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10 décembre 2018

« Sauvons des vies. Les 10 règles simples pour organiser un barrage «sûr» ! » L’édito de Charles SANNAT.. – Les moutons enragés



Charles Sannat pour InsolentiaeIl est important de respecter la loi, blablablabla… Il faut déclarer vos manifestations blablablabla… La législation blablabla et toutes les formules d’usage pour vous dire que je n’incite à rien et n’appelle à rien et que comme tout bon Normand qui se respecte, je ne suis ni pour ni contre, mais toujours profondément attentif à la détresse et à la souffrance des gens.

Étant pragmatique, pour celles et ceux qui décident d’agir autrement, n’allez pas vous faire tuer bêtement. Chaque vie compte. C’est le sens de cet article. Je ne vous dis pas s’il faut ou pas manifester.

Si vous le faites, préservez la vie.

Si vous êtes opposé à ce mouvement, préservez la vie.

Gardons-nous, collectivement, d’ouvrir la boîte de Pandore de la violence.

Les blessés sont le fait essentiellement de ceux qui forcent les barrages. RIEN ne justifie d’écraser quelqu’un.

Rien.

Je rappelle au passage que si bloquer est illégal, tuer un être humain est un homicide.

Comme je lis des commentaires qui justifient d’écraser des gens, je rappelle juste que si personne n’ira en prison pour une manifestation même illégale, ceux qui écrasent sont directement incarcérés en préventive.

Que personne ne se méprenne donc dans la hiérarchie de la gravité des actes. Il serait souhaitable que le gouvernement communique sur ce point avec la même force que celle qu’il utilise pour parler de l’illégalité des blocages.

Pour vous le dire autrement, tuer quelqu’un, même si vous le trouvez con, qu’il soit vêtu d’un gilet jaune, qu’il pue le gasoil et qu’il fume des clopes… ce n’est pas légal !! Être détenteur d’une carte de membre de chez En Marche ne constitue pas un joker, ni une cape d’invisibilité…

Ne pas le faire le rend coupable.

Comme je vous le disais hier, le gouvernement n’aidant pas en ne donnant pas les consignes ni les ordres nécessaires pour permettre de sauver des vies, nous devons, nous, citoyens, sensibles à la vie et à l’intégrité physique de tous, organiser au mieux les choses.

Je me souviens, quand Jospin était ministre de l’Éducation nationale, les « jeunes » manifestaient. J’étais au lycée en classe de seconde… et dans les manifs. Évidemment, rien n’était déclaré, et quand on sortait du lycée pour aller mettre le « bazar » dans la rue, personne n’avait rempli le CERFA pour la préfecture. Cela n’empêchait pas la police de rappliquer dare-dare, et d’avoir un camion à l’arrière du cortège et une voiture devant… Bref, l’État pourrait faire différemment, mais quand l’État est défaillant volontairement ou non, c’est le moment d’assumer nos rôles de citoyens.

Le drame dont nous avons été samedi les témoins m’amène donc à partager avec tous ceux qui le voudront bien quelques techniques de sécurisation indispensables à mettre en œuvre, mais aussi je l’espère un retour d’expérience précieux. J’espère que vous les partagerez massivement.

Avant toute chose, sur cette photo où les pompiers viennent juste d’arriver, personne n’a encore sécurisé les lieux. Les voitures passent, le trafic n’est pas stoppé, et le sur-accident peut arriver à n’importe quel instant. Pourtant, les pompiers sont là. Bon, à ce moment-là, c’est encore « chaud » et il y a 4 blessés dont deux graves à prendre charge. Mais c’est l’exemple de ce qu’il faut penser en amont pour réagir au mieux après.

Commençons donc par comprendre les dangers par un exemple dramatique et réel survenu samedi dernier.

Voilà donc tout ce qu’il ne faut pas faire ou… presque !

Le barrage filtrant est bien plus dangereux qu’un barrage bloquant !!

Comme vous le savez, le gouvernement n’a cessé de répéter que les blocages étaient interdits.

La conséquence c’est des centaines de blessés, déjà un mort, et compte tenu de la gravité de certains blessés, il est à craindre qu’il y en ait d’autres.

Comment donc organiser le barrage le plus « sûr » tout en sachant qu’il n’y a rien de parfait avec un risque 0.

Les bonnes pratiques en 10 règles simples et en images !

1/ Séparez piétons et voitures !
Les piétons gilets jaunes ne doivent pas se trouver sur la trajectoire des véhicules. Ce principe doit être répété à tous régulièrement et à tous les nouveaux venus sur un point de blocage. Imprimez les consignes et faites-les lire à tous.

2/ Ne tentez jamais de stopper des véhicules fous !
C’est un réflexe et pourtant, un piéton n’a aucune chance contre un véhicule qui fonce sur lui. Prévoyez les trajectoires d’échappement pour ces véhicules fous et que personne ne s’y trouve jamais.

3/ Ne vous mettez jamais au milieu des ronds-points…
Sinon, c’est un jeu de quilles !! Sur les côtés, organisez des abris hors de portée des véhicules pour les gilets jaunes. Utilisez vos voitures comme protection, ou tout obstacle capable de stopper un véhicule. Installez-vous derrière. Dans la même logique, soyez toujours sur le côté des véhicules. Jamais en face. Utilisez des banderoles tenues par des gilets jaunes de part en part des véhicules. Jamais devant… (Voir schémas plus bas.) Chantez, dansez, puis soulevez la banderole en avançant et en libérant le véhicule en restant toujours sur une position latérale. Si le véhicule force, il foncera dans votre banderole !!!

