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29 octobre 2020

LA PETITE FILLE MOUJAHIDA S’APPELLE KADRA !



C’est une vraie belle histoire pathétique romancée, c’était au temps de la guerre de la révolution, une grande femme nommée Halima Mankouri née Fekhi le 31 janvier 1900 à Benisaf, Cette femme faite, dont le courage et l’abnégation lui ont implémenté l’image d’une très grande Dame, digne de tous les respects humains .Elle était une grande maman de 11 petits enfants et c’était en 1943 qu’elle était devenue veuve, mais son grand soucis était celui de bien et comment élever les 11 petits mômes face à une situation plus que misérable .
La seule et unique méditation qu’elle avait devant ce fait accompli, c’est de conjuguer tous les efforts pour prendre plusieurs rôles de la vie en l’occurrence celui du père avec l’assistance du bon Dieu. Elle habitait en rase campagne au milieu d’une pinède de sapins d’Alep, elle avait hérité un petit lopin de terre, qu’elle a su ménager en une culture ménagère afin de pouvoir nourrir avant toute chose ses petits-enfants et le surplus dégagé, elle l’échangeait au souk du village pour une poignée de sous lui permettant d’acheter des lapins et des poules afin de créer une petite basse-cour et petit à petit l’oiseau fait son nid et Halima arrive de transfigurer sa petite maisonnette et son entourage en une petite ferme où les produits maraichers, la viande blanche, les œufs et les fruits sont disponibles et lui permette de vendre le surplus dégagé. Ses enfants ont grandit et déjà deux de ses fils (Kouider et Ali) les ainées ont pu se marié. La toute petite fille s’appelle le Kadra, une fille qui sort de l’ordinaire elle vient d’obtenir son certificat d’étude primaire, c’était en 1956 elle n’avait que 11ans.
Pendant ce temps-là, la situation sécuritaire de la région commençait à se dégrader durement et les patrouilles de l’armée Française faisaient souvent des détours désagréables dans la petite ferme de Halima. Entre temps les soldats de l’ALN venait très souvent pour se sustenter d’une part et de préparer des refuges et des relais de communication. La toute petite Kadra, arrivant de l’école Ex Leo-Lagrange (Ibn Sina) loin de plus de 4Km, par ailleurs, la situation au niveau de notre maison était en plein « festivation », c’était la première fois que j’ai pris la connaissance directe avec les responsables et soldats locaux de l’ALN. Il y avait une dizaine de personnes: Omar Chahbouni-Kadour-Si Kada de Oulhaca- Si Boucif etc.….
Des consignes fermes nous en été formulées, extermination de tous les chiens des parages de façon à ne pas alerter les soldats français par leurs aboiements lors de notre arrivage nocturne dans ces lieux dits. La ferme est située dans un endroit idéal, au bord de la falaise et en face de la mer, cernée par une pinède de sapins d’Alep, la ferme est localisée sur le côté Est de Benisaf.
La situation de notre ferme permettait aux soldats de l’ALN de prescrire ce lieu et d’installer en tant que siège ou camp de transit et de refuge pour les éléments de la résistance. Une stratégie a été mis en œuvre pour mettre en plage également des cachettes souterraines et créer un réseau de communication pour d’éventuelles opérations d’attaques.
Kadra fille de Halima, en revenant de l’école par une fin d’après-midi, elle constata presque beaucoup de monde dans la maison, c’était des soldats de l’ALN et des responsables du FLN, enfin des Moudjahidines qui venaient chez Halima pour mettre en œuvre leur stratégie de bataille.

Toute petite Kadra devrait par ordonnance des moudjahidine quitter définitivement l’école afin d’outrepasser tout soupçon et ils l’ont engagée pour une toute première mission de renseignement et de messagerie. Kadra faisait le facteur de l’ALN, elle ramenait du courrier aux familles nécessiteuses dont le père, le frère ou la fille se trouve engagée dans l’ALN, souvent Kadra était obligée de ramener femmes et enfants à la ferme dans le but de de les faire rendre visite à leurs proches engagés dans l’ALN et recherchés par l’armée française.
Parfois Kadra ramenait le couffin de la boustifaille préparé par sa mère Halima, la peur au ventre, de peur d’être arrêté par les patrouilles de l’armée Française; mais l’ordre d’exécuter la noble mission était plus important que la peur et le choix ne se posait même pas pour la petite Kadra.
La ferme ou lieudit est devenu un lieu de repos, de restauration et de préparation de missions pour les moudjahidines, ses deux frères : Hadj et Boucif montaient la garde sur le parage de la ferme aux moments de la visite des moudjahidines.
En 1956, une femme du village nommée « RABIA » épouse de Boucif Belhadj moudjahid et bien connu; sa femme devenue enceinte, elle a été dénoncée aux soldats français par son voisinage comme quoi son mari venait souvent à la maison lui rendre visite, Rabia a été par ce fait emprisonnée par l’armée Française pour le seul motif de ne pas avoir signalé la venue de son mari, elle a été torturée.
Pendant cette période, la ferme était devenue un grand chantier, des cachettes ont été creusées et préparées pour toute action de se soustraire de la vue des premiers venus en l’occurrence les soldats de l’armée française.
En plus de la préparation des grottes (cachettes), un long sous terrain fut construit il avait pris plus d’un mois de travail dur et qui va jusqu’à la mer; se sont les frères de Kadar qui faisaient le travail sans répit jour et nuit. Le frère Bouziane dit « l’Indochine » parce qu’il avait été engagé pendant la deuxième guerre mondiale pour aller à la guerre d’Indochine. Pendant ce temps-là, « l’Indochine » avait une mission, celle d’apprendre aux djounouds le métier et les techniques d’un soldat. Entre temps non loin de la ferme, il y avait la ferme de « Raymond », un nommé Djamai Ould Adda travaillait et se logeait en même temps dans cette dite ferme de « Raymond ». Il a été demandé à Djamai par ordre des moudjahidines de quitter la ferme car il a été envisagé de l’incendier (opération destruction des fermes). Entretemps Benameur ould Benyaghmour voulant s’engager à l’ALN, il lui a été confier de faire une opération éclaire, on lui avait remis une bombe, qu’il avait fait explosé sur sa voisine « Fina » la femme d’un « Kabrero »( berger) sise rue Pierre Marie Curie du quartier de Sidi Boucif.

