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17 February 2019

les néo-cons menacés par l’absence de guerre



Cette déclaration, au moment où l’aile néoconservatrice de l’administration, appuyée par une grande partie de la presse grand public, tente de pousser Trump à l’aventurisme militaire au Venezuela, montre combien l’enjeu de la guerre et de la paix est à fleur de peau aux États-Unis.

Le 1er février, quelques jours avant le discours sur l’état de l’Union, le dirigeant de la majorité républicaine au Sénat Mitch McConnell a fait adopter un amendement critiquant la décision de Trump de se retirer de Syrie et d’Afghanistan, montrant s’il le fallait que le Sénat américain agit très souvent à rebours de la volonté du peuple, lequel soutient majoritairement la décision du président. Il faut dire que, bizarrement, tant dans les rangs républicains que démocrates, le malaise est grand de voir prendre fin une politique de guerre extérieure qui perdure depuis dix-sept ans, et dans laquelle tout le monde s’est fourvoyé au cours des mandats de Bush puis d’Obama.

Prenant le contre-pied de l’initiative de McConnell, le sénateur républicain Rand Paul a proposé une autre résolution soutenant le président, qui ose selon lui faire ce qu’aucun président républicain ou démocrate n’a osé faire depuis des décennies : en finir avec les guerres. « Certains prônent l’action bipartisane. Mais quelle est la chose qui réunit le plus les Républicains et les Démocrates ? La guerre. Ils adorent cela. Plus il y en a, mieux c’est. La guerre pour toujours. La guerre perpétuelle », a déclaré Rand Paul.
Absurdité criminelle

Dans ce contexte, CNN a publié le 4 février un reportage prouvant qu’une grande quantité d’armes (dont des fusils, des armes antichars et des véhicules blindés) vendues par les États-Unis à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis ont été ensuite transférées à des groupes djihadistes au Yémen, dans le but d’acheter leur loyauté. Et il s’avère qu’un certain nombre de ces armes sont tombées entre les mains des milices Houthis, que l’Arabie Saoudite combat dans sa guerre au Yémen.

Des révélations d’autant plus embarrassantes que des véhicules blindés MRAP (Mine Resistant Ambush Protected) ont même été récupérés par les Houthis, ce qui a ensuite permis à des agents iraniens d’étudier la conception. Un comble de l’absurdité dont on pourrait se moquer si la guerre au Yémen – à laquelle la France prend également part en vendant des armes à l’Arabie Saoudite – n’avait pas causé plus de 100 000 morts, un million de malades du choléra et mis sept millions de personnes au bord de la famine.

Le reportage de CNN a fortement impacté les membres du Comité des forces armées du Sénat, qui auditionnaient au même moment le général Joseph Votel, le chef du Central Command, à propos du retrait de Syrie et d’Afghanistan. Les sénateurs ont assailli Votel de questions. Le sénateur démocrate Chris Murphy a affirmé que le reportage faisait l’effet d’une bombe, et qu’il constituait une preuve supplémentaire de la nécessité pour les États-Unis de « sortir de la guerre au Yémen qui a terriblement mal tourné ». Mieux vaut tard que jamais, est-on tenté de dire.

Le général Votel, par ailleurs, a fait valoir devant les sénateurs que Daesh risquait bien, en l’absence de pression militaire, de se reconstituer en quelques semaines en Syrie – déclaration implicitement en contradiction avec le commandant en chef des armées, Donald Trump. Et, tout en confirmant malgré cela que le retrait des troupes aura bien lieu, il s’est plaint de ne pas avoir été consulté par le Président avant l’annonce de sa décision. Ce dont les médias n’ont pas manqué de faire les choux gras.
Plus que temps d’en finir

Dans un article publié le 4 février dans The American Spectator, l’analyste du pourtant très conservateur Cato Institute, Doug Bandow, apporte un soutien marqué à la décision de Trump de mettre fin à dix-sept ans de guerre. « La guerre d’Afghanistan est la plus longue de l’histoire américaine. Pourquoi sommes-nous là-bas ? Après dix-sept ans de guerre, pourquoi pas dix-sept supplémentaires, et encore dix-sept ensuite ? », demande-t-il de façon sarcastique. Après avoir réalisé la mission initiale – punir les Talibans pour avoir hébergé Al-Qaïda – les États-Unis se sont lancés dans ce que Bandow appelle « un égarement d’imbéciles » en tentant d’imposer une démocratie libérale à l’occidentale.

Aujourd’hui, alors que deux générations d’Américains se sont succédées dans ce pays en vue d’un objectif irréalisable, la situation reste chaotique, avec une grande partie du territoire national échappant au contrôle du gouvernement central, une instabilité croissante, etc.

Doug Bandow suggère, puisque la Russie, la Chine, l’Inde et le Pakistan sont directement concernés par la situation en Afghanistan, que Washington invite ces pays à « commencer à planifier l’avenir post-Amérique de ce pays ». L’Afghanistan, conclut l’analyste, constitue pour les États-Unis une puissante piqûre de rappel : « ne jamais s’engager de façon disproportionnée par rapport aux intérêts réellement en jeu. Mieux vaut retenir la leçon et ne pas faire la même erreur la prochaine fois, plutôt que de continuer à faire mourir des Américains pour cacher l’évidence aujourd’hui ».

La voix de la raison pourrait donc revenir de l’autre côté de l’Atlantique. En écoutant de moins en moins les sirènes des faucons de guerres et de la machine médiatique et financière, la vraie Amérique, celle de Kennedy lors de la guerre du Vietnam, après de longues décennies de somnolence, pourrait faire son retour et en finir avec ces guerres qui, en plus de plonger dans le chaos des régions entières de la planète, ont détruit moralement et psychologiquement des générations entières d’Américains.

John F. Kennedy, en juin 1963, disait :

« Les États-Unis, le monde le sait, ne commenceront jamais une guerre ; nous ne voulons pas de guerre ; nous ne nous attendons pas à une guerre. Cette génération d’Américains en a déjà assez, plus qu’assez, de la guerre, de la haine et de l’oppression. Nous devons y être préparés, si d’autres la souhaitent ; nous devons rester alertes et tout faire pour l’empêcher. Mais nous devons aussi faire notre part, pour construire un monde de paix, où les faibles soient en sécurité, et les puissants soient justes. (…) Nous devons nous engager non pas dans une stratégie d’annihilation, mais dans une stratégie de paix ».



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