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20 March 2019

Ce monde nouveau qui cherche à naître — Benedikt ARDEN



Ça fera bientôt plus de neuf semaines que le mouvement des « gilets jaunes » manifeste contre le gouvernement français. Contrairement à ce qui avait été prévu par le pouvoir et ses éditocrates, le mouvement maintient le cap dans ses objectifs. Et ceci, malgré les fêtes de fin d’année et les miettes que Macron leur a concédées il y a quelques semaines.

Non, rien n’y fait ! Le mouvement le plus large que la France ait connu depuis l’après-guerre réclame plus. Il réclame d’avoir droit de regard sur les affaires publiques … celles-là mêmes qui le concernent directement et dont le pouvoir cherche désespérément la totale mainmise.

Le mouvement des « gilets jaunes » ne réclame pas seulement des mesures de justice sociales. Ça, c’était hier. Aujourd’hui, le point de non-retour a été franchi et le mouvement ne revendique rien de moins que le pouvoir ! Ce qu’il réclame, c’est la DÉMOCRATIE ! La vraie !

À ce souhait, le pouvoir répond par la répression policière et par le cynisme. Calomniant et infantilisant des gens autrefois modérés & raisonnables, mais que la situation politique a elle-même radicalisés. Ces élites soi-disant éclairées se targuant de la légitimité démocratique et jouant le sketch de la lutte au « populisme ». Mais réalisent-ils que leur « légitimité » électorale n’a été gagnée que sur le rejet massif du Front national ? Combien des 66%, qu’a obtenu Macron lors de la dernière présidentielle, ont réellement plébiscité sa ligne politique (le néolibéralisme thatchérien) ? Réalise-t-il qu’une bonne partie de ses électrices et électeurs d’hier manifestent maintenant contre lui ?

Le rejet de ce système sans espoir est la cause évidente de l’effondrement des grands partis de gouvernement (PS/LR) et LREM en a naturellement tiré profit. Cependant, depuis le début de son mandat, Macron, loin de changer les choses, a surtout radicalisé la politique qui était rejetée au départ et concentre maintenant toutes les haines contre lui. Le mouvement des « gilets jaunes » est le résultat de cette étrange convergence des luttes contre cette élite cynique et arrogante.

Le mouvement est divers et confus sur bien des aspects, mais c’est parce qu’il va au-delà des querelles institutionnelles entre la gauche et la droite. Son défaut (le flou doctrinal) on le connait bien, mais sa force est justement dans le nombre qui cumule les doctrines et les volontés. Le mouvement des « gilets jaunes » est beaucoup plus fort que tous les autres mouvements qui les ont précédés depuis 1945. Mais de cette force, est-il possible de faire émerger une ligne politique cohérente ? Évidemment, celle-ci existe déjà et est la plus simple de toutes : la démocratie ! Celle qui met (presque) tout le monde d’accord, qui est au centre des institutions, mais qui, dans les faits, n’existe plus depuis des décennies. Cette démocratie sacrifiée au nom de l’Union européenne, autre nom du néolibéralisme, et maintenant appelé « populisme » par des « démocrates » autoproclamés. « Démocrates » qui vouent un culte à l’autocratie capitaliste et qui veulent garder tous les pouvoirs !

Pourtant (rappelons-le), ces « démocrates » n’avaient pas de mots assez durs pour condamner les États concurrents de leur impérialisme (Venezuela, Cuba, Syrie, Libye, etc.), en les accusant de réprimer l’opposition et de brimer leur population. Ce qui les emmenait à souhaiter la guerre… humanitaire ! Maintenant chez eux, c’est l’armée, la police et la répression qui devient le maître mot de leur « démocratie », celles-là mêmes qui rendaient coupables des États qui pourtant subissaient de véritables insurrections armées. Ce qui n’est heureusement pas encore le cas chez eux, mais dont tout est fait pour en accroître le risque.

L’hypocrisie et le cynisme sont le sous-entendu de ce régime qui craint le peuple et son courroux. Demain, un monde nouveau devra naître. Que ce monde s’éveille dans la bonne entente ou dans la violence, n’est pas du ressort du peuple en lutte, mais bien des élites qui ont confisqué ce droit !

Il est donc de leur responsabilité de rendre au peuple ce qui lui revient, car n’oublions pas : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » – Article 35, Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793.

Benedikt Arden (10 Janvier 2019)





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