Début1958, les responsables des moudjahidines ont ordonné une nouvelle mission celle de remettre des armes a une autre fraction de l’ALN qui se trouvait à « skouna » lieu où se trouve la plus haute montagne de Benisaf, elle se trouve à plus de 5km de « Fontaguerra » lieu de ferme de Halima, la quantité d’armes, de pistolets, une bombe et des mitraillettes dans le font des sacoches accrochés aux bats de l’âne, en dessus couvert de légumes, du blé…. Pour mieux tromper l’ennemi. La cargaison a été transportée dans les sacoches (Al Chouari accrochés aux bat de l’âne) ; il y avait Halima et sa fille Kadra pour effacer tout soupçon de manigance, arrivé au quartier de Benikhaled tout prés de Skouna une patrouille de l’armée les ont interceptées, pendant tout le trajet Halima ne faisait que lire à voix basse des versets de Coran pour éviter tout malheur, les soldats ont quand même procédé à la fouille à la vite fait, sinon ça serait la calamité mais la grâce du Bon Dieu les a sauvé. Enfin la mission fut accomplie miraculeusement, cette cargaison était remise à qui de droit, une équipe qui préparait déjà une bataille prés de souna.
Par ailleurs la mission que les moudjahidines confié à Kadra, encore gamine était de distribuer à qui de droit des enveloppes contenant de l’argent pour le bien des familles dont leur proche est soit tué, soit emprisonné par l’armée française, les messages importants fut aussi ramener par Kadra à leur destination préétablie.
Devant cet état de fait beaucoup de témoignage de goumis venait pour nous dénoncer et la seule action envisagée par l’armée française était de détruire par une armada de chars carrément notre ferme qui se trouvait au milieu la ferme cernée par une belle pinède de pin d’Alep coin appelé « Fontagera ».Tout a été détruit, tout ce que la grande Dame Halima avait entrepris depuis la mort de son époux pour faire vivre ses enfants, il était difficile de trouver un lieu de refuge, la vie de Halima était devenue insupportable tout ce qui existait autour d’elle lui paraissait comme si le monde le suffoqué. Heureusement l’un de ses proches le nommé Hadj Boudjema sous la consigne des moudjahidines lui avait permis de lui offrir pour un laps de temps une toute petite pièce qui devait contenir une famille nombreuse.
Devant une telle situation calamiteuse , il s’en est suivi, des dénonciations gratuites auprès des responsables de l’armée française, et c’était par un beau matin que le Bon Dieu avait fait, une mauvaise femme une « goumiere » ou plutôt « harkia » cagoulée et en tenue militaire, elle avait avoué aux soldats français que c’était les enfants de la fameuse Halima recherchée, c’est à ce moment-là qu’une patrouille de soldats français l’on dénichait sur la route de Sidi Boucif sentier allant vers le cimetière des chrétiens .Elle a été embarquée et mise à la disposition du 2ieme bureau sise la plage du puits, où elle a été torturée à mort pendant plusieurs mois sans jamais avoir dénoncer qui que ce soit ses doigts et orteils ont été amputés par une pince, chaque jour elle passait sur la table de la torture pour être cravacher avec du fil de fer, elle a été brulée et électrocutée sans jamais dire un mot, c’était une grand dame.
Sa fille Kadra était très jeune et ayant peur d’être aussi poursuivie elle s’est réfugiée chez ma famille à Oran de peur que la femme « goumia » qui l’avait dénoncée à plusieurs reprises sans pour autant l’avoir et par conséquent Kadra était tout le temps recherchée pour l’interrogatoire.
Pendant ce temps-là sa mère Halima était transférée à Rio de Salado ( Mallah) puis transférée à l’hôpital d’Ain Temouchent où ses enfants ont pu la voir pour un bout de temps et de la Halima a disparu pour toujours, l’armée française l’avait récuperée pour une toute dernière fois, c’est par le biais de l’état civil que la famille de Halima avait eu la mauvaise nouvelle de sa mort.
Kadra, orpheline de père et de mère, tout leur patrimoine historique et personnel ne leur a été jamais été restitué à ce jour malgré toutes les démarches diligentées auprès de l’administration algérienne, mais l’histoire retiendra le bien fait car ce lieu historique est à ce jour nommé « le jardin de Halima ».

BENALLAL MOHAMED
* Témoignage de « KADRA » fille de madame Mankouri née fekih HALIM.
* Beni Saf : Source des zélatrices de la Révolution du 1er Novembre 54 El Watan du 01/11/2018 BENALLAL MOHAMED
* Témoignage de Mankouri Boucif, petit-fils de Mankouri Halima Fekih



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