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19 April 2019

Le petit article antifasciste — Jimmy DALLEEDOO



1- Les bases idéologiques et philosophiques du fascisme

Le social-fascisme est une porte d’entrée pour le fascisme : la classe ouvrière et les couches populaires sont ses cibles. La précarité est la conséquence de l’accumulation des richesses par une minorité exploiteuse : processus inévitable dans le mode de production capitaliste. En France, la précarité augmente et la colère populaire devient forte : les « gilets jaunes » sont une amorce. Le danger révolutionnaire progresse inévitablement et la dictature du capital montrera alors ses griffes.

Le chien est enragé, il est baveux et prêt à en découdre. Le chien n’attaquera pas sans les ordres de son maître. Le chien enragé attend donc le signal de son maître, le bon moment grâce auquel il pourra réaliser ses désirs les plus sombres. Le maître, comprenez la classe capitaliste, fomentera, préparera, anticipera, ce moment « béni des dieux » au cours duquel il pourra enlever la muselière. La dictature du capital attend simplement que les conditions objectives et subjectives soient réunies.

La philosophie matérialiste est une des principales cibles pour le fascisme : nous parlons de nos pensées, de nos idées et de la Raison que le fascisme voudrait contrôler.

Karl Marx n’était-il pas le continuateur génial de la philosophie matérialiste ? Si…

Lorsque « l’Homme civilisé » peut penser sans ses contraintes matérielles et morales, il peut alors comprendre les causes de la barbarie fasciste, mais aussi de sa politique intérieure et extérieure. La Raison et la Morale ne peuvent être confondues pour cette compréhension : la première est inhérente à l’Homme (devant être développée) et la seconde est modulable avec une liaison constitutionnelle et changeante selon les séquences historiques.

Le fascisme voudrait accaparer la Raison et la Morale, les noyer dans des eaux mystiques, égoïstes, malsaines, déraisonnables et perverses. L’idéologie du fascisme est le racisme, l’asservissement et les guerres impérialistes. Le racisme signifie l’obscurantisme, c’est à dire la suppression des droits de la science, l’enfermement de la conscience, la philosophie devenant ainsi une science irrationnelle et vulgaire.

Les créateurs de la mythologie raciste ont utilisé le pangermanisme d’avant la guerre impérialiste de 1939-1945 : le pangermanisme et le racisme reposent sur des bases communes. Pour les comprendre, il faut garder en tête l’idéologie, mais aussi les bases matérielles. Il faut donc au préalable analyser les rapports économiques, ensuite les rapports sociaux et terminer par l’idéologie.

Le fascisme se targue de posséder une identité intemporelle, pure, puissante et d’essence métaphysique ! Bref…

Il s’appuie sur des idées mystiques, irrationnelles et au sein desquelles des bases biologiques viennent s’intercaler. Le fascisme fabule, construit un mensonge biologique : ce mensonge biologique doit prendre le dessus sur la Raison.

La Raison, inhérente à l’Homme, ne peut pas être abolie, car elle doit être développée au contraire. Le fascisme n’est pas un « biologisme », car cette fausse biologie se repaît de la mythologie raciste du sang : il est un des rouages de ce mécanisme complexe, mais néfaste pour l’Humanité.

Rosenberg disait dans son livre « Le mythe du XXème siècle » : « La lutte entre le sang et le monde environnant, entre le sang et le sang, représente le dernier phénomène que nous puissions atteindre derrière lequel il ne nous est pas donné de chercher et de faire des recherches ».

Le racisme n’est pas un « biologisme », mais une approche réactionnaire du capital dont le fascisme ne fait que représenter la dictature. Le fascisme et son obscurantisme raciste voudraient effacer de la mémoire des Hommes toutes ces périodes de l’histoire au cours desquelles se sont développées la conscience et les lumières : les ténèbres doivent remplacer les lumières. Ce délire grossier de la « pureté des races » cache en réalité la subordination de la classe ouvrière, des couches populaires, envers la classe capitaliste : le monopole allemand Ford (le constructeur de voitures) ne versait-il pas tous les bénéfices des ventes de ses voitures en Allemagne au parti nazi ? Si…

Maurice Thorez avait abordé la question du racisme en posant cette question : « qu’est-ce que la Nation ? » ; parce que le racisme, axe central du fascisme est présenté par certaines personnes comme un « nationalisme exaspéré ». Hitler avait utilisé le » sentiment national exaspéré » des Allemands. Ce sentiment prenait sa source dans « l’humiliation » de la nation allemande via le traité de Versailles : Hitler avait baptisé son mouvement « national-socialisme ».

