La démocratie directe que beaucoup on du mal à comprendre, Sylvain Rochex nous en parle avec ce texte qui sent le vécu. Et il est vrai que, les maires ont un sacré pouvoir. Témoignages ou avis sont les bienvenus. Partagez ! Volti

Sylvain Rochex pour Déscolarisation.org

C’est un discours qui fleurit un peu partout. Nos maires seraient nos camarades de lutte contre le méchant président Macron… ?!?

C’est peut-être parce que l’homme a toujours beaucoup de mal à s’avouer que l’ennemi soit dans sa propre maison, dans sa propre rue…

Le pays est gouverné par 36000 Macron. 36000 communes, c’est 36000 Macron. Tout simplement car cette forme spécifique du pouvoir se déploie dans le pays entier en fractale. Les maires sont tous des émanations directes du Président Macron. Et si nous voulons vivre, ce sont les communes qu’il faut prendre car c’est là, et uniquement là, que nous pourrons faire de la démocratie directe, c’est à dire une démocratie où il n’y a plus de maire monarchique ou de conseils municipaux oligarchiques.

Car toutes nos COMMUNES sont gérées de façon monarchiques ou oligarchiques. Ce qui est censé être COMMUN est sempiternellement volé par une clique. Pour s’en sortir dans sa commune, il faut être ami avec le maire et ses sbires, tout le monde le sait. La principale motivation des uns et des autres pour devenir conseiller municipal, c’est pour les avantages que ça donne (foncier, associatif, facilitations diverses et variées). Je vous rappelle au passage que les citoyens n’ont pas le droit à la parole dans les conseils municipaux et que lorsque un maire donne quand même la parole à un citoyen, il opère avant toute chose une suspension de séance. Le suprême mépris il est là. Il n’est pas dans le fait que 60 millions ne puissent pas ouvrir leur bouche à l’assemblée nationale à Paris, il est dans le fait que même à quelques mètres de chez soi, on ne puisse pas le faire.

La suprême violation de la vie, elle est dans le fait d’être interdit de vivre dans sa propre maison, dans son quartier, dans son village, parce qu’une poignée d’élus font leur loi et verrouillent tout, empêchent tout. Ce que les Gilets Jaunes doivent combattre c’est une certaine forme du pouvoir présente à la tête du pays, comme à la tête de chaque région, chaque département et chaque commune (et dans pléthore d’institutions et organisations). Cette forme arrogante et destructrice du lien et de l’amitié entre les hommes. Cette forme qui n’a pas varié depuis des millénaires : la forme du despotisme. Bien-sûr, on a eu de cesse de camoufler cette forme avec des mots et d’autres apparences mais le despotisme, lui, a traversé les siècles jusqu’à nos jours, jusqu’à Macron et jusqu’aux Maires de France. Chaque maire de ce pays est un pur despote, un pur tyran qui règne injustement sur sa commune et qui empêche la Vie d’éclore. Les pouvoirs du maire sont tout simplement exorbitants et tous les maires en usent et en abusent en continu. Finissons-en avec ce machin ignoble et inutile : le personnage du Maire. Nous n’en avons pas besoin. Nous avons besoin de vivre ensemble dans nos villages sans qu’un gugusse vienne constamment nous en empêcher. Le maire, c’est vraiment ce sale gosse qu’on a tous connu enfant qui s’en venait tout casser le jeu de ceux qui étaient en train de jouer et qui disait : C’EST MOI LE CHEF D’ABORD !!!

Tous les présidents que j’ai vu passer ne m’ont jamais fait de mal directement. Ce sont des rois qui vivent dans leurs palais très loin de moi dans une autre réalité. En revanche : tous les Ducs et Barons et autres Seigneurs locaux avec qui je dois vivre tous les jours, nous en souffrons infiniment plus. Nous devons prendre dans la gueule tous les jours leurs coups bas, leur vilenie, leur favoritisme, leur cynisme, leur bêtise, leurs abus en tout genre, leur jouissance à dominer, à violenter symboliquement la population.

