Go to ...
RSS Feed

17 February 2019

«Peste jaune», «nazis» : un tag antisémite trop vite attribué aux Gilets jaunes



«Peste jaune», «nazis» : un tag antisémite trop vite attribué aux Gilets jaunes

La photo d’un tag antisémite sur la vitre d’une enseigne Bagelstein à Paris n’a pas tardé à être reprise par des détracteurs des Gilets jaunes, leur attribuant cet acte. Le gérant affirme pourtant que «cela n’a rien à voir avec la manifestation».

Le 9 février, la photo d’un tag antisémite inscrit sur la vitrine d’un fast-food parisien a été diffusée sur les réseaux sociaux, suscitant l’indignation des politiques et des internautes. On peut y voir, sur la devanture d’une enseigne Bagelstein, le mot «Juden» signifiant «juifs» en allemand.

Dans l’afflux des réactions engendrées par cette dégradation, certains commentateurs n’ont pas hésité à relier ce fait à la mobilisation citoyenne qui se déroulait le même jour : le treizième acte de la mobilisation des Gilets jaunes.

“Cela n’a rien à voir avec la manifestation. La manifestation n’est absolument pas passée dans notre quartier”

Commentant «cette histoire de gilets jaunes», l’auteur de bande dessinée Joann Sfar a par exemple déploré, dans une publication sur Facebook, «la culture de l’excuse» : «Même à un défilé du Front national, ils auraient eu trois procès et Marine Le Pen aurait exclu du monde !!! Ici, non. Ici, personne n’a rien vu, n’y est pour rien, n’en pense rien», a-t-il déploré.

“Je garde un silence de tombe depuis cette histoire de gilets jaunes. Car je sais ce qu’on va me répondre. C’est bizarre ce moment où l’on se dit qu’il est inutile de parler. On ne parvient même pas à se souvenir du nombre de banderoles ou cris ou graffitis antijuifs qui ont explosé depuis le début du mouvement. Jamais une formation ou un syndicat n’a aussi unanimement refusé de réprouver de tels débordements. Il y aurait eu de tels graffitis antisémites à un défilé de n’importe quel grand parti ou syndicat, ça aurait fait un scandale justifié. Même à un défilé du Front National, ils auraient eu trois procès et Marine Le Pen aurait exclu du monde!!! Ici, non. Ici, personne n’a rien vu, n’y est pour rien, n’en pense rien.Jamais la culture de l’excuse ne s’est aussi bien portée. Personne n’est représentant ni responsable ni comptable de rien. Je suis davantage inquiet par la multitude qui se satisfait de telles explications que par les quelques ordures qui tiennent effectivement la bombe de peinture. Et cette légende qui a cours en ce moment, selon laquelle la colère de la foule serait un moment sacré qui ne débouche que sur du vrai, du bien et du beau! La foule a accompagné sans coup férir tous les changements de régimes, des plus bénéfiques aux pires. Le peuple, oui, c’est une notion que je comprends et que je respecte. Le peuple français, ce sont soixante millions de personnes. La foule, c’est autre chose, c’est une occasion, aussi, de montrer ce qu’on a de plus laid. Cette idée que l’on est légitime dès lors qu’on est violent, et qu’on a raison puisqu’on souffre, ce fut le combustible des pires meurtres du siècle passé. On se dit sans doute que les garde-fous ont sauté, une génération plus jeune est là, qui a oublié, ou qu’on manipule plus facilement. Soyez certains que ceux qui jouent avec votre haine et votre désespoir n’ont rien oublié. Celui qui a choisi d’écrire “JUIF” en allemand sur cette boutique sait très bien qu’il pense aux vitrines de la nuit de cristal. Il faut se taire, je crois, parce que plus personne n’a envie d’entendre.N’importe quelle alerte grave ne débouche aujourd’hui que sur une controverse twitter. La culpabilité sociale est telle sur nos chaines de télé et chez les commentateurs que n’importe quelle réaction sensée face à ces dérives passe pour un soutien au gouvernement Macron. Oui, on a le droit d’être en opposition totale avec de nombreuses décisions du gouvernement actuel tout en ne trouvant aucune excuse à ceux et celles qui utilisent le désespoir des gens pour attiser, une fois encore, la haine raciale, le fantasme sur le juif, sur le franc-maçon, prétenduement tous riches et puissants bien entendu, ou la haine de l’immigré. Tout ça, c’est inacceptable. Je ne comprends pas ceux qui participent à ces manifestations et choisissent depuis le début de ce mouvement de minimiser son contenu raciste et antisémite. ce n’est pas un ou dix, ce sont des centaines de graffitis ou de tweets anti-juifs depuis le début de cette histoire. Et il faut encore subir les durs d’oreille qui m’expliquent que ce n’est pas représentatif. Pas représentatif? C’est une constante depuis les origines de ce mouvement. Ce qui est représentatif, c’est la lâcheté de ceux qui regardent ailleurs, y compris parmi les commentateurs, trop contents de s’acheter une caution peuple. L’écrivain installé, le comique ou le comédien qui en fait des caisses sur “nous le peuple”, en général il fait silence radio sur ces graffitis. Vous en avez pas marre de cette constante du “ces éléments ne sont pas représentatifs du mouvement”? ce qui est représentatif, ce sont tous ces gens qui regardent ailleurs quand on écrit “JUDEN” sur une vitrine. A croire que le connard qui taguait a fait ça à quatre heures du matin et pas pendant une manif noire de monde. Moi je ne pourrais pas faire UN PAS dans la rue aux côtés d’une clique qui ne loupe jamais une occasion de s’en prendre un coup aux migrants, un coup aux juifs, un coup aux francs maçons. Tous ceux que “ça ne dérange pas”, ou qui “considèrent que le peuple a des choses à dire et tant pis si ça fait pas plaisir”, vous avez un sacré mépris pour le peuple! Si vous croyez que le peuple, ce sont ces ordures, vous avez une bien basse idée du peuple français.”

