Pour Jean-François Bélurgues, du think tank EIE ( Etudes des interactions économiques ), le gouvernement et les gilets jaunes sont pareillement dépassés.

Jérôme Coulange, analyste des révoltes en France et professeur à Sciences-Po, souligne que le combat des gilets jaunes « peut se comprendre », mais que nul ne peut en prédire l’issue dans ce contexte d’« incontrôlabilité ».

Pierre-Paul Virhon, sociologue et spécialiste des mouvements sociaux, note que la vague de protestations a pris une tournure inédite et une puissance inégalée. Elle est porteuse d’une certaine dangerosité du fait de l’incapacité par le corps intermédiaires traditionnels de la canaliser vers des objectifs clairs.

Jean de Laveyre, président de l’IPEE (Institut de prospective politique européen), craint que la « grogne » se propage en Europe pour la plus grande joie des populistes. En Grande-Bretagne les partisans du Brexit ne peuvent que se réjouir.

Jean-Max Poulinoskos, philososphe, note le glissement collectif d’une revendication précise (et sans doute légitime) vers un conglomérat nébuleux de desiderata disparates qui agitent des pulsions, sans qu’une réponse puisse leur être donnée du fait même de leur irrationalité qui fait raisonner les porte-paroles hétérogènes des gilets jaunes avec leur affect plus qu’avec une vision claire des contingences économico-politiques.

Michel Dupont-Delaire, fondateur et président du CEIS (Centre d’Etudes et d’Information sur les mouvements sociaux) et professeur à la Sorbonne, auteur de plusieurs ouvrages sur l’évolution du syndicalisme en France depuis 1968, note l’effacement des centrales syndicales, devenues inaudibles, sinon muettes et le phénomène de rejet par les gilets jaunes des partis politiques traditionnels.

Maud d’Arbressy, journaliste au mensuel Conjonctures et prospectives se demande si une évaluation du coût des manifestations, tant au plan des dégâts qu’à celui résultant de la paralysie du pays sera faite et qui devra payer : le pouvoir ou les gilets jaunes ? Elle n’a pas la réponse, mais la question mérite d’être posée.

William Smeyt, correspondant à Paris du Chicago Post s’étonne que le président français s’accommode du spectacle donné au monde avec les émeutes sur la plus belle avenue du monde. Dans son pays, l’armée serait intervenue.

Albert Bourtignol, gilet jaune, se dissocie des casseurs et rappelle que les fins de mois sont difficiles pour ceux qui ne seront jamais soumis à l’ISF et qui…
L’animateur lui dit : on a compris, on a compris et nous n’avons plus le temps.

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Bien entendu, rien n’est vrai dans ce que vous venez de lire (patronymes, médias, propos). J’ai joué à lâcher des pincées de vague mémoire dans la marmite d’une imagination prémonitoire. Facile : « Avant qu’ils aient levé le pied on leur voit la semelle » !

Théophraste R. Sous directeur-adjoint par intérim de la cellule du site Le Grand Soir : « Médias et psittacisme » (1).

Note (1) pour les journalistes : Le psittacisme est une façon de parler ou d’écrire mécanique et répétitive, à la manière d’un perroquet.





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