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7 mars 2021

Quand les Haut-Commissaires Français au Levant et le Général de Gaulle dénonçaient le Sionisme



Déjà en 1920, le Général Henri Joseph Eugène Gouraud s’opposait aux revendications territoriales britanniques qui souhaitaient étendre leurs territoires jusqu’à la rive Sud du Litani.

Puis, en 1924, le Haut Commissaire au Levant, Maxime Weygand interdira par décret la vente de terrains au nord de la ligne Paulet Newcombe, des terrains sur lesquelles, peut-on lire à l’époque, selon les chroniques d’alors, « le sionisme a des visées expansionnistes ».

Il s’agit en fin de compte d’une reconnaissance d’un caractère idéologique et nationaliste et non d’un caractère ethnique au sionisme. Il répondait ainsi à des projets d’établissements de colonies juives au Liban et plus particulièrement au Sud Liban et en Syrie. En 1935, Damien de Martel, nouveau Haut Commissaire en Charge du Levant, pourtant marié à une juive demandait à Paris l’interdiction de l’installation de 10 000 colons juifs en Syrie et au Liban, afin, selon ses propres dire, d’éloigner « les convoitises sudistes ».

Ces colons étaient des sionistes qui avaient des projets similaires à ceux qu’on peut voir en Israël ou Palestine: Prendre des territoires aux populations locales, ce qui ne se fait pas sans heurts et sans conflit. Le sionisme est donc une doctrine politique ouvrant la voie à des conflits territoriaux.

La clarté et la clairvoyance des Hauts Commissaires Français au Levant nous auraient aujourd’hui évité un conflit qui dure depuis presqu’un siècle, avec ses lots de massacres comme ceux de juifs en 1929 à Jérusalem, comme ceux de populations arabes à Deir Yassin en 1948, comme ce véritable nettoyage ethnique de la Palestine dont le territoire se réduit comme peau de chagrin aujourd’hui.

Un Charles de Gaulle très clairvoyant sur la question du Sionisme

Plus proche de nous, Charles de Gaulle évoquait bien l’établissement d’un foyer sioniste – pour reprendre ses mots puis d’Israël posait également des questions. Un des discours assez connu du Président Français. Cette implantation sur des terres au milieu de peuples hostiles allait entrainer un conflit interminable avec un état d’Israël guerrier et résolu à s’agrandir avec une politique visant à s’étendre grâce à l’émigration, en d’autres termes par la mise en avant du sionisme qui est devenu une arme politique dans le conflit israélo-arabe. Il évoquait également le cas des sionistes chrétiens à juste titre et il faut dire par clairvoyance.

Conférence charles degaulle 1967 : sionisme

De Gaulle sur l’Occupation des territoires Palestiniens

Il rappelait également que l’état d’Israël était une réalité et la France pourrait jouer le rôle d’un médiateur entre Pays Arabes et l’Etat Hébreu. Il évoquait déjà la Paix contre les Terres, ce qui n’allait pas dans le sens des doctrines sionistes. Charles de Gaulle serait peut- être aujourd’hui accusé d’être d’antisémite en dénonçant les dérives du sionisme.

Les juifs libanais, victimes du sionisme

Même si la communauté juive a aujourd’hui presque disparue, elle comptait 20 000 personnes avant la création d’Israël. L’essentiel de ses membres se trouvent non pas en Israël mais en Europe ou aux USA. Et pour cause.

Elle sera prospère jusqu’à la guerre civile de 1975 et résidera principalement dans le quartier de Wadi Abu Jmil. Des synagogues existent aussi un peu partout au Liban, comme à Deir el Qamar dans le Chouf, à Saïda au Sud Liban, à Beyrouth même ou elle vient d’être restaurée après avoir été détruite – oh ironie – par un bombardement israélien en 1982, Tsahal accusant l’OLP de Yasser Arafat d’y avoir stocké des armes. Des officiers juifs libanais seront présents au sein de l’Armée Libanaise. Certains s’illustreront même dans des combats opposant l’institution militaire libanaise à ce qui deviendra Tsahal en 1948. Puis ils en seront toutefois écartés dans les années 1950 et 1960 en raison de la tournure d’un conflit avec Israël prenant un aspect religieux. Le Saviez-Vous? Le 30 mai 1946, un traité secret est conclu entre le patriarche Arida et l’Agence juive. Il s’agissait pour le Patriarche Arida de permettre aux Chrétiens du Liban de survivre dans un environnement géopolitique plutôt instable. Les maronites reconnaissent de leur côté aux Juifs le droit de créer un Etat en Palestine tandis que le caractère chrétien et indépendant du Liban est reconnu par les Juifs. Cet accord ne sera pas reconnu par l’Etat Libanais, seul apte à représenter le Liban sur un plan international. Les juifs libanais sont bien conscients de l’amalgame entre sionisme et sémitisme, entre israéliens et juifs. Ils en ont été, comme beaucoup de juifs arabes, les premières victimes d’un conflit qui ne les concernait pas au premier abord. Et les juifs en France vus comme des conquérants par l’amalgame entre sémitisme, le fait d’être juif et sionisme, – comme le soulignait si bien Charles de Gaulle dans son discours à ce sujet – pourraient également devenir des victimes, en semblant appartenir à une partie d’un conflit qui ne les concerne pas au premier abord.

La communauté juive française, tout comme la communauté juive libanaise pourrait donc être la principale victime de cette nouvelle loi qui aggrave les choses au lieu de les arranger.



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