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24 novembre 2020

« Détruire le diesel, c’est détruire l’emploi ! » L’édito de Charles SANNAT.. – Les moutons enragés



À défaut de ré-industrialiser la France, pour créer des emplois, il nous faut passer par la dés-industrialisation, la privatisation ou la vente pour avoir de l’argent frais vite dépensé. Résultat! Pas d’argent et plus d’entreprise, ce qui va grossir les rangs des mécontents mis au chômage de fait, avec les plans sociaux qui accompagnent les « reprises » par d’autres. Vont-ils bénéficier du CICE vous croyez, les news repreneurs (s’il y en a)? Nous n’avons pas les fesses sorties des ronces (Après reformulation, merci JBL). Partagez ! Volti

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Charles Sannat pour Insolentiae

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Au début des
années 90, les constructeurs allemands étaient très en avance sur les
moteurs essence avec de superbes V6, une pléthore de V8 et même quelques
V12 qui ronronnaient avec une régularité toute germanique.

Le
problème était qu’investir pour faire la même chose, en éventuellement
pas forcément mieux et peut-être même moins bien, allait coûter des
dizaines de milliards de francs de l’époque.

Réunion à Bercy entre mamamouchis de Bercy de l’économie et évidemment des constructeurs automobiles.

Il
sera finalement décidé d’investir massivement dans les moteurs diesel
pour prendre un avantage compétitif et comparatif par rapport à
l’Allemagne.

Cela fonctionna très bien, et les constructeurs
français ont su se démarquer par leur production de moteurs diesel,
aidés bien évidemment, comme à chaque fois en France, par une fiscalité
adaptée.

Le diesel étant moins taxé donc moins cher que l’essence,
nous avons tous acheté des voitures… diesel ! Enfin tous, non… Ceux qui
se font brûler leur Porsche dans Paris ont généralement des moteurs
essence… allemands avec plein de cylindres et forts puissants !!!
Normal, ce sont des Porsche et de bien belles autos.

Aussi
disciplinés que les voisins allemands, les Français ont acheté des
diesels, et encore des diesels, à tel point que 90 % des véhicules neufs
étaient des diesels en France.

Et puis patatras… Diesel pas beau, faut de l’essence, mieux : de l’hybride ! Ou encore mieux : plus de voiture du tout…

Puis,
brutalement, on a créé de toutes pièces une véritable détestation de la
voiture, de l’automobiliste, puis du véhicule diesel.

L’automobiliste
est devenu le « délinquant de la route » qu’il fallait mater, les
mauvais comportements de la « violence routière », la voiture, l’objet
de toutes les pollutions, qu’il fallait éradiquer en particulier des
centres-villes, car il n’y a qu’en tuant la voiture que l’on sauvera
notre planète, et tout possesseur de voiture est un anti-écolo qu’il
faut redresser dans des camps de rééducation idéologique et écologique !

Alors,
insidieusement, progressivement, dans le microcosme parisien, où par
nature et par essence, on étend ce que l’on vit à tout le pays sans
savoir si cela est réalisable, possible ou même souhaitable, on a décidé
que se passer des bagnoles c’était simple et facile. Suffisait de
prendre le métro et d’avoir des Vélib’ ou encore quelques trottinettes
électriques (qui servent de projectiles à chaque journée de Gilets
jaunes).

La voiture, et la voiture diesel en particulier, cela devint l’incarnation du mal pour l’environnement.

Il fallait donc punir son propriétaire.

Et
quand on punit, en France, on fait trois choses. On abaisse les
limitations de vitesse qui permettent de créer tout plein de nouveaux
délits et donc de nouvelles amendes, et on tond un peu plus la vache à
lait d’automobiliste, puis on augmente évidemment le prix des taxes.

On fait une nouvelle taxe, dite « carbone ». Elle est juste. C’est pour protéger les petits oiseaux qui chantent…

Hahahahahahahaha…

Pendant
ce temps, on importe des âneries par containers entiers de Chine, on
envoie en l’air des millions de touristes qui profitent de kérosène
détaxé et utra-polluant pour aller se faire bronzer le postérieur
généralement grassouillet à Bali avant un Tsunami… Et, pour finir, on
achève l’environnement avec les pesticides déversés par millions de
tonnes sur nos champs, sans oublier que l’on enterre 700 mètres sous
terre nos « déchets ultimes », ou autrement dit nos merdes nucléaires
dont on ne sait pas quoi faire et que l’on refourgue aux générations
futures en espérant qu’elles trouvent une solution pour s’en sortir…

Vu
sous cet angle, je vous assure que le problème de votre diesel est
évidemment un problème crucial qu’il était urgent de traiter pour sauver
la planète alors que les Français représentent moins de 1 % de la
population mondiale…

Du coup, le gouvernement se retrouva avec un
mouvement de Gilets jaunes, et le dentifrice qui sortit du tube. Nos
mamamouchis découvrent avec stupeur que faire rentrer le dentifrice dans
le tube, c’est… compliqué… Moi, je rigole (jaune évidemment). Et ce
n’est évidemment pas tout.

