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24 May 2019

Comment les réseaux sociaux affectent le comportement humain




Chaque jour, plus de 4 milliards de messages sont publiés sur Facebook et environ 500 000 sur Twitter. Dans plus de la moitié des cas, il s’agit de publications repostées par les utilisateurs qui jugent l’information qu’elles contiennent intéressante.

Pourquoi certains messages sont-ils partagés à une vitesse incroyable alors que d’autres ne suscitent presque aucune attention? Et quelle est l’influence des reposts sur le comportement humain? 

La lutte pour les valeurs

Les chercheurs de l’Université de Pennsylvanie se sont penchés sur les motivations d’une personne qui repostait une publication. A ces fins, ils ont demandé à 80 personnes de lire pendant quelques heures les publications du site du New York Times pour décider si elles étaient prêtes ou non à les partager sur leur page sur Facebook. Pendant cette expérience, les neurobiologistes ont observé l’activité cérébrale des sujets à l’aide de l’imagerie à résonance magnétique.

Si un participant voulait partager un message, on constatait l’activation de plusieurs régions de son cerveau: le cortex préfrontal médial, le cortex de l’arrière de la circonvolution du corps calleux, le précuneus, le nœud temporo-pariétal et le sillon temporal supérieur droit. Ces zones sont liées à la régulation du comportement social et à la prévision des conséquences d’une action que l’on effectue du point de vue des valeurs individuelles et des normes sociales.

Les résultats de l’expérience ont démontré que l’activité cérébrale permettait de prévoir le caractère viral de tel ou tel article de manière plus fiable que la volonté consciente de le partager. Les chercheurs ont comparé la liste des publications que les sujets voulaient afficher sur leur page aux reposts réels sur les réseaux sociaux. Les articles les plus populaires sur Facebook ont été ceux qui avaient provoqué la hausse la plus remarquable de l’activité des zones «des valeurs» du cerveau des participants. Par contre, une volonté expresse de partager une publication ne signifiait pas toujours que l’article serait nécessairement populaire.

Reposter et oublier

Selon une étude chinoise, une passion trop marquée pour les reposts pourrait affecter de manière négative la mémoire et les capacités d’apprentissage. Les chercheurs ont tiré ces conclusions après avoir fait lire à 80 étudiants de l’Université de Pékin des messages sur le réseau social Weibo (Twitter chinois). Certains sujets avaient le droit de partager les messages, alors que les autres ne pouvaient que les lire.

Ensuite, on a proposé aux participants de passer un test concernant le contenu des publications qu’ils avaient lues. Les résultats des sujets qui avaient activement reposté des messages intéressants, se sont avérés en moyenne deux fois moins bons que ceux des étudiants privés de cette possibilité. Les participants avaient beaucoup de mal à mémoriser les informations qu’ils avaient partagées sur les réseaux sociaux.

Quelque temps après, les scientifiques ont reproduit cette expérience en l’élargissant un peu. Ainsi, ils ont proposé aux sujets non seulement de travailler avec des messages sur Weibo, mais aussi de lire ensuite un article du magazine scientifique New Scientist pour passer un test de compréhension. Encore une fois, ceux qui n’avaient pas partagé de messages sur les réseaux sociaux ont obtenu les meilleurs résultats.

Les chercheurs expliquent ce bilan par le fait que les amateurs de reposts subissent une surcharge cognitive: il est nécessaire de faire un certain effort pour décider s’il faut ou non partager telle ou telle information. Cela empêche de bien comprendre le sens des messages, et nuit en principe au processus d’éducation.

Les conclusions des scientifiques chinois ont été indirectement confirmées par une étude de leurs homologues américains et néerlandais. Après avoir analysé les résultats académiques de 219 étudiants d’universités américaines, ils ont établi que les notes de ceux qui avaient utilisé les réseaux sociaux au cours de la préparation des examens étaient en moyenne 20% moins bonnes que celles de leurs camarades qui s’étaient complètement consacrés à leurs études.

Une réalité altérée

Selon les données des scientifiques de l’Université Columbia, 72% des étudiants font confiance aux liens et aux messages envoyés par leurs amis. Ils sont notamment prêts à avaler des informations manifestement fausses si elles proviennent d’un contact sur internet.

La plupart des utilisateurs partagent les messages de leurs amis et coupent les liens avec ceux qui ont des opinions contraires. C’est pourquoi des infox évidentes — par exemple, sur le caractère nuisible de la vaccination — sont partagées avec une rapidité incroyable parmi ceux qui sont connectés entre eux sur internet. Une personne se retrouve ainsi dans une bulle d’information, ce qui pourrait considérablement affecter sa vision de la réalité.

Les personnes âgées sont les plus vulnérables de ce point de vue. Selon les chercheurs des universités de New York et de Princeton, 11% des utilisateurs de Facebook âgés plus de 65 ans partagent des informations fausses, alors qu’ils ne sont que 3% dans le groupe de 18-29 ans.

Un message positif

Selon les chercheurs de l’Université de Californie à San Diego, les messages positifs suscitent chez l’audience une réaction plus forte que les publications négatives. Les scientifiques ont analysé plus d’un milliard de mises à jour de statut chez 100 millions d’utilisateurs de Facebook pour établir qu’un message négatif provoquait en moyenne 1,29 mises à jour de statut chez les amis de l’auteur contre 1,75 en cas de message positif.

L’activité sur les réseaux sociaux est également liée à la durée la vie. Les observations menées sur 12 millions d’Américains ont montré que le risque de mort prématurée était 12% moins important chez les utilisateurs de Facebook que chez ceux qui ne se servaient pas de ce réseau social. Globalement, les personnes ayant des contacts sociaux développés — indépendamment de leur activité en ligne — vivent plus longtemps que les gens solitaires ou ceux dont la communication se limite à internet. 





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