En 15 ans (depuis que je suis un adulte qui va dans le social), je pourrais raconter des centaines de situations hallucinantes d’abus de pouvoir commises par les élus municipaux. Le problème du Maire et des Élus municipaux, le problème de cette forme de pouvoir despotique, c’est de s’instituer chef des mœurs. En présence d’oligarchies municipales, il n’y a aucune espèce d’égalité entre les citoyens car les Élus font exactement ce qu’on fait parfois en privé quand on dîne avec des amis : on porte des jugements moraux sur les uns et les autres. La différence c’est que nos jugements moraux ne portent pas vraiment à conséquence : nous ne pouvons pas punir untel ou untel de ne pas avoir le comportement qu’on désire, on peut tout au plus leur refuser notre amitié ou notre aide. Or, l’esprit affreux d’un élu est tout autre : pouvoir punir ceux pour lesquels il porte un jugement moral négatif. Pouvoir dire qui est bien et dire qui est mal et agir contre qui est mal, c’est le but inavoué de tous ceux qui veulent un poste de pouvoir. Et in fine, c’est le PRINCIPE MÊME ET CACHÉ du fonctionnement du pouvoir.

Il n’y a pas de loi qui tienne : les gens pouvoirs distribuent des points et des avantages, c’est tout.
Un élu local peut tout refuser à un citoyen de façon arbitraire, uniquement au motif que le comportement du citoyen ne lui plaît pas (et ceci parfaitement en dehors des LOIS). Mais ce qu’il faut bien voir, c’est qu’il y a là tout le fantasme du despotisme et de la volonté de pouvoir : devenir le chef des mœurs. 36000 Macrons, c’est 36000 chef de mœurs, qui JUGENT toute la journée qui est un BON citoyen et qui est un MAUVAIS citoyens et qui distribuent ensuite aux BONS. Voulez-vous continuer comme ça ? CONTINUER AVEC DES COMMUNES DIRIGÉES PAR UN JUGE-FLIC-PSYCHIATRE-PROF-MATON-PAPA qu’on appelle MAIRE ?

Je pense que la solution a beaucoup de problèmes passe par le municipalisme, c’est-à-dire un pays organisé en communes subsidiaires de moins de 5000 habitants fonctionnant en démocratie directe. Dans cette configuration uniquement, chacun pourra retrouver sa part de pouvoir. C’est pour cela qu’il faut attaquer directement la forme actuelle du pouvoir municipal qui n’est pas démocratique une seule seconde.

Alors, oui, Macron démission ! Mais il y a aussi 36 000 Macron dans 36000 communes qui doivent démissionner et il faudrait peut-être leur dire au lieu d’opposer bêtement le méchant président et les gentils maires.

Cessons donc d’opposer le méchant Macron aux gentils maires ou gentils élus locaux. Car les élus locaux sont les pires : ce sont eux qui depuis des décennies auraient pu inverser les institutions, auraient pu donner au pouvoir central les gages qu’il attend tout en établissant un nouveau mode de vie avec les citoyens. Mais non, les « petits élus locaux » nous ont trahi en continu en étant constamment soumis à la forme du pouvoir impulsé d’en haut. Et ce sont les pires, car ce sont les plus hypocrites et les plus fourbes, qui tentent sans arrêt de nous faire croire qu’ils sont avec nous, qu’ils roulent pour nous, qu’ils seraient, eux, différents des « grand élus parisiens » ! Alors que ce sont les mêmes !

A mort, cette forme hideuse du pouvoir, à mort le despotisme municipal et vive la démocratie directe municipale ou chacun peut exister.

Et pourquoi ne faudrait-il pas CASSER ? Pour ma part, je suis pour la démolition contrôlée, comme pour les tours du World Trade Center en 2001.
Il y a tout de même bien quelque-chose à casser : tout un monde pourri. Des giga-tonnes d’infrastructures hideuses à la botte de la finance et des industriels. Comment ça il ne faut pas casser les banques ? Comment ça, il ne faut pas casser tous ces châteaux de nobles ? Comment ça, il ne faut pas casser toute cette structuration de l’espace en panoptisme sécuritaire au service des marchands ? Comment ça, il ne faut pas arracher aux CRS leur tenue de Robocop pour leur filer un jean et un T-shirt pour qu’ils redeviennent humains ? Comment ça il ne faut pas tout casser pour que la nature puisse enfin respirer ? La totalité de ce monde est à détruire et à reconstruire autrement. Alors oui cassons tout, mais pas les gueules, that’s all. Longue vie aux Gilets Jaunes ! Vive la Révolution !

Sylvain Rochex, 4 décembre 2018.



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