Le journaliste Frédéric Haziza n’a pas tardé, de son côté, à évoquer une «peste jaune», estimant que la dégradation s’inscrivait dans la continuité «des quenelles antisémites» ou encore des «slogans antisémites anti-Emmanuel Macron». «Comme le faisaient les nazis», a-t-il ajouté.

Pour sa part, Raphaël Glucksmann, essayiste mais aussi fondateur, parmi d’autres, du parti politique Place publique, a estimé qu’il s’agissait du «tag de trop, après des centaines d’autres depuis des semaines», déplorant le «silence» face aux «slogans antisémites, homophobes et racistes».

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) a également fait le lien entre le graffiti et la mobilisation citoyenne, commentant notamment : «Cet acte XIII est dans la suite des précédents : attaques contre les institutions, actes antisémites… Jusqu’à quand ?»

«Cela n’a rien à voir avec la manifestation», selon le gérant

Cependant, si nombre de commentaires ont abondé dans ce sens, la plate-forme Check-News de Libération a publié le 10 février un article expliquant que le graffiti n’avait pour l’heure aucun lien avéré avec la mobilisation citoyenne du même jour. De fait, après avoir contacté le responsable du fast-food concerné, Libération explique que «rien ne permet à ce jour d’affirmer que ce sont des Gilets jaunes qui ont réalisé ce tag antisémite». En effet, le gérant lui-même a témoigné en ce sens : «Cela n’a rien à voir avec la manifestation. La manifestation n’est absolument pas passée dans notre quartier, et ce tag de toute façon a été effectué bien avant que la manifestation ne commence.»

Une mise à jour à laquelle certains commentateurs ont rapidement réagi. Ainsi, après avoir rapidement salué la publication de Joann Sfar précédemment mentionnée, l’éditorialiste Dominique de Montvalon n’a pas manqué d’interpréter la déclaration du responsable du fast-food : «[Il] ne veut pas avoir d’ennuis [et] se précipite : les Gilets Jaunes n’y sont pour rien. C’est bien connu : il n’y a aucun antisémite dans les rangs des Gilets Jaunes, ni aucun slogan de cette nature. Circulons, il n’y a rien à voir», a-t-il commenté.

Depuis le début de la mobilisation, le mouvement social, dont les revendications ont évolué d’une demande de hausse de pouvoir d’achat et de baisse des taxes, à une demande de davantage de démocratie via le référendum d’initiative citoyenne (RIC), a plusieurs fois été accusé d’antisémitisme par ses détracteurs. Mettant la loupe sur des incidents et des polémiques isolés, plusieurs membres du gouvernement ont été jusqu’à évoquer les «années 1930» ou encore la «peste brune».

Malgré leur hétérogénéité, pourtant, les Gilets jaunes eux-mêmes ont déjà manifesté leur hostilité face à des individus, non vêtus du jaune, tenant des propos anti-sémites. En témoigne par exemple une vidéo postée par le journaliste Paul Moreira, filmée à Paris, en marge du neuvième acte du mouvement citoyen.

La scène montrait précisément des manifestants qui s’opposaient à des individus se présentant comme «judéophobes».

https://francais.rt.com/france/59006-acte-13-peste-jaune-nazis-tag-antisemite-bagelstein-paris-trop-vite-attribue-gilets-jaunes


Alter Info
l’Information Alternative





Source link

Download Premium WordPress Themes Free
Download WordPress Themes Free
Download WordPress Themes
Download WordPress Themes Free
udemy paid course free download

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Scroll Up