Quand on a créé une filière économique
sur le diesel et que l’on casse l’intérêt économique du diesel, on
détruit soi-même ladite filière qui avait été patiemment créée.

La Fonderie du Poitou Fonte placée en redressement judiciaire

D’après
cette dépêche Reuters « la Fonderie du Poitou Fonte à
Ingrandes-sur-Vienne (Vienne), qui fabrique des carters et des culasses
pour l’automobile et emploie environ 400 salariés, a été placée en
redressement judiciaire vendredi par le tribunal de commerce de
Poitiers, a-t-on appris de source syndicale.

Depuis la scission,
la Fonderie du Poitou Fonte a été rachetée en 2014 par Jérôme
Rubinstein. L’exercice 2017 a été bouclé à l’équilibre pour la première
fois depuis longtemps, mais la crise du diesel l’a frappée de plein
fouet en 2018 et un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) a été lancé en
octobre dernier avec, à la clé, 103 suppressions de postes.

La
direction a demandé le 1er février son placement en redressement
judiciaire en raison, selon un communiqué, d’une « baisse drastique de
ses commandes » des blocs moteurs en fonte pour le diesel.

La
Fonderie Saint Jean Industries Poitou (ex-Fonderie Alu), qui fabrique
principalement des culasses, n’a fait l’objet que d’une seule offre de
reprise jugée recevable, celle du britannique Liberty House qui prévoit
la suppression de 125 emplois sur 340.

Renault, principal donneur
d’ordre, a été sollicité pour reprendre le site ou pour s’engager sur un
volume de commandes susceptible d’assurer l’avenir de l’entreprise.

Liberty
House n’a pas exclu de reprendre les deux entités, mais dans tous les
cas il faudrait compter sur les commandes de Renault. »

Comment produire des gilets jaunes en série? Fermez les usines!!

Le
gouvernement peut donc noter dans ses tablettes qu’il va se retrouver
avec 400 Gilets jaunes supplémentaires, plus leurs familles, soit 2,5
personnes en moyenne par foyer, ce qui nous conduit à 1 000 Gilets
jaunes de plus, en gros… Et tous ceux qui vont venir rejoindre les rangs
des mécontents par peur ou crainte, comme les commerçants du coin qui
vont perdre leur gagne-pain… Allez, soyons sympa, et disons au
sous-préfet du bled en question qu’au prochain samedi, il aura environ 1
500 gus en jaunasse pour défiler dans les rues.

On peut s’étonner.

On peut dire « 13 semaines, ça suffit maintenant ».

Allez, zou… les petits, rentrez maison et taisez-vous !

Mais
vous savez le dentifrice, une fois sorti du tube… c’est dur de l’y
remettre ! La seule façon d’y arriver c’est de supprimer les causes qui
alimentent les problèmes !
Donner du boulot à tous, des
perspectives, et de l’espoir serait déjà une bonne chose. Pour réussir
cela, encore faudrait-il revoir à peu près tout… y compris la fâcheuse
tendance de notre administration et de nos mamamouchis à tout
complexifier, à tout taxer, à tout cadrer, normer, contrôler.

Plus
la liberté se réduit, plus les champs d’action sont limités. Plus tout
est taxé, moins c’est « rentable » de faire… faire quoi?  Faire son
travail, faire son entreprise, faire son projet, faire !

Un
gouvernement ne doit pas faire, il doit aider les autres à faire. Il
doit permettre de faire. C’est l’addition de tous les « faire » qui
génère de la croissance, de la création, et aussi l’émulation, et initie
le mouvement nécessaire à une société.

On ne fait pas, on « défait ».

Je
ne sais pas s’il faut en finir ou pas avec le diesel, et effectivement
nous aurions pu au moins en débattre sérieusement collectivement et
démocratiquement, nous aurions pu préparer des périodes transitoires ou,
que sais-je, voire même dire que le diesel c’est vachement bien et que
le mieux pour la planète serait de ne pas mettre 2 tonnes à la casse
pour une prime de 2 000 euros… et que la voiture la moins polluante est
celle… que l’on ne change pas.

Ce débat, comme tous les autres, n’a pas eu lieu.

On impose.
On impose dans tous les sens du terme.
On impose les décisions comme on impose chaque base taxable !!

La décision politique devient généralement un immense, un énorme carnage…

On
avait une superbe industrie diesel. On vient de la fracasser. En face,
il n’y a rien pour prendre le relais, et vous savez quoi ?

Nous avons sauvé nos constructeurs automobiles en 2009/2010… Il faudra faire de même d’ici deux à trois ans.

Le temps de la fiscalité (immédiate) n’est pas le même que celui d’une mutation industrielle (20 ans).

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT

Voir :

Or et actions, la corrélation… avec les taux !!

La guerre Trump-Bezos

Pour le FMI, des nuages… à la tempête sur l’économie mondiale !

Peut-on augmenter son pouvoir d’achat grâce à l’épargne ?



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