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27 janvier 2021

Perdue, la Macronie s’en remet à Hanouna…



La décadence est un spectacle toujours pénible et ce même lorsqu’elle concerne ses propres adversaires. La Macronie en est un exemple presque caricatural tant cette décadence est soudaine, rapide et monstrueuse. Le général en chef retrouverait le sourire après ses deux one man show et des sondages étrangement repartis à la hausse. Pendant que Macron veut y croire, ses sbires se perdent en circonvolutions au point d’organiser « un débat » sur la chaîne C8 qui sera présenté par Marlène Schiappa et… Cyril Hanouna. Un grand moment de télévision en perspective. La démocratie, elle, attendra encore.  

Il faut penser « out of the box », avoir des idées « disruptives » pour mener à bon port « la start-up nation ». Les « premiers de cordée » doivent montrer la voie aux « riens » et tant pis si les derniers tombent sous les coups du capitalisme financier porté par Macron. Ne sont-ils pas là pour ça au fond ? Pour qu’il y ait des « winners », il faut beaucoup de « losers », mais quand les « losers » commencent à faire trembler le pouvoir, c’est la crise au plus haut niveau de l’Etat.

Les folles soirées du ministre Mahjoubi

Côté président, la communication se borne à dire que tout va bien. Après le petit coup de mou de la rentrée de septembre, celui pré-commémorations de novembre, celui des gilets jaunes de novembre et décembre, place à Macron en campagne. On convoque des maires trop impressionnés pour remettre en place le jeunot et l’Elysée crie au génie et à la victoire. Les deux shows présidentiels seraient à l’origine d’une remontée (pas très fulgurante) dans les sondages. Le principal est fait, les médias assurent que Macron remonte la pente et que son charisme 100 % plastique fonctionne toujours. Il n’y a qu’à regarder le grand raout organisé pour la deuxième fois au château de Versailles avec les PDG de grandes multinationales.

Les ultra-riches ont le tapis rouge déroulé sous leurs pas pendant que les « riens » de Français continuent de constituer une plèbe frondeuse. De quoi se plaignent-ils s’interroge-t-on du haut de la tour d’ivoire macronienne ? Ils ont de quoi manger jusqu’au 15 du mois ! Mais certains ministres semblent plus curieux que d’autres. Ainsi, on apprend que l’ambitieux, mais pas talentueux Mounir Mahjoubi regarde « tous les soirs » les vidéos du gilet jaune Maxime Nicolle. Pourquoi un telle occupation nocturne pour un ministre censé être écrasé de fatigue par le travail ? Le Mahjoubi se serait « rendu compte qu’il y avait un truc très fort qui (le) liait » aux gilets jaunes.

A ce stade, on est en droit de s’interroger. Quel est le lien entre les gilets jaunes et le ministre grassement payé ? Ce n’est pas la feuille de salaire même si à l’image de Griveaux (prétendant à la mairie de Paris comme Mahjoubi) le ministre du vide n’a peut-être pas assez pour s’acheter un appartement à Paris. Non, le lien commun est « le sentiment d’humiliation et l’impression de subir ». Le petit Mounir serait-il la tête de turc de Macron dans les couloirs de l’Elysée ? Non, à en croire ses proches, « Mounir, le combat de sa vie, c’est de donner une voix à ceux qui n’en ont pas. Dans son parcours, il doit lutter contre des préjugés, son milieu très modeste, ses parents immigrés marocains, son homosexualité ». Mounir ferait ainsi donc partie des « minorités visibles » quoiqu’être d’extraction modeste, ce qui constitue un trait commun à la plupart des Français qui naissent et vivent sous une Cinquième République crépusculaire.

Tout cela n’est à n’y rien comprendre. Alors que les gilets jaunes ne seraient que des « séditieux », une « peste brune » se levant contre la démocratie et surtout la République, le ministre Mahjoubi s’abreuve des paroles de Maxime Nicolle tous les soirs. Griveaux et sa mauvaise manie de « mal s’exprimer » trouveront-ils les mots pour remettre le ministre dans le droit chemin ? Encore faut-il emprunter le bon chemin et ne pas suivre l’inénarrable Marlène Schiappa. Prête à tout pour rester dans l’histoire comme l’une des figures de la sortie de crise, « l’idiote utile » (référence historique) de la Macronie (pas d’insulte, juste des faits) a trouvé un excellent moyen de faire parler d’elle à l’occasion du grand débat.

Au lieu de « prendre le relai » d’un président qui ne va quand même pas aller chez les bouseux tous les trois jours (prochain et dernier ? one man show prévu ce jeudi), la ministre a décidé de ne pas abîmer ses talons de féministe autoproclamée en se déplaçant à quelques centaines de mètres de son bureau. Madame Schiappa fera son « grand débat » à la télévision ce vendredi aux côtés de… Cyril Hanouna. On devrait croire à une blague du premier avril, mais la date est passée depuis longtemps ou n’est pas prête d’arriver, c’est selon. On est complètement paumé à l’image de la Macronie elle-même.

Après le président en mode campagne solo-one man show, c’est donc au tour de l’amuseur télévisuel Cyril Hanouna de prendre en charge un « grand débat » qui a plutôt affaire à la farce qu’à un exercice démocratique salvateur. Mais au fond, ce passage de témoin fait sens, car Macron est celui qui a tenté à deux reprises en une semaine de battre le record mondial de Hanouna de la plus longue émission de télé en direct. Deux tentatives et deux échecs puisqu’il faudra embobiner son monde pendant plus de 35 heures d’affilée. Ce n’est pas avec la peau sur les os et malgré son sourire carnassier que Macron réussira. D’échecs en échecs de plus en plus grotesques jusqu’à la chute. Patience.





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