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4 mars 2021

Benalla au trou, Macron au fond du trou



Rédigé par notre équipe le 21 février 2019.

Ça dérape fort pour la Macronie. Alors qu’elle se sentait invincible et au-dessus des lois depuis de trop nombreux mois, elle commence à goûter à la potion amère de la vérité et de la réalité. Alexandre Benalla est (enfin !) en prison. Pas pour longtemps certainement, car il s’agit d’une détention provisoire suite à la violation de son contrôle judiciaire. Son protecteur de président voudrait bien l’aider, mais il est dans la nasse avec un rapport de la Commission d’enquête du Sénat qui frappe fort par son exactitude et sa minutie.

Patatras ! Après six mois à narguer les Français, à dire tout et son contraire et à saboter les institutions démocratiques, la Macronie commence à voir s’approcher l’addition. Et vu la note salée qui attend la petite clique au pouvoir, les justifications pour ne pas la payer sont aussi insolentes qu’insensées. Principal acteur du scandale, Alexandre Benalla a déjà passé deux nuits en prison. L’ex-homme à tout faire du président n’est pas (encore) tombé pour les motifs les plus graves qui planent au-dessus de sa tête. Ce sont les enregistrements de Mediapart qui ont confirmé la violation de son contrôle judiciaire qui ont précipité son envoi en prison. Il vit désormais dans une cellule de 9m2, dans le quartier des personnes « vulnérables », c’est-à-dire de celles qui auraient pas mal de problèmes avec les autres détenus. A croire qu’Alex a un don pour s’attirer les ennuis.

La prison pour combien d’affabulateurs ?

Heureusement donc, l’administration pénitentiaire a fait preuve de l’ « indulgence » que réclamait son ami Macron il y a quelques semaines. Benalla ne sera pas molesté par d’autres détenus qui auraient pu le prendre pour un vrai flic. L’ancien bagagiste des Bleus est seul en cellule, dispose d’un frigo, d’une télévision et même d’un téléphone qui peut appeler certains numéros préenregistrés. Il pourra ainsi se remémorer le bon temps avec « Isma » ou partager sa peine avec son acolyte Crase lui aussi enfermé pour la même raison dans la moins luxueuse maison d’arrêt de Bois d’Arcy. Une peine de courte durée car il ne s’agit que d’une détention provisoire et il faut avoir revêtu un gilet jaune et s’être frité avec la police (la vraie) pour croupir dans les geôles plus d’un mois dans l’attente d’un jugement.

La justice suit enfin la procédure à la lettre depuis près de six mois, et l’ambiance chose du tout au tout à l’Elysée. Et comme les emmerdes volent en escadrilles, 24 heures plus tard, c’est le Sénat qui a étrillé la Macronie dans ce scandale d’Etat. Après six mois d’enquête, la Commission sénatoriale a rendu ses conclusions et elles sont accablantes pour le pouvoir. Benalla et Crase sont accusés (preuves à l’appui) d’avoir menti. Trois très proches collaborateurs de Macron ont donné des versions divergentes sur des points essentiels et sont plus que suspectés de gros mensonges. On peut notamment retenir l’« incompréhensible indulgence de la hiérarchie» administrative vis-à-vis des agissements de ce « collaborateur officieux », la « chaîne d’irresponsabilité » qui a accouché de sanctions qui sonnent complètement bidon à l’encontre de Benalla. La « fragilisation de la sécurité présidentielle et des intérêts nationaux » a également été soulevée à l’issue de 48 auditions.

Alors que Macron était persuadé que son poulain allait « bouffer » les sénateurs, ces derniers ne se sont pas démontés face à l’arrogance et aux dissimulations dont a fait preuve le vrai-faux flic, bagagiste, chargé de sécurité etc… Le rapport est « au vitriole » comme l’affirment certains médias, mais s’il pique, c’est uniquement en raison de sa minutie et de son souci de parvenir à la vérité. Beaucoup trop de gens ont menti pour que l’on puisse connaître aujourd’hui le fin mot de l’histoire, mais ces mensonges accumulés ont formé une montagne qui ne passe pas inaperçue. Charge désormais à la justice de faire la lumière une bonne fois pour toutes sur ce scandale afin de neutraliser tous les pseudos serviteurs de l’Etat qui jouissent d’un pouvoir qui ne sied guère à la petitesse de leur personne.





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