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23 September 2019

pourquoi il faut nationaliser de la Banque de France



Quand cette organisation du Crédit industriel et commercial sera fondée, l’escompte sera abaissé non pas de 3 à 1 %, mais de 10 à 1 % ; car, non seulement la Banque de France aura abaissé le taux actuel, mais le prélèvement des banquiers aura été aboli : Quel prodigieux essor pour les affaires ! quel élan donné à la richesse publique !

En outre, la banque de France sera autorisée à recevoir des dépôts, comme font aujourd’hui les banques privées en leur servant un intérêt minime, 1 % par exemple. L’encaisse de la banque étant ainsi accrue, elle pourra, sans aucun péril, développer son émission de billets et prêter à l’agriculture à un taux très bas, sous la caution des syndicats agricoles selon le projet de M. Méline, récemment voté par la Chambre : la Question du Crédit agricole ne peut être résolue que par la Banque de France démocratisée.

Voilà les résultats immédiats, et il faut féliciter vivement les députés socialistes et radicaux, comme M. Dumay, M. Millerand, qui combattent le renouvellement du privilège et qui demandent le retour pur et simple de la Banque à la nation. Il y a des radicaux qui accepteraient le renouvellement du privilège en imposant à la Banque des conditions nouvelles très démocratiques.

Je crois qu’il y a là une illusion. Comment obtenir qu’une Banque, appartenant à des banquiers, à des financiers, entre en lutte sérieusement, sincèrement, contre les banquiers et les financiers !

Pour que la démocratie puisse se servir à son gré, et dans l’intérêt du travail, de ce merveilleux instrument d’émancipation et d’action qui s’appelle la Banque (de France), il faut qu’elle en soit souveraine maîtresse et qu’elle n’introduise pas dans la maison même, avec des clauses en apparence rigoureuses, une oligarchie financière hostile.

Je crois que l’on sera réduit à ce dilemme : ou bien laisser la Banque aux actionnaires, aux conditions actuelles, et renouveler purement et simplement le privilège, comme le proposent, en somme, la commission et le gouvernement ; ou bien, faire décidément de la Banque une banque d’État.

Toute combinaison intermédiaire est condamnée à échouer, et tous les radicaux seront amenés à se rallier à la solution socialiste, proposée par MM. Dumay et Millerand.

Dès lors, de très vastes perspectives s’ouvriront devant la démocratie française : car, avec la Banque ainsi transformée, recevant de riches dépôts et escomptant à peu près tout le papier, avec la Caisse des dépôts et consignations où affluent les fonds des Caisses d’épargne, la nation aura une puissance financière énorme : et elle pourra racheter tous les privilèges qui pèsent à l’heure actuelle sur le travail. Ainsi, le régime socialiste pourra être inauguré sans spoliation.

Je m’explique ; à l’heure actuelle, si l’État voulait racheter les chemins de fer et les mines, il serait obligé d’emprunter [1] ; et le service des emprunts pèserait sur le travail national en général et sur les employés et ouvriers des chemins de fer et des mines en particulier, tout comme aujourd’hui le service des dividendes aux actionnaires.

Mais avec une Banque nationale, et ayant absorbé toute la puissance financière des banques privées de dépôt et d’escompte, on pourra rembourser les actionnaires des chemins de fer et des mines avec une simple émission de billets ;

Si l’on procède par degrés, il n’y aura aucune crise, aucune dépréciation du billet, car il sera soutenu par l’activité d’une circulation très étendue, accélérée par la modicité de l’escompte ; et, de plus, l’abaissement immédiat du prix des transports et du prix des charbons, et le développement soudain du bien-être des familles ouvrières dans deux grandes industries, amènerait une activité nouvelle de la consommation et du travail : et les billets émis, trouvant aisément leur emploi, ne seraient pas dépréciés.

Ainsi, peu à peu, dans toute l’étendue de la production française, les instruments de travail seraient remis, sous le contrôle de la nation, aux travailleurs associés, sans que les bénéficiaires du régime actuel soient dépouillés brutalement.

C’est dans le crédit national et démocratique, qu’est la solution tranquille du problème social. Quelle belle revanche que la discussion actuelle, pour les hommes de 1848 ! Dès qu’une grande question se pose, celle du Crédit, les vastes solutions annoncées, sous des formes diverses que l’histoire réconcilie, par les Louis Blanc et les Proudhon, sollicitent de nouveau les esprits.

Ce sont ces puissants théoriciens idéalistes, si dédaignés par une génération impuissante ou corrompue, qui seront les guides de la République de demain : c’est leur pensée réveillée qui nous sauvera à la fois de l’injustice et de la violence.

Et quelle médiocrité d’intelligence er d’âme, dans cette haute bourgeoisie industrielle et commerciale, qui raille et dédaigne les grands socialistes de 1848 ! Consultée sur la question de la Banque de France, elle conclut, par presque toutes ses chambres de commerce, au renouvellement tel quel du privilège.

Et elle ne prend pas garde qu’elle supprime ainsi le crédit agricole, et qu’elle laisse l’industrie et le commerce aux mains des banquiers ! Elle ne s’aperçoit pas qu’en empêchant la démocratisation du Crédit, elle ferme toutes les issues vers la justice pacifique !

Peut-être aussi les potentats de certaines chambres de commerce, qui, eux, ou n’ont pas besoin de crédit, ou ont le crédit à bon compte, ne sont-ils pas fâchés de maintenir à l’état de tributaires les autres producteurs.

Mais ce que la question de crédit a d’excellent pour la démocratie, c’est que tout en préparant l’émancipation des ouvriers, elle n’est pas seulement une question ouvrière. Elle intéresse aussi au plus haut degré les cultivateurs, les industriels et commerçants moyens et petits.

Toutes ces forces réunies sauront bien faire obstacle au renouvellement du privilège de la Banque de France : elles auront raison des prétentions insolentes de l’oligarchie financière, servies, dans les chambres de commerce, par l’optimisme ignorant et l’égoïsme béat de l’oligarchie bourgeoise.

[1] Le même problème se pose aujourd’hui pour la renationalisation impérative des autoroutes dont le coût initial est d’au moins 14 milliards d’euros, une somme qui sera rembourse par les profits actuels après environ cinq années de fonctionnement. KV.



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One Response “pourquoi il faut nationaliser de la Banque de France”

  1. TIRATORE
    23 June 2019 at 23 h 56 min

    prétentions insolentes de l’oligarchie financière: les rotschilds et consors, cad la juiverie internationale qui detruit et exploite le genre humain depuis des siecles.

    Et qui controle toutes les “banques centrales” de la planete a part 3 ou 4 (Iran, Coree du Nord, Syrie?)…

    Ce qui explique l’acharnement des lobbys juifs qui controlent les gouvernements occidentaux contre ces pays.

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