L’acte XIX des gilets jaunes a été marqué par les interdictions de manifester dans de nombreuses rues et places de France. Des décisions qui sentent bon la fin progressive de la démocratie et qui est à l’origine des graves blessures d’une gilet jaune niçoise âgée de 73 ans. Pour avoir osé se rendre place Garibaldi et brandi un drapeau « Peace », la retraitée pacifique a été envoyée à l’hôpital entre la vie et la mort. Un événement gravissime qui a provoqué une nouvelle diarrhée verbale du président et un gros fake de la part du procureur de Nice. Un cocktail aussi moche que malsain.

Si la société de l’image est un outil de propagande extraordinaire pour ravir le pouvoir et le garder le plus longtemps possible (Macron connaît bien), elle s’avère parfois désastreuse pour les récits créés de toute pièce par le pouvoir. La mésaventure qui a failli se révéler mortelle pour Geneviève Legay en est la preuve. Bien décidée à faire entendre sa misère et son refus de voir la France tomber sous les coups de bottes macroniennes, la retraitée de 73 ans s’en est allée sur la place Garibaldi où plusieurs centaines de policiers bouclaient le périmètre et serraient de près les quelques téméraires qui s’étaient aventurés là sans brassard de police ni envie d’en découdre. Un choix pas très empreint de « sagesse », à en croire la parole présidentielle, qui a donc permis à la retraitée niçoise d’avoir un aperçu de l’au-delà.

Macron le sage et le Procureur Prêtre apôtres du mensonge ?

Chargée par la police alors qu’elle ne représentait aucune menace, Geneviève Legay ne se relèvera pas. Victimes de nombreuses fractures au crâne et aux côtes, elle a subi une charge violente d’une police surarmée qui a cru bon nettoyer par tous les moyens un espace où ne régnait aucune violence ni agressivité. La violence de quelques uniformes sera la seule et elle sera terrible. Les images sont accablantes pour les forces de l’ordre, mais dès lundi, le procureur de la République écrit l’histoire d’après un scénario fantasmé. Selon ce Monsieur répondant du nom de Jean-Michel Prêtre, il n’y a eu « aucun contact avec les forces de sécurité (…) On ne voit pas qui la pousse. Si ce n’est que ce n’est pas un agent de sécurité, qui sont [sic]reconnaissables. C’est quelqu’un qui était devant elle, j’en connais trois ». Des déclarations qui visent à défendre mordicus la police alors que les images dont disposent les médias montrent que le Procureur a tort.

Une erreur de visionnage ou une volonté délibérée de raconter une histoire qui n’a pas eu lieu ? Interrogé trois jours plus tard sur ses déclarations du lundi, Prêtre reste droit dans ses bottes et assure que les « images de très près qui ne laissent aucun doute ». La retraitée n’a jamais été touchée par la police. Même le président Macron le dit dans son interview à Nice Matin en début de semaine : « Cette dame n’a pas été en contact avec les forces de l’ordre ». Parole présidentielle, mais pas parole d’évangile, car Prêtre et lui ne sont en rien des saints ou alors des fiers représentants de Saint Affabulateur.

Le pouvoir fait encore dans la fake news, mais devant l’évidence, il doit battre en retraite. Alors le Procureur de la République se présente, ce vendredi, devant quelques micros pour enfin avouer la vérité. « C’est bien le geste d’un policier qui est à l’origine de la chute de Mme Legay » affirme celui qui disait la veille avoir des preuves « indiscutables » du contraire… Un retour à la raison et à la réalité qui est quand même un euphémisme, car entre une charge de policiers suréquipés contre une personne âgée pacifique et un simple « geste », il y a un monde de différence. Le Procureur Prêtre a beau ouvrir finalement une enquête, il serait temps pour lui de se retirer loin des affaires judiciaires. Ses problèmes de vue pourraient lui jouer d’autres tours, ce serait une déveine pour la justice…

Comment rester insensible face à un tel scandale ? Comment ne pas sentir la révolte gronder quand on apprend que les Street medics qui allaient procurer les premiers soins sur la retraitée à deux doigts de la mort ont été empêché par la police ? Comment continuer à être gouverné par un président de la République qui donne des leçons de morale juste après avoir menti effrontément ? Il y a comme une odeur de pourri et à force de priver les Français d’air pur, les boules puantes finiront sous le nez de tous ces parvenus qui sont devenus les rois des fake news pour mieux faire les poches et assommer les Français. Attention, chers Niçois, votre ville est cernée une nouvelle fois par la police en ce samedi 30 mars, car il faut bien « préserver l’attractivité commerciale et touristique de la ville ».





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