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18 septembre 2020

Pacte sur les migrations. À Marrakech, la société civile met la pression sur les gouvernants | Brèves



Le Pacte des Nations unies sur les migrations doit être négocié, lundi et mardi, au Sommet de Marrakech, au Maroc. Derrière cette feuille de route pour mieux gérer les migrations au niveau mondial, on trouve, comme pour le climat, une multitude d’organisations issues de la société civile. Réunis depuis jeudi à Marrakech, 700 spécialistes, représentants d’associations ou d’ONG tentent d’aiguillonner les gouvernements. Le débat est vif.

Le Pacte des Nations unies sur les migrations, négocié lundi et mardi, au sommet de Marrakech, est loin de faire l’unanimité, puisqu’un tiers des 191 États de l’Onu qui l’ont déjà approuvé cet été, à New York, ne seront pas au Maroc pour le valider. Sans compter toutes les élucubrations sur le sommet de Marrakech, propagées sur les réseaux sociaux par des militants d’extrême droite.

À Marrakech, moins tonitruant que les populistes, un mouvement puissant issu de la société civile pousse à une plus forte coopération internationale.

Venus de tous les continents, ils sont convaincus qu’aucune frontière n’empêchera jamais un persécuté ou un crève-la-faim de quitter le lieu de ses souffrances. Comme le changement climatique, le phénomène est, par essence, mondial. « Et comme pour l’Accord de Paris, une très large consultation de la société civile a été organisée pour l’établissement du Pacte de Marrakech », indique François Gemenne, membre du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), spécialiste à la fois de la géopolitique de l’environnement et des migrations.

Un Pacte non contraignant

« Les deux textes sont l’aboutissement d’un travail collectif, de propositions émises par le bas pour arriver en haut, aux Nations unies. A cette nuance majeure que le Pacte ne sera pas ratifié, mais seulement adopté par les États qui le souhaitent : il n’est qu’un guide de bonne conduite, qui ne prévoit aucune contrainte. » Chaque pays fera bien ce qu’il veut, chez lui.

Des Marches pour les migrations, à l’image de celles pour le climat, auront-elles lieu un jour ? En attendant, des associations, des syndicats, des scientifiques et des ONG travaillent au corps les décideurs, craignant que le Pacte mondial soit au mieux un pis-aller, au pire un recul des droits des migrants.

Forum off

En marge de la conférence pour le Pacte, se tient un forum de l’Action globale des peuples. C’est LE lieu de rassemblement de la société civile en faveur des migrants. Créé en 2008, en dehors du cadre institutionnel de l’Onu, il se reconstitue régulièrement depuis aux quatre coins du monde. « C’est capital si on veut que notre rôle critique, de contre-pouvoir, soit efficace et mène à des propositions concrètes », confie le Marocain Driss El Korchi, l’un des organisateurs de l’édition 2018.

Ce week-end à Marrakech, plus de 700 participants venus de tous les continents sont là pour analyser le Pacte. « Nous ne sommes pas tous d’accord. Certains d’entre nous trouvent qu’il est une base de départ, inédite sur le plan international en matière de migration. L’autre partie, dont je suis, est extrêmement critique et inquiète. »

https://www.ouest-france.fr/monde/migrants/pacte-sur-les-migrations-marrakech-la-societe-civile-met-la-pression-sur-les-gouvernants-6117743



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