Edouard Philippe vient d’offrir un «cadeau» aux «gilets jaunes» sous la pression des manifestations. A y regarder de plus près, ce gel des taxes de six mois nous mène au 1er juin 2019, soit une semaine après les élections européennes du 26 mai pour lesquelles Emmanuel Macron fait campagne. Drôle de coïncidence.

Les coïncidences sont parfois troublantes. Et les dates que vient d’avancer Edouard Philippe pour calmer la contestation des «gilets jaunes» ont vraiment de quoi semer le doute. En effet, après trois semaines de refus de faire marche arrière, le Premier ministre et le Président ont finalement accepté de «prendre des mesures».

En particulier en ce qui concerne les taxes sur le carburant, le contrôle technique, et les prix du gaz et de l’électricité:

«Trois mesures fiscales devaient entrer en vigueur le 1er janvier prochain: la hausse de la taxe carbone sur l’essence, le fioul et le diesel, la convergence de la taxation du gasoil sur l’essence et l’alignement de la fiscalité du gasoil pour les professionnels avec celle appliquée aux particuliers […]. Je suspends pour six mois l’application de ces mesures fiscales», a-t-il déclaré.

Le Premier ministre a assuré avoir pris ces décisions car «il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas voir ni entendre cette colère. Je l’entends et j’en mesure la réalité, la force et la gravité. C’est la colère de la France qui travaille dur et qui peine à joindre les deux bouts».

Reste que le calendrier transmet un autre message. Devant entrer en vigueur, ce gel est donc valable jusqu’au 1er juin 2019, soit une semaine après les élections européennes dans lesquelles Emmanuel Macron et son parti En Marche! s’investissent afin de former un bloc pro-européen libéral face aux eurosceptiques, représentés par Sebastian Kurz, le leader autrichien, ou Victor Orban, le Président hongrois.

Une chute alarmante de la popularité pour Emmanuel Macron présenterait donc le risque de subir une défaite face à ces courants sur la scène européenne, ce que le Président français souhaite bien évidemment éviter.

Difficile, à une semaine d’écart, de ne pas lier ces annonces de gel à ces élections, dans le simple but de se favoriser une assise électorale avant de relancer la contestation une fois que les urnes se seront éloignées.

Quoiqu’il en soit, difficile de dire si ces annonces d’Edouard Philippe calmeront la constatation des «gilets jaunes» et conduiront à une annulation des rassemblements organisés sur les réseaux sociaux à Paris.

https://fr.sputniknews.com/analyse/201812041039170843-gilets-jaunes-edouard-philippe-europeennes/



Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *