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25 novembre 2020

Foulards rouges : chronique d’une imposture et d’un échec annoncés



Dimanche, ils étaient « au minimum 10 500 » à marcher contre les violences. Des foulards rouges par milliers venus à Paris pour représenter une « France invisible » qui « se terre » depuis des semaines à cause des méchants gilets jaunes. La fable aurait pu être belle, mais tellement grossière dès qu’on s’en approche qu’elle ne provoque que des rires et renforce le mépris envers le pouvoir actuel. Car il s’agit bien d’une manifestation organisée par la Macronie qui a fait un flop malgré le concours statistique du ministère de l’Intérieur et des médias affiliés.

Comment faire pour arrêter un mouvement des gilets jaunes qui menace d’emporter une Macronie qui se pensait intouchable pendant au moins cinq ans ? Bien des techniques ont été utilisées sans succès et il y a quelques semaines, l’idée de monter une manifestation pro-Macron a été lancée depuis le Château (on n’est jamais mieux servi que par soi même). Il a fallu du temps pour ficeler cette opération et chercher un quorum de volontaires pour participer à cette mascarade. Malgré les pseudo-remontées dans les sondages, il a été bien compliqué de trouver du monde à mettre dans la rue en réponse aux gilets jaunes…

Ridicule par le nombre et par l’esprit

Alors, la manifestation pro-Macron a été mise en sommeil quelque temps et est réapparue sous la forme d’une mobilisation contre les violences. A défaut de trouver du monde pour clamer son amour de Macron (Benalla ne semble pas avoir beaucoup d’amis), il est plus facile de réunir sur le sujet des violences. Les médias ont bien préparé le terrain avec des images qui passent en boucle et un flot d’insultes à peine interrompu par un timide « tout s’est bien passé partout ailleurs en France, mais revenons sur les violences sur les Champs-Elysées… ».

Malheureusement, les images de la manifestation parisienne (le pouvoir n’a pas osé organiser d’autres rassemblement ailleurs) sont peu flatteuses. Des plans serrés, voire étriqués pour éviter de filmer une débandade en marche. Première dans l’histoire des manifestations parisiennes, on a vu dans certaines rues les manifestants se serrer sur l’étroite chaussée en évitant soigneusement les trottoirs de peur de monter leur faible nombre. Bref, ils n’étaient vraiment pas nombreux, mais le ministère de l’Intérieur qui confond additions et soustractions depuis plusieurs mois a compté au moins 10 500 manifestants. Ça tombe à pic puisque les organisateurs macroniens en attendaient 10 000 au bas mot…

Passons le mystère des chiffres pour nous occuper un peu de l’intellect de ces pacifiques fanatisés. Un pacifisme de façade puisque lorsqu’ils aperçoivent un gilet jaune, les insultes et les menaces fusent. Idem lorsqu’une équipe de Russia Today s’intéresse à ce mouvement dont la spontanéité a quelque chose de surfait. Les manifestants disent avoir « mal à leur République » (niveau zéro de la réflexion) et sont là « pour défendre les institutions » face « aux factieux ». Au moins, les discours de Griveaux se sont bien imprimés chez certains esprits faibles.

« Stop aux violences » mais pas à toutes les violences lorsque l’on creuse un peu. Les foulards rouges font mine de ne pas comprendre la différence entre un gilet jaune et un casseur et oublient aussi que les violences sont aussi policières. Certains le nient complètement quand d’autres pacifistes justifient la violence policière par la violence en général. Un Jérôme Rodrigues froidement visé et atteint à l’œil alors qu’il ne participait à aucun trouble ne semble justement pas troubler leur argumentaire.

Cette opération ne fait d’ailleurs pas grand sens, car la Macronie hurle que le temps est au débat et que les manifestations non plus leur place. Pourtant, cette même Macronie organise une manifestation aux slogans plus hostiles à une majorité de Français que pacifistes. C’était oublier que les foulards rouges ne sont pas du fait du pouvoir. Officiellement, il s’agit juste de braves gens pas assez nombreux pour venir peser dans chaque ville et village de France. Espérons pour eux et le pouvoir qu’une telle mise en scène ne se reproduise plus. Les décors Potemkine n’aiment pas trop la pluie et la neige. En tombant, ils pourraient laisser entrevoir le roi complètement nu. Merci pour le show, mais non merci !





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