Aller à…
RSS Feed

25 janvier 2021

Grande débâcle : fin de la récréation gouvernementale



Cette semaine, Emmanuel Macron a conclu le grand débat par deux ultimes pirouettes en Bretagne et en Corse. Le président a encore une fois pris des notes et surtout parlé, parlé, parlé jusqu’à épuisement… de son auditoire. Le Tour de France de la farce est terminé et le gouvernement s’apprête à résumer les contributions dans un document de… 1 500 pages. On a connu des temps où l’art de la synthèse était mieux maîtrisé. Au fond, Edouard Philippe ne fait qu’acheter un peu plus de temps encore pour mieux préparer les annonces de la mi-avril, lesquelles sont censées faire chavirer des Français ivres de bonheur.

Acculé et complètement muet au début du mouvement des gilets jaunes, Emmanuel Macron a trouvé in extremis un subterfuge grandiose pour se sortir de l’impasse dans laquelle il s’était enferré : le grand débat. Grand débat démocratique qui consiste à écouter le président discourir pendant des heures, ce machin a quand même coûté la bagatelle de 12 millions d’euros. Quand on boucle des villages et des villes avec des dizaines de véhicules de CRS, la facture grimpe vite et l’histoire dira si ce chiffre de 12 millions d’euros avancé par Sébastien Lecornu n’est pas aussi bidon que les chiffres du ministère de l’Intérieur chaque samedi.

Beaucoup de bruit pour rien

Le grand n’importe quoi prend fin et ô miracle pour l’exécutif, la mobilisation des gilets jaunes semble suivre le même cours. Ce samedi 6 avril a enregistré la plus faible mobilisation depuis le mois de novembre et au rythme imposé par les chiffres de Castaner, la bande de bras cassés qui fait office de Gouvernement pourra profiter de l’été sans crainte de se faire savonner la planche. Tout va pour le mieux en Macronie, mais il faut encore sortir par le haut du grand débat. Une tâche compliquée, car le pouvoir a déjà dit qu’il utiliserait les principales revendications des gilets jaunes comme papier hygiénique (c’est peut-être ça le vrai recyclage). Le grand débat n’aura servi qu’à gagner plus d’un trimestre et d’occulter les enjeux des élections européennes. Un beau coup double qu’il va falloir faire fructifier en menant d’autres réformes iniques au prétexte que les Français les ont réclamées au cours du grand débat.

Le tout risque fort de se terminer sur une bonne petite réforme de la fiscalité qui ne manquera pas d’entuber la majorité des Français malgré les discours rassurants du Gouvernement. Darmanin et Philippe ont d’ores et déjà écarté l’idée de la fin de la TVA sur les produits de première nécessité avec la justification que cette mesure n’est pas le « meilleur moyen de soutenir le pouvoir d’achat ». Comme si la perfection guidait les décisions du Gouvernement… Comme si permettre aux ménages de ne pas se ruiner pour manger n’allait pas les aider à boucler leurs fins de mois… Darmanin et consorts sont grotesques et ne veulent surtout pas dire que l’Etat est drogué à l’impôt et que si cela doit passer par des dizaines de millions de précaires ou en voie de précarisation, cela n’est pas un souci pour la Macronie.

Pervers, le pouvoir va certainement mettre un pansement sur l’amputation qu’ont subi les retraités. Une petite revalorisation des retraites après les avoir pompées à mort et le Gouvernement aura son quota de mesures symboliques à l’issue du grand débat. Mais chut, le temps est au résumé des « contributions ». Il faudra encore attendre pour les annonces. Attendre, attendre et ne plus rien espérer. La France est devenue le théâtre de l’absurde où le Godot n’est autre que le rétablissement de la liberté de vivre et d’une vraie démocratie. Ce n’est pas en suivant la feuille de route imposée par le Gouvernement que les Français y parviendront.



Source link

Mots clés: , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut