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23 May 2019

Le plan de changement de régime américain propose des pannes d’électricité au Venezuela comme “événement décisif” pour “galvaniser l’agitation publique” (The GrayZone)



L’organisation CANVAS, financée par les États-Unis, qui a formé Juan Guaido et ses alliés, a produit un rapport en 2010 sur l’exploitation des pannes d’électricité et a exhorté l’opposition à “profiter de la situation… à son avantage”.

Un rapport publié en septembre 2010 par une organisation de soft power financée par les États-Unis, qui a aidé à former le chef du coup d’État vénézuélien Juan Guaido et ses alliés, identifie l’effondrement potentiel du secteur électrique du pays comme ” un événement décisif ” qui ” aurait probablement pour effet de galvaniser les troubles publics d’une manière qu’aucun groupe d’opposition ne pourrait espérer susciter “.

Ce rapport est particulièrement pertinente aujourd’hui alors que Guaido s’apprête à exploiter les pannes de courant à l’échelle nationale causées par une défaillance majeure de la centrale hydroélectrique Simon Bolivar au barrage de Guri – une crise que le gouvernement du Venezuela impute à un sabotage par les États-Unis.

Il a été rédigé par Srdja Popovic du Center for Applied Non-Violent Action and Strategies (CANVAS), une organisation de “promotion de la démocratie” basée à Belgrade et financée par le gouvernement US qui a formé des milliers de jeunes militants pro-US dans des pays où l’Occident cherche un changement de régime.

Ce groupe aurait accueilli Guaido et les principaux dirigeants de son parti Voluntad Popular pour une série de sessions d’entraînement, les transformant en une “Génération 2007” déterminée à fomenter la résistance au président de l’époque Hugo Chavez et à saboter ses plans pour mettre en œuvre le “socialisme du 21ème siècle” au Venezuela.

Dans le rapport de 2010, Popovic de CANVAS déclarait : “Une des clés de la faiblesse actuelle de Chavez est le déclin du secteur de l’électricité”. Popovic a explicitement identifié la centrale hydroélectrique Simon Bolivar comme un point de friction, soulignant que ” les niveaux d’eau au barrage de Guri baissent, et Chavez n’a pas été capable de réduire suffisamment la consommation pour compenser la détérioration de l’industrie “.

En spéculant sur la ” grave possibilité qu’environ 70 % du réseau électrique du pays puisse s’éteindre dès avril 2010 “, le dirigeant du CANVAS a déclaré qu’” un groupe d’opposition serait mieux servi pour profiter de la situation et la retourner contre Chavez et à son avantage “.


Retour à Mars 2019, et le scénario esquissé par Popovic se déroule presque exactement comme il l’avait imaginé.

Le 7 mars, quelques jours à peine après le retour de Guaido de Colombie, où il a participé à la tentative ratée et manifestement violente du 23 février de forcer la frontière vénézuélienne avec une cargaison d’aide US, la centrale hydroélectrique Simon Bolivar a connu un effondrement majeur et encore inexpliqué.

Quelques jours plus tard, l’électricité reste sporadique dans tout le pays. Entre-temps, Guaido a fait tout ce qu’il a pu pour ” profiter de la situation et la retourner ” contre le président Nicolas Maduro, comme ses alliés avaient été encouragés à le faire plus de huit ans auparavant par CANVAS.

Rubio promet “une période de souffrance” pour le Venezuela quelques heures avant la panne d’électricité

Le gouvernement vénézuélien rejette la faute sur Washington, l’accusant de sabotage par le biais d’une cyber-attaque sur son infrastructure électrique. Les principaux acteurs de la tentative de coup d’État dirigée par les États-Unis n’ont guère contribué à dissiper cette accusation.

Dans un tweet du 8 mars, le secrétaire d’État Mike Pompeo a qualifié la panne d’électricité d’étape cruciale dans les plans américains de changement de régime :

Le 7 mars à midi, lors d’une audition sur le Venezuela à la sous-commission sénatoriale des relations étrangères, le sénateur Marco Rubio a explicitement appelé les Etats-Unis à provoquer “des troubles généralisés”, déclarant qu’ils “doivent se produire” afin d’obtenir un changement de régime.

“Le Venezuela va entrer dans une période de souffrance à laquelle aucune nation de notre hémisphère n’a été confrontée dans l’histoire moderne”, a proclamé Rubio.

Vers 17 heures, la centrale hydroélectrique Simon Bolivar a connu un effondrement total et encore inexpliqué. Les habitants de Caracas et de tout le Venezuela ont immédiatement été plongés dans l’obscurité.

A 17h18, un Rubio clairement excité s’est rendu sur Twitter pour annoncer la panne de courant et prétendre que les “générateurs de secours sont en panne”. Il n’était pas clair comment Rubio avait obtenu des informations aussi précises si peu de temps après la panne. Selon Jorge Rodriguez, le ministre vénézuélien des communications, les autorités locales ne savaient pas si les générateurs de secours étaient en panne au moment du tweet de Rubio.

