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21 octobre 2020

Macronie débordée, les ministres appelés en première ligne – 24heuresactu.com



L’Acte VIII des gilets jaunes a constitué une baffe monumentale pour le pouvoir. Il pensait que la révolte était finie, il retrouve nez-à-nez avec une révolution. Alors depuis 48 heures, les ministres sont priés de multiplier les interviews et de marteler le même message : la République est en danger et l’ordre doit revenir coûte que coûte ! Cette ligne de défense pas si nouvelle souffre de deux maux très graves. La Macronie – sous prétexte, peut-être, de s’appeler La République En Marche – croit être la République elle-même. Une confusion mentale dont a déjà été victime récemment Jean-Luc Mélenchon. Deuxième problème, les ministres appelés à la rescousse sont soit détestés, soit inconnus… 

Qui sème le vent récolte la tempête. Emmanuel Macron ne connaît pas les dictons populaires et pour cause, il n’y a rien de populaire chez lui. Président jamais enraciné, il joue avec les Français de manière trop brutale et depuis trop longtemps pour que ses quelques coups de comm’ fassent encore effet. Après la séquence de la pseudo-autocritique qui n’enclenche aucun changement de cap, Macron a changé de braquet le 31 décembre en faisant des gilets jaunes une « foule haineuse » qui a les pires tares puisqu’elle s’en prendrait « aux juifs, aux étrangers, aux homosexuels » (liste délirante non-exhaustive). Le message était clair : la soumission ou l’annihilation.

La Macronie en plein AVC ?

Les Français, encore portés par la dignité et la volonté de vivre libres ont choisi la contestation. Le 5 janvier a fait très mal au pouvoir non pas parce que Benjamin Griveaux s’est éclipsé la peur au ventre par une porte dérobée, mais parce que les Français ne se sont pas soumis. Une porte défoncée, deux gendarmes tabassés et c’est la République qui serait au bord du gouffre. Si tous les actes de violence n’ont pas leur place, ils ne doivent pas faire perdre des yeux l’essentiel. Les gilets jaunes sont présents en masse, se retrouvent pacifiquement dans les rues et ne peuvent en aucun cas être amalgamés à quelques scènes bien déplorables.

Le pouvoir rend fourbe, mais le pouvoir actuel semble être née de la fourberie. Ainsi, après avoir méprisé les forces de l’ordre pendant de longs mois et les avoir envoyées au casse-pipe lors des premières manifestations parisiennes, la Macronie n’a plus de mots assez durs pour dénoncer une leçon de boxe qui n’aurait jamais dû exister. Ce petit événement dans le grand film du réveil français doit désormais occuper tout l’espace médiatique. Enfin, l’espace médiatique restant après les dénonciations du début d’attaque subi par le porte-parolat du Gouvernement. Une attaque qui soulève bien des questions sauf dans la presse officielle. Mais pour cette dernière et le Gouvernement, l’important est ailleurs.

Le pouvoir joue un jeu qu’il connaît par cœur : en substance, « si vous n’êtes pas avec nous, vous êtes du côté des nazis ». Un message répété en boucle depuis des semaines et qui est devenu la raison d’être d’un Griveaux qui n’a pas perdu sa faconde malgré son slip mouillé. L’opposition qui ne condamne pas assez les gilets jaunes à son goût ferait preuve d’un « esprit munichois ». Cela revient à dire que les gilets jaunes sont des adeptes du régime nazi… Une réflexion qui ne choque pourtant pas beaucoup de journalistes trop habitués à se mettre au rythme du pouvoir.

La préoccupation actuelle est d’interviewer les ministres, n’importe lesquels. Même les anonymes secrétaires d’Etat sont conviés au festin médiatique. Plus on est nombreux, plus ça donne l’impression que la Macronie pèse. Même les députés godillots sont mis à contribution. Les médias sont squattés comme jamais par le pouvoir au risque d’exacerber la colère déjà palpable des Français. Qu’attendre de l’intervention du Premier ministre sur TF1 quand ce dernier n’est là que pour annoncer la restriction d droit à manifester ? Un homme qui par ailleurs a une mauvaise image auprès de 54 % (seulement ?) des Français. Même le Griveaux reste un inconnu pour 48 % des sondés ! Cela n’empêche pas 75 % des Français d’être mécontents de l’action du Gouvernement. Logique après dix-huit mois d’enfer.

Les ministres sont détestés ou au mieux inconnus. Une bien belle armée de poche pour protéger un président en déshérence. Au fond Macron ne récolte que ce qu’il a semé. Des ministres incompétents qui atteignent le point Godwin dès qu’un micro se tend. Des Français en colère qui veulent son départ. Le bilan du petit Emmanuel est encore moins enviable que celui de son mentor Hollande qui pédalait sur une impopularité à 68 % après près de deux années de bêtises élyséennes. Macron bat tous les records, reste à entrer dans l’Histoire comme le premier président ne terminant pas son mandat avant même deux années passées au sommet de l’Etat.





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