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3 mars 2021

La Cisjordanie est aussi une immense prison à ciel ouvert



Sous un état de siège débilitant depuis plus de dix ans, Gaza a été déclarée à juste titre la plus grande prison à ciel ouvert dans le monde. Mais il existe une autre prison similaire en Palestine qui est moins évidente car elle est soumise à un autre type de siège, non déclaré et indirect : la Cisjordanie. Chaque Palestinien qui y réside et qui possède des papiers d’identité palestiniens officiels est prisonnier à son domicile.

La liberté de circulation est inexistante pour la vaste majorité de la population en raison d’une multitude de règlements israéliens visant à la limiter au strict minimum. La situation est certes choquante mais semble être en grande partie ignorée par le reste du monde, en particulier par nos voisins israéliens.

Le mouvement et la vie en Cisjordanie sont régis par les caprices de l’appareil répressif israélien, qui a mis en place des centaines de points de contrôle, de barrières, de barrages volants, de routes interdites et séparées et bien sûr, le mur de séparation de 700 km, comme l’appellent les Israéliens ou Mur d’Apartheid, comme nous l’appelons.

Alors, qu’en est-il pour un Palestinien qui tente d’aller où que ce soit en Cisjordanie ?

Quelques chiffres

Selon l’organisation israélienne de défense des droits de l’homme, B’Tselem, il existait en janvier 2017, 59 points de contrôle permanents en Cisjordanie et 39 à la périphérie pour contrôler le mouvement des personnes entrant et sortant de la Cisjordanie.

Ensuite, il y a les « points de contrôle volants », que l’armée israélienne installe temporairement sur une route palestinienne donnée. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (UNOCHA), il y a eu 4924 points de contrôle volant sur les routes de la Cisjordanie rien qu’entre janvier 2017 et juillet 2018.

Tout cela, en plus de centaines d’autres barrières telles que des monticules de terre, des blocs de béton et des portes se trouvant à l’entrée de la plupart des villages de la Cisjordanie.

En plus de cela, les Palestiniens ne sont pas autorisés à entrer ou à utiliser des terres (même si ce sont les leurs) dans la soi-disant zone C – un territoire formalisé dans les accords d’Oslo où se trouvent la plupart des colonies israéliennes illégales et qui constitue environ 61% de la Cisjordanie.

Par exemple, 270 des 291 hectares appartenant au village palestinien de Wadi Fukin, près de Bethléem, sont intégrés dans la zone C. Les Palestiniens qui y vivent dépendent presque entièrement de l’agriculture pour leur subsistance et luttent quotidiennement pour accéder à leurs terres. En réalité, ils doivent obtenir un permis israélien pour aller travailler sur ce qui leur appartient.

En parlant de « permis », les Palestiniens en ont besoin pour quitter la Cisjordanie. Ceux-ci sont principalement réservés aux personnes occupant des postes importants (hommes d’affaires et personnages politiques) et disposant des moyens financiers ou politiques adéquats, et à certains parmi les Palestiniens les plus démunis, qui fournissent aux Israéliens une main-d’œuvre peu coûteuse et indispensable, en particulier dans le secteur de la construction.

Le reste de la population palestinienne ne peut partir que si un permis lui est délivré pour des raisons médicales ou familiales – et ils sont rares et facilement révoqués. En 2017, quelque 700 000 Palestiniens (dont des ouvriers en Israël) ont demandé un permis pour quitter la Cisjordanie. Environ 560 000 l’ont obtenu et tous les autres se sont vus opposer un refus.

Vous avez probablement déjà compris que toutes ces restrictions imposées aux Palestiniens ont un effet désastreux sur l’économie. Un journal de la Banque mondiale a estimé que l’installation d’un point de contrôle à une minute de la ville réduisait de 0,5% l’accès au travail d’un résident palestinien et de 5,2% son salaire horaire.

L’impact combiné de tous les points de contrôle en 2007 en Cisjordanie a représenté une perte de 229 millions de dollars, soit 6% de son produit intérieur brut (PIB) au cours de cette même année. Une autre étude de la Banque mondiale a révélé que toutes ces restrictions coûtaient 3,4 milliards de dollars à l’économie locale, soit 35% du PIB en 2011. Et – si vous vous posez la question… le coût combiné de tous les aspects délétères de l’occupation israélienne a coûté 9,46 milliards de dollars aux Palestiniens (soit 74% du PIB palestinien de 2014).

Et ce n’est que l’impact économique. Alors qu’en est-il du coût humain ?



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