2- le fascisme et la nation

Maurice Thorez affirmait que si le racisme se présente comme « national-socialiste », il est « aussi antinational » et « antisocialiste ». Le fascisme attribue à l’idée de nation son contenu biologique : la race se substituerait donc à la nation. Dans son livre épouvantable, Hitler, en parlant de l’État, alléguait : « son but réside dans la conservation et le développement d’une communauté d’êtres vivants de mêmes espèces physiquement et mentalement » et que «  L’État qui ne correspond pas à cette fin sont des ratages, voire des avortons ». vérifie la citation, le sujet est singulier, le verbe est au pluriel

Rosenberg rajoutait : « Le vieux nationalisme est mort en même temps que la vieille église judéo-orientale-syrienne, le vieux socialisme ». Le fascisme ne veut donc pas de peuples libres et de nations garantes de liberté. Il ne veut pas trouver en face de lui une classe ouvrière et des couches populaires, des peuples héroïques comme le peuple espagnol par exemple.

Maurice Thorez avait rétorqué en disant, je cite : « Nous savons bien comment la nation française s’est constituée à travers les siècles de vingt races qui se sont fondues dans cet immense creuset que fut et que reste notre pays, avec son sol, avec ses richesses naturelles, avec son climat privilégié, avec sa situation unique, avec ses conditions générales qui ont disposé, dès les plus lointaines époques, les habitants de notre pays et ceux qu’il accueillait à l’amour du travail, au sens de la mesure, à l’esprit de méthode et de clarté, aux qualités qui sont celles des Français, aux défauts qui sont aussi les nôtres, à tout ce qui constitue, – langue, mentalité, outre la communauté de territoire et de vie économique – le caractère de la nation française ».

Maurice Thorez rajoutait : « Nous sommes une nation non pas « malgré » la fusion des races, mais « à cause » de cette fusion ». Maurice Thorez continuait en disant : « notre conscience est nationale non parce qu’elle est l’instinct d’une race, mais parce qu’elle est la conscience d’une nation dont l’histoire diffère essentiellement de la zoologie. Oui, vingt races dont la souche prépondérante autrefois en telle ou telle province, telle ou telle ville, nous permet de saisir, si je puis dire, les nuances du type national, qui dans son heureuse diversité, nous révèle encore les traits distinctifs du Flamand et du Provençal, du Breton et de l’Alsacien, de tous ces membres de la grande famille française, de tous ces fils de la République une et indivisible ».

Maurice Thorez ne met pas l’accent sur la classe ouvrière, le prolétariat, les couches populaires, mais ces déclarations sont des vérités issues d’une approche progressiste : le fascisme est une force réactionnaire.

Le fascisme est donc le chien de garde que la dictature du capital envoie lorsqu’il existe un danger révolutionnaire. Les forces fascistes en Allemagne, en Italie, avaient été dépêchées pour abattre deux ennemis féroces pour le capital à l’époque : l’URSS à l’Est (les Bolchéviks) et les Spartakistes en Allemagne. L’URSS a été la première expérience de construction du socialisme et le prolétariat au pouvoir en URSS a aidé au développement des idées révolutionnaires en Allemagne : Liebknecht et Luxemburg ont fait trembler l’impérialisme mondial.

Hitler et le parti nazi ont été financés par les monopoles (Hugo Boss, Ford et d’autres…) allemands et donc par la bourgeoisie allemande. Le livre épouvantable Mein Kampf a été soutenu (de son écriture à son édition), politiquement et financièrement, par les monopoles, la bourgeoisie allemande, car elle voyait dans ce parti funeste le chien de garde qu’elle enverrait pour briser les révolutionnaires socialistes.

Dans son livre démoniaque, Hitler affirmait : « Nous devons voir dans le Bolchevisme russe la tentative des juifs au vingtième siècle, pour conquérir la domination mondiale. La lutte contre la Bolchevisation mondiale juive exige une attitude nette vis-à-vis de la Russie Soviétique. On ne peut pas chasser le diable par Belzébuth ».