De retour à Caracas, Guaido s’est immédiatement mis à exploiter la situation, comme l’avaient conseillé ses entraîneurs du CANVAS plus de huit ans auparavant. Sur Twitter, un peu plus d’une heure après Rubio, Guaido déclarait : “La lumière reviendra quand l’usurpation [de Maduro] prendra fin”. Comme Pompéo, le président autoproclamé a présenté les coupures de courant comme faisant partie d’une stratégie de changement de régime, et non comme un accident ou une erreur.

Deux jours plus tard, Guaido était au centre d’un rassemblement d’opposition qu’il avait convoqué dans l’est de Caracas, en train de hurler dans un mégaphone : “Article 187, le moment venu. Nous devons être dans la rue, mobilisés. Ça dépend de nous, et de personne d’autre.”

L’article 187 établit le droit de l’Assemblée nationale “d’autoriser l’utilisation de missions militaires vénézuéliennes à l’étranger ou étrangères dans le pays”.

Lorsqu’il a mentionné l’article constitutionnel, les partisans de Guaido ont répondu : “Intervention ! Intervention !”

Exploiter la crise pour “revenir au pouvoir”.

Comme Dan Cohen et moi l’avons rapporté ici au Grayzone [version française], la montée en puissance de Guaido – et le coup d’Etat qu’il avait été nommé pour diriger – est le produit d’un projet de dix ans supervisé par le CANVAS de Belgrade.

CANVAS est une spin-off d’Otpor, un groupe de protestation serbe fondé par Srdja Popovic en 1998 à l’Université de Belgrade. Otpor, qui signifie ” résistance ” en serbe, était le groupe d’étudiants qui a travaillé aux côtés des organisations américaines de soft power pour mobiliser les protestations qui ont finalement renversé le feu président serbe Slobodan Milosevic.

CANVAS a été financé en grande partie par le National Endowment for Democracy, une façade de la CIA qui fonctionne comme le principal bras du gouvernement américain pour promouvoir le changement de régime. Selon des courriels internes provenant de Stratfor, une société de renseignement connue sous le nom de “CIA fantôme“, CANVAS “a peut-être aussi reçu des fonds et une formation de la CIA pendant la lutte contre Milosevic de 1999/2000”.

Un courriel d’un employé de Stratfor qui a fait l’objet d’une fuite indiquait qu’après avoir évincé Milosevic, ” les enfants qui dirigeaient OTPOR ont grandi, ont reçu des costumes et conçu CANVAS… ou en d’autres termes un groupe ” d’exportation de révolutions” qui a semé les graines pour un nombre de révolutions couleur. Ils sont toujours financés par les US et font le tour du monde pour tenter de renverser les dictateurs et les gouvernements autocratiques (ceux que les États-Unis n’aiment pas ;)”.

Stratfor a par la suite révélé que CANVAS s’était “tourné vers le Venezuela” en 2005, après avoir formé des mouvements d’opposition qui avaient mené des opérations de changement de régime pro-OTAN en Europe de l’Est.

En septembre 2010, alors que le Venezuela se dirigeait vers des élections législatives, CANVAS a produit une série de mémos décrivant les plans qu’ils avaient élaborés avec des “acteurs non formels” comme Guaido et son groupe d’étudiants militants pour faire tomber Chavez. “C’est la première occasion pour l’opposition de se remettre en position de pouvoir “, écrivait Popovic à l’époque.

Dans son rapport sur les pannes d’électricité, Popovic a souligné l’importance de l’armée vénézuélienne pour le changement de régime. « Les alliances avec l’armée pourraient être critiques car dans une telle situation d’agitation publique massive et de rejet de la présidence, écrit le fondateur de CANVAS, les secteurs mécontents de l’armée décideront probablement d’intervenir, mais seulement s’ils croient avoir un soutien suffisant. »

Si le scénario envisagé par Popovic ne s’est pas concrétisé en 2010, il décrit parfaitement la situation qui s’est instauré aujourd’hui au Venezuela, où un leader de l’opposition cultivé par CANVAS cherche à retourner la crise contre Maduro tout en appelant les militaires à rompre les rangs.

Depuis que le Grayzone a exposé les liens profonds entre CANVAS et le parti de la Voluntad Popular de Guaido, Popovic a tenté de se distancier publiquement de son bilan de formation de l’opposition du Venezuela.

Aujourd’hui, cependant, le rapport de Popovic de 2010 sur l’exploitation des pannes d’électricité se lit comme un plan directeur pour la stratégie que Guaido et ses alliés à Washington ont activement mise en œuvre. Que la panne soit le résultat d’un sabotage externe ou non, elle représente l’”événement décisif” auquel CANVAS a préparé ses cadres vénézuéliens.

Max Blumenthal

Max Blumenthal est un journaliste primé et l’auteur de plusieurs livres, dont les best-sellers Republican Gomorrah, Goliath, The Fifty One Day War et The Management of Savagery. Il a écrit de nombreux articles pour un large éventail de publications, et effectué de nombreux reportages vidéo et plusieurs documentaires, dont Killing Gaza. Blumenthal a fondé The Grayzone en 2015 pour mettre en lumière par le journalisme l’état de guerre perpétuelle de l’Amérique et ses dangereuses répercussions intérieures.

Traduction “contrairement aux journalistes, plus on en apprend et plus on sait” par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles





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