4/ Cassez la vitesse !
Il faut casser la vitesse des véhicules qui arrivent par la mise en place de chicanes annoncées par les triangles de signalisation qui vont avec les gilets jaunes !!! Je vais vous faire quelques schémas plus bas.
Les chicanes doivent obliger à passer au pas. Ce n’est pas compatible avec le passage de camions. Choisissez des points de blocage où vous pouvez organiser une déviation pour les poids lourds.

5/ Gérez la psychologie !
En amont, et juste avant les chicanes et après les triangles de signalisation, annoncez le fonctionnement de votre barrage sur une banderole ! « Ici barrage filtrant, temps d’attente de 2 minutes et vous pourrez passer. Ici barrage symbolique »… Ce simple mot en amont va « détendre » l’automobiliste fragile du ciboulot !
Autre conseil… Indiquez sur une banderole : « Si vous êtes dans une situation d’urgence, signalez-le aux gilets jaunes positionnés ici, nous vous libérerons la route immédiatement. »
En clair, gérez la psychologie des furieux, et évitez qu’ils deviennent des « fous furieux » en étant plus « sages » qu’eux !

6/ Pensez à chausser vos godasses de sécurité !!!
Cela évitera les pieds écrasés, l’une des blessures les plus courantes dans les contacts entre piétons et voitures !!! Chaussures de sécurité en vente à la Halle aux chaussures pour 20 à 40 euros ! Dans le même genre, quand il y a beaucoup de monde, des feux de palettes, et autres joyeusetés on pense à une couverture anti-feu sur le barrage et à un extincteur pour le groupe de secours (Voir l’organisation de base en 5 groupes plus bas).

7/ Mettez en place une procédure d’alerte « forçage »
Les sifflets coûtent quelques centimes d’euros et sont suffisants pour gérer un système d’alerte simple et efficace. La première équipe de gilets jaunes est positionnée à 300 m en amont du point de blocage entre la fin des triangles de signalisation et le début des chicanes. Ils sont sur les côtés, derrière un abri. Cela peut être un arbre qui les protégera. Les platanes gagnent toujours contre les voitures ! À cet endroit, il y a les bannières de gestion « psychologique ». Cette première équipe doit sourire, « détendre » l’atmosphère et demander s’il y a une urgence… Si cette équipe détecte un danger ou de l’énervement, elle doit laisser passer et siffler pour avertir le point de blocage en aval. Prenez l’initiative de laisser passer et de ne pas retenir quelqu’un signalé comme énervé par vos gilets jaunes en amont. (Voir schéma général)

8/ Organisez une équipe de premiers secours !
Passez un appel à tous les secouristes de votre zone pour tenter de constituer des équipes de secouristes ou pour avoir un secouriste bénévole sur chaque point de blocage. Les secouristes doivent être identifiables par tous y compris par les forces de l’ordre ou les premiers secours qui interviendront. Le symbole c’est… la croix rouge !! Une croix rouge sur un gilet jaune sera suffisante. Sinon, gilets jaunes en jaune et secouristes en gilets oranges.

9/ Faites le point des ressources locales !
Localement, vérifiez la présence d’un défibrillateur à proximité. C’est le cas souvent dans les ERP (établissements recevant du public). Toutes les grandes surfaces ou presque en ont. Posez-vous la question avant… pas après l’accident !

10/ En cas de drame, on contacte le 15 ET le 18 !
Le 15 vous permet d’avoir un médecin régulateur en ligne presque immédiatement. Le médecin régulateur vous guidera dans les premiers gestes de secours à prodiguer même si vous n’êtes pas secouriste. En cas de drame, bloquez tous les accès sauf celui pour les secours. Il faut éviter le sur-accident. Faites faire demi-tour à tous les véhicules au niveau des chicanes en amont et juste après les triangles de signalisation où vous avez l’équipe amont. Expliquez qu’il y a eu un accident et que les secours sont sur place, etc.

Cassez la vitesse avec des chicanes (les rectangles bleus en quinconces). N’oubliez pas de le faire sur une distance importante.

La règle absolue ? Personne face aux voitures et sur la trajectoire des véhicules. 

Un bon manifestant est un manifestant vivant.

Les manifestants morts se taisent à tout jamais, alors mettez la sécurité de tous au centre de vos préoccupations et de vos actions.

Organisez-vous. Le principe est toujours le même depuis les manifs étudiantes ! Rien ne change vraiment.

Voici l’organisation de base en 5 groupes.

1/ Un groupe pour assurer l’ordre et modérer (brassard blanc autour du bras) ;

2/ Un groupe secouriste pour… secourir (croix rouge ou gilet orange) ;

3/ Un groupe « communication » pour filmer et assurer la coordination entre les participants. Les téléphones portables sont un outil génial pour une fois pour ce genre d’événement. Filmer modère le comportement de tous. Vous pouvez également utiliser les diffusions en direct ;

4/ Un groupe logistique pour organiser les transports, le ravitaillement, etc. ;

5/ Un groupe de surveillance… pour guetter les mouvements de ce qui peut menacer l’existence de votre point de protestation. Les guetteurs sont positionnés au moins un kilomètre avant pour laisser le temps d’aviser le gros « des troupes » et permettre une évacuation. Prévoyez les itinéraires de replis et les points secondaires de regroupement.

Faites tourner et pensez toujours à privilégier et à tout faire pour sauvegarder les vies humaines.

En toute circonstance, ne cédez pas aux provocation et préservez la vie. Préservez la vie.

L’histoire jugera ceux qui en auront fait autrement.

Un geste simple, partagez ces consignes au plus grand nombre!!

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Charles SANNAT



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