Les grands représentants du capital, des monopoles en Europe (France et Angleterre) n’avaient-ils pas ouverts la voie vers l’Est aux fascistes via les accords de Munich, détruisant au passage la souveraineté de la nation Tchécoslovaque ? Si…

3- Le développement actuel du fascisme en France

Le mode de production capitaliste est conditionné par l’exploitation de la classe ouvrière et populaire par la classe bourgeoise, l’oligarchie financière, les banquiers. Le prolétaire possède uniquement sa force de travail qu’il vend aux capitalistes pour vivre et faire vivre sa famille. Le prolétaire a été enchaîné par la classe capitaliste qui achète sa force de travail, créatrice de plus-value (c’est à dire du profit capitaliste) dans les différents procès de production. Le prolétaire est un esclave salarié et pendant que le prolétaire travaille, le capitaliste peut jouer au golf, s’acheter des voitures de luxes, des bijoux : des marchandises inaccessibles au prolétariat.

La classe capitaliste a créé un « monde à son image » et a noyé l’humanité dans les « eaux glacées du calcul égoïste » : elle s’est créé un paradis terrestre. Les capitaux s’accroissent, ils s’accumulent, ils se concentrent, mais dans le même temps la misère flambe : une réalité inévitable dans le mode de production capitaliste. La classe capitaliste a besoin de faire toujours plus d’argent et elle doit donc s’approprier toutes les richesses qui ont été créées.

Ce processus d’appropriation passe par des destructions sociales :

– Gel des salaires
– Exonérations des cotisations patronales
– Dettes artificielles (trou de la sécu, etc.)
– Baisse des retraites
– Augmentation de la CSG
– Destructions des acquis sociaux et privatisations de la force de travail qui produira du profit plutôt qu’un service public (les acquis sociaux étant des acquis de lutte par la classe ouvrière).
– Baisse des allocations chômages
– Couverture juridique, médiatique, morale des monopoles qui ne paient pas d’impôt et exportent leurs richesses dans des paradis fiscaux.
– Augmentation des cadences dans les procès de production.
– Hausse des prix des aliments, des carburants, etc…

La dictature du capital consolide donc sa position de classe, car elle voudrait embellir son paradis terrestre ; ce qui n’est pas sans risque, car cela attisera la colère des exploités, des forçats de « la France d’en bas ». La dictature du capital lancera donc son chien de garde, le fascisme, qui se chargera de la besogne : le social- fascisme devient donc la « porte d’entrée » du fascisme. La particularité du social- fascisme est qu’il se présente comme une force « anticapitaliste », « antilibéral », « antisystème » . Il va rallier à lui un maximum d’individus issus de la classe ouvrière et populaire et affaiblir ainsi le danger révolutionnaire : le Rassemblement National ou Debout La France n’ont-ils pas de beaux discours charmants pour les travailleurs ? Malheureusement, si…

C’est comme le maître et son chien : le maître envoie son chien qui se présente devant un individu, un danger. Le chien remue la queue, il couine, bouge ses oreilles et il fait le beau. L’individu, le danger, se laisse charmer par ce chien très mignon. L’individu, le danger, a été hypnotisé et c’est alors que le chien montre les crocs, il grogne, se fait menaçant : il commence à montrer ses véritables intentions. Le chien mord l’individu, le danger, et il le ramène ensuite à son maître très content de son chien : c’est ainsi que le social-fascisme essaye de charmer les Français. Le maître peut alors continuer à consolider sa position de classe, développer et conserver son paradis terrestre.

En France, le danger révolutionnaire a été perçu par la classe capitaliste aux travers de différentes luttes :

– Les luttes contre la casse de la Sécurité sociale
– contre l’allongement de la retraite
– contre les licenciements
– contre la casse du service public
– contre la précarisation
– contre le CPE
– Les émeutes de 2005
– contre la loi travail
– La grève générale à la Guadeloupe
– Les gilets jaunes avec blocage sur l’Île de la Réunion

Dominique De Villepin avait déclaré le 19 avril 2009, sur Europe 1, dans l’émission « le grand rendez-vous » : « qu’il existait un risque révolutionnaire en France ».

Les principes universels des grandes Révolutions françaises de 1789, 1830, 1848, 1871 et 1968 font-ils peur à la classe capitaliste française ? Certainement…

Une autre certitude est que la bourgeoisie nationale conserve l’avantage (contradiction entre le capital et le travail) sur la classe ouvrière et populaire grâce à deux éléments :

– L’affaiblissement de la conscience de classe 
– L’appareil répressif de l’État qui se renforce

Le premier point a été confirmé par l’incapacité des dirigeants révolutionnaires de créer un parti, de conscientiser et d’organiser la classe exploitée. Tous les partis politiques actuellement sont à composition sociale bourgeoise ou petite-bourgeoise au meilleur des cas. Les trois grands partis du capital sont le PS (il a encore des ressources grâce aux capitaux), LR, LREM. Ces trois grands partis du capital détiennent leurs satellites (une opposition loyale) : PCF, EELV, etc. Les partis comme DLF ou RN sont clairement identifiés comme sociaux-fascistes et ils attendent de « montrer les crocs » lorsque les conditions seront réunies. LO ou NPA à l’extrême gauche sont figés dans le passé, mais aussi dans les dénonciations sans apporter des solutions : ils sont trotskystes et ne sont pas crédibles auprès de la classe ouvrière et des couches populaires.

Concernant l’appareil répressif de l’État, on a des exemples concrets :

– La loi sur la sécurité quotidienne
– LOPSSI 1 et 2
– Entraînement des forces armées à la guerre de guérilla avec la création d’un centre de formation dédié, le « CENZUB », à Sissone, dans l’Aisne, en 2006
– Fusion des services de renseignements au sein de la DCRI, alliant « ennemis intérieurs et extérieurs »

Le nationalisme, le racisme et l’antisémitisme sont actuellement diffusés à travers les grands médias du capital. Ces discours sociaux-fascistes ont été réactivés par la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale à l’époque Sarkozy. Ces discours visent à protéger la classe capitaliste en divisant les travailleurs sur la base de leurs nationalités ; la classe capitaliste transfère ainsi la responsabilité des difficultés sociales sur les travailleurs immigrés : alors que la cause réelle se situe dans l’exploitation capitaliste elle-même. La classe capitaliste, en France, dévie ainsi la colère populaire en créant des divisions entre les travailleurs.

Le social-fascisme à un rôle supplétif pour l’instant, car il n’est pas encore parvenu au stade du fascisme : la violence du fascisme reste donc limitée. Lorsque les conditions seront réunies et qu’il bénéficiera d’un soutien politique et financier, les désastres humains seront gigantesques : le fascisme possède une dynamique génocidaire intrinsèque. Le social-fascisme utilise des « passerelles idéologiques » pour l’instant, afin de répandre ses messages de haines et d’orienter une partie de la population vers le fascisme.

Ces « passerelles idéologiques » sont des brèches pour rallier à lui une partie de la classe ouvrière, des couches populaires, du peuple. Il s’appuie aussi sur des discours conspirationnistes ou des « théories du complot ». Il détourne ainsi l’attention de la population du véritable problème qui est le mode de production capitaliste. Ce social-fascisme s’articule donc autour des discours anticapitaliste et anti-libéral : et il peut compter sur les « rouges bruns » pour relayer ses messages. Ce social-fascisme ou amorce du fascisme a été rendu possible par la faiblesse des vrais révolutionnaires qui sont restés divisés et refusent l’unité.

3- Conséquences  

Le chien de garde va montrer ses crocs très bientôt ! Il veut mordre les Français et cela sous les yeux bienveillants de son maître : nous vivrons alors sous le fascisme. L’erreur à ne pas commettre serait d’établir des points de différenciation entre le nationalisme, le capitalisme, le fascisme. C’est un changement de forme simplement, des degrés différents d’un même processus ayant pour cause le mode de production capitaliste. Des discours différents, mais l’essence reste la même. Les véritables révolutionnaires, en France, sont noyés dans un égocentrisme incohérent, l’opportunisme, les querelles futiles, stupides, et ils sont divisés en petites sectes qui ne représentent que leur ombre : il est l’heure de se réveiller !

Vive la révolution socialiste ! À bas le fascisme ! À bas le capital !

Jimmy Dalleedoo





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