La mobilisation du samedi 17 novembre a été très suivie en France malgré les invectives du ministre de l’Intérieur. Même le drame qui s’est produit en Savoie et les tentatives iniques de faire passer le mouvement pour une résurgence néonazie se sont brisées sur la colère des Français. Les gilets jaunes deviennent le cauchemar du Gouvernement. De nouvelles opérations sont toujours en cours et la Macronie retient déjà son souffle face à « l’acte II » du mouvement prévu à Paris le samedi 24 novembre.

Ce sont près de 300 000 personnes mobilisées dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur. Le chiffre montre l’ampleur de la grogne. Une colère que ne peuvent plus nier les Cerbères de la Macronie qui ont eu tendance en début de journée du 17 novembre à minimiser la mobilisation. Mais les 2 000 points de blocage et la peur de rendre plus en colère les gens en minimisant trop le phénomène ont amené Castaner à revoir un peu sa copie. Ils sont donc environ 300 000 personnes à avoir pris le risque d’être envoyés en prison pour bloquer les routes de France. Les menaces du ministre de l’Intérieur n’auront pas suffi. Celui qui a fait le tour des radios et des télévisions la semaine dernière pour dire que les participants de manifestations non déclarées et approuvées par la préfecture risquaient jusqu’à six mois de prison et 7 500 euros d’amende s’est retrouvé enfermé dans son ministère…

La mobilisation malgré les menaces

Une menace pas prise au sérieux dans un pays où les délinquants multirécidivistes sont libres comme l’air. Pourtant en Macronie, le renversement des valeurs est tel qu’un gilet jaune peut-être considéré comme une menace plus grave qu’un salafiste qui se procure des armes… Heureusement, le nombre aidant, la plupart des gilets jaunes n’ont pas été arrêtés par des policiers et gendarmes qui auraient troqué avec plaisir leur uniforme pour… un gilet jaune. Car, le mouvement n’est pas seulement celui de personnes dépeintes comme des salauds qui souhaitent polluer toujours plus. Les gilets jaunes regroupent beaucoup de mécontents qui en ont assez d’être pris pour des vaches à lait. Après avoir augmenté les impôts à fond sous Hollande, Macron augmente démesurément les taxes en tant que président.

On comprend que les gilets jaunes parisiens se soient rendus à l’Elysée pour faire comprendre au chef de l’Etat ce qu’ils pensent de lui. Bloqués à quelques encablures du Palais présidentiel, les gilets jaunes ont été gazés et chassés afin de préserver la paix d’un président qui avait préféré jouer aux abonnés absents en se rendant à Berlin. Mais ce n’est que partie remise puisque un nouveau mot d’ordre est lancé. « Toute la France à Paris » le 24 novembre prochain ! La capitale pourrait bel et bien être bloquée en de nombreux points, mais que les macronistes se rassurent, le président, s’il est présent cette fois, sera bien à l’abri derrière les murs de l’Elysée protégés par la moitié des CRS de France.

Macron est la cible bien identifiée des gilets jaunes à Paris et en province, mais c’est son Premier ministre qui s’occupe de faire le boulot en venant au 20 heures de France 2. Edouard Philippe n’a rien à proposer alors il se dit à l’écoute et ne change pas d’un iota la politique de racket fiscal du Gouvernement. Cette courte sortie télévisée bien vide avait en fait pour seul objectif de montrer que le pouvoir a bien saisi l’ampleur de la mobilisation. Une parole pour dire que la colère existe, mais que rien ne sera fait pour la calmer. Edouard Philippe a tout de même réussi à dire que les nouvelles taxes sur le carburant n’étaient pas sa faute.

La faute à qui alors ? A Ségolène Royal pardi ! « Aujourd’hui, si on a un problème de financement des infrastructures, c’est probablement parce qu’à l’époque des bonnets rouges, le gouvernement – parce qu’il a été impressionné – a changé de plan » affirme le Premier ministre. Aïe ! Un beau tacle envoyé à l’ancienne ministre de l’Ecologie qui tente justement un énième retour au premier plan de la scène politique. Il y a le feu à la maison Royal et elle a sorti la machine à tweets pour se défendre. « Non ! Je n’ai pas été impressionnée, j’ai écouté, travaillé et découvert un projet injuste et aberrant signé par François Fillon et aux financements étranges. Quand une réforme est mauvaise, humilité de la changer ».

On attend un tweet du banquier Fillon pour dénoncer à son tour la politique de son prédécesseur et pour en arriver au fur et à mesure à l’origine des problèmes de la France à savoir la fin des barrières d’octroi. Qui sait si leur disparition n’est pas à l’origine de tous nos maux ? Le racisme aussi ? Pourquoi pas tant qu’on y est ! C’est une corde sur laquelle tente de jouer discrètement un Gouvernement hagard incapable de comprendre un mouvement constitué des classes moyennes en pleine paupérisation. Un Gouvernement qui souhaiterait faire des gilets jaunes d’horribles nazillons. Alors on sort une vidéo où une automobiliste noire est insultée pour faire des gilets jaunes de dangereux soutien au nazisme. La ficelle st trop grosse, n’a pas