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5 mars 2021

Départ d’Ismaël Emelien ou la stratégie de la terre brûlée



L’affaire Benalla-Macron a continué de faire tomber des cartes cette semaine. Des cartes ? Plutôt un général de la Macronie répondant au nom d’Ismaël Emelien. Le futur ex-conseiller spécial du président de la République est un homme qui n’aime pas la lumière, mais qui l’a prise en pleine face en raison de son implication présumée dans le scandale d’Etat Benalla. Emelien était considéré comme un as de la Macronie, mais les soupçons qui pèsent sur lui en font désormais un lourd handicap pour un président qui n’a pas révélé ses plus sombres secrets.

L’Affaire Benalla a décidément mis un coup de projecteur sur le fonctionnement d’un Etat accaparé par une petite bande prétentieuse et méprisante. Ils s’appelleraient entre eux les Mormons. Un petit groupe de fidèles qui a travaillé sans relâche pendant des mois pour prendre le pouvoir au nez et à la barbe de tous et en premier lieu des Français. Dix-huit mois après le hold-up du siècle, ils ne sont plus beaucoup de Mormons à se pavaner dans les allées du pouvoir. Comme un parfum de crise en Macronie ? Non, répondent-ils ! A les entendre, il serait plus intéressant de démissionner pour écrire un livre qu’exercer un pouvoir dont la jouissance sans limite rend fou.

Une justification à revoir…

C’est donc « Isma » qui fera ses cartons dans quelques semaines. La sentence a été rendue cette semaine à l’issue d’un plan comm’ pas très bien ficelée. Ismaël Emelien, le conseiller spécial dont la tâche réelle n’est pas vraiment bien identifiée auprès des macronistes eux-mêmes a donc donné sa lettre de démission au « patron ». Une nouvelle pas si surprenante que cela si ce n’était les raisons invoquées par l’intéressé dans Le Point. Pourquoi renoncer à un bureau, un salaire mirobolant, des facilités et l’oreille du président ? Un beau poste à l’ONU, une ambassade ou un consulat de prestige ? Celui de Los Angeles est déjà occupé par Besson, le copain des Macron, mais il y a d’autres places au soleil à récupérer… Non, Ismaël Emelien part pour écrire un livre…

Un livre consacré au progressisme… Le type a tout faux, mais il dit y croire. Il se confie au Point : « Par éthique personnelle, je me suis astreint en tant que conseiller spécial du président à un silence absolu qui n’est pas compatible avec la parution d’un tel ouvrage ». Pour une fois, la rédaction de ce machin ne sera pas effectuée sur le temps de travail de son auteur. Les politiques qui arrivent à cumuler les fonctions, heures et ouvrages sont légion. Emelien est fait d’une matière plus noble. La preuve : « Mon départ correspond à une nouvelle étape de mon engagement. Après Bercy, la campagne présidentielle puis l’Élysée, je veux retrouver la confrontation en première ligne. On est bien seul aujourd’hui à défendre le progressisme, on a besoin de relais dans la société et au-delà de nos frontières, et je pense que c’est dans cette position que je serai le plus utile. Je resterai à l’entière disposition du président et je continuerai à l’aider. Je poursuis le même combat, mais par d’autres chemins ».

L’argumentaire est bien risible. Comme si le progressisme n’était pas distribué à toutes les sauces par les organes du pouvoir à commencer par la presse. Ce livre qui sortira dit-on un mois après le départ de l’Elysée (quelle célérité !) a bien l’air d’une coquille vide, une excuse mal fagotée pour quitter un poste où les péchés ont peut-être été trop nombreux et finalement trop visibles. Si Ismaël Emelien est dans les cartons, c’est parce que son nom revient sans cesse dans l’enquête sur Alexandre Benalla. L’ancienne star de la sécurité publique-privée s’est enthousiasmée d’être dans les petits papiers d’ « Isma » et du « patron ». Un « Isma » que les bruits désignent notamment comme l’individu qui a remis les passeports à Benalla après son exfiltration de l’Elysée.

Le discret Emelien sent désormais trop le souffre et l’Elysée a donc préféré couper officiellement le cordon afin de se prémunir d’une éventuelle mise en examen. Le plus proche conseiller du président devant les juges… La perspective fait peur même à la Macronie alors Isma ira rédiger son livre dans une petite chambre estudiantine à l’abri des regards. Espérons qu’il retrouve un travail rapidement, car le cas Benalla a montré la difficulté pour un ancien jeune de l’Elysée de retrouver une situation confortable. Comment vivre correctement à Paris avec un contrat de plus de deux millions sous l’oreiller ? Vite Griveaux à la Mairie de Paris !





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