en blâmer un seul politicien ?

Qu’il n’y ait pas d’alternative idéologique n’a rien à voir avec Netanyahu.

Que la campagne électorale ne s’occupe que d’absurdités, il n’en est pas responsable. Que le centre-gauche ait peur de prononcer un seul mot, ce n’est pas sa faute.

Netanyahu et la meilleure chose qui soit jamais arrivée à la politique israélienne – vous pouvez tout lui mettre sur le dos ; il est un incitateur qui sème la peur et répand des mensonges, mais ils sont trop nombreux à acheter ce qu’il vend et ses opposants eux ne sont pas assez nombreux. N’en faites pas le bouc émissaire – nous sommes à blâmer.

Le problème, ce n’est pas Netanyahu, mais l’admiration qu’on lui porte et le vide de l’opposition autour de lui. L’incitation, c’est pour les faibles. Si les Israéliens sont si facilement influencés par leur premier ministre, le problème est chez eux, pas chez lui. Netanyahu, dont les gens disent qu’il est cynique, dirige son poison là où il sait qu’il sera capable de le répandre facilement.

Ce serait magnifique si un Nelson Mandela local émergeait, un leader courageux avec une vision qui changerait les valeurs fondamentales du pays et conduirait une révolution. Mais personne de cette sorte n’est né ici, et il est fort douteux qu’il arrive jamais. Je souhaite que Netanyahu disparaisse. Mais ne dites pas qu’il a tout ruiné et que, une fois qu’il sera parti, tout ira bien. Netanyahu est Israël, et Israël est Netanyahu, même si Benny Gantz lui succède.

Traduction : J. Ch. pour BDS France Montpellier



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