Le samedi 1er décembre restera peut-être dans l’histoire du mouvement des gilets jaunes comme un point de bascule. Les nombreuses violences qui ont émaillé les manifestations à Paris et ailleurs ont augmenté en intensité. Des scènes de guérillas et de pillages ont inondé les écrans de télévision avec toujours le même objectif : confondre des Français désespérés par la politique du Gouvernement et des casseurs professionnels mêlés à de la racaille. Car à force de jouer le pourrissement, ce sont des bandes qui marchent sur Paris et pillent tout ce qui se trouvent sur leur passage.

La stratégie du Gouvernement va-t-elle finir par payer ? Les prochains jours feront office de verdict, mais dans les couloirs de Matignon et dans l’avion présidentiel qui ramène un président enchanté par son passage en Argentine, on sabre déjà le champagne. Non, les Français n’ont pas remisé leur gilet jaune dans la boîte à gants, mais la manifestation parisienne a pris la tournure que souhaitait le Gouvernement. Pas mal de gilets jaunes, mais surtout des émeutiers venus en masse pour faire de belles images d’affrontements qui pourront tourner en boucle pendant une semaine après plus de douze heures de direct.

Le Gouvernement veut-il le chaos… ?

A force de montrer de telles images, les Français qui n’habitent pas la capitale pourraient finir par croire que les gilets jaunes ne sont que des fous furieux qui veulent faire tomber la République (et la démocratie ?). Heureusement, que les Français enfilent pour beaucoup un gilet jaune et expriment leur soutien lorsqu’ils passent devant leurs compagnons d’infortune. Ils savent que la nature du mouvement est tout autre et que ce qui se trame à Paris n’est qu’une onde de choc qui sert le Gouvernement dans son story telling.

Mais comment peut-on en arriver à de telles scènes après autant de coups de semonce et un échec sécuritaire cuisant essuyé le samedi 24 novembre sur les Champs-Elysées ? Plusieurs éléments laissent à penser que le pouvoir ne fait pas tout pour éviter des scènes de guérillas urbaines. Pourquoi bloquer les gilets jaunes deux heures le matin du 1er décembre aux postes de vérification qui donnent accès aux Champs-Elysées ? Pourquoi le mobilier urbain n’a-t-il pas été enlevé ? La même question s’était posée samedi dernier, mais il semble que le ministère de l’Intérieur n’apprend pas de ses erreurs. Ainsi, les barricades ont été érigées et des engins de travaux publics incendiés. Voilà pour les violences matinales.

Le nombre des interpellations à Paris s’affichait sur toutes les chaînes tel un téléthon policier. Des flics clairement pas assez nombreux et préparés puisque plusieurs de leurs véhicules ont fini dans les flammes tandis que des pseudo-gilets jaunes investissaient et détruisaient l’antre de l’Arc de Triomphe avant d’arriver à son sommet et crier leur haine de la police. Des scènes qui ne devraient pas avoir lieu et qui doivent amener les Français à se dire qu’il est temps de rentrer chez soi et ouvrir un dossier à la Banque de France pour surendettement tout en continuant à regarder Macron se pavaner aux quatre coins du monde.

« Qu’ils viennent me chercher » lançait Jupiter aux députés En Marche à l’abri derrière les murs fortifiés de l’Elysée. C’était la belle époque où Benalla se permettait de jouer au flic et de tabasser des manifestants. Les forces de l’ordre interdisent désormais d’accéder à moins de 500 mètres de l’Elysée et ce sont les casseurs qui font la loi dans la rue. La journée s’est donc poursuivie avec des voitures et des établissements vandalisés et incendiés. Des pillages ont eu lieu sans que la police ne reçoive l’ordre d’intervenir (encore ce satané besoin de faire des images spectaculaires ?). Les commerçants peuvent légitimement se plaindre, mais la raison voudrait qu’ils se plaignent d’un Gouvernement qui ne fait pas grand-chose pour circonscrire les violences.

…Il finira par lui échapper complètement

Que penser de Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur qui a été mis à ce poste pour donner un peu de crédibilité à un Castaner qui n’en aura jamais ? Pourquoi donc ce Nunez qui devait être à un poste de commandement passe-t-il des heures à la télévision pour commenter ce qui se passe en direct ? Le Gouvernement est dans le spectacle et ce dernier doit-être le plus spectaculaire possible ! On remercie les policiers pris pour cible par les émeutiers et on se donne rendez-vous samedi prochain pour une journée de foutoire. A force, ils vont vraiment finir par enlever tous les gilets jaunes des rues. Ils n’auront plus que des casseurs et des racailles venus se faire un peu de maille en proférant leur haine de la France.

A jouer le pourrissement, le Gouvernement a réveillé des démons. Pas ceux de  « la peste brune », mais ceux qui gangrènent aujourd’hui trop de quartiers en France. Place donc aux petites frappes et aux anti-France pour achever un mouvement qui a eu l’audace de vouloir sauver les Français en se débarrassant de Macron. Il ne reste plus qu’une chose à faire : continuer à revendiquer et à protester pacifiquement en se faisant voir et entendre. Même en insistant sur les casseurs et brûleurs de préfecture, le pouvoir ne pourra pas ignorer indéfiniment la France qui gronde et qui ne s’humilie pas dans les pires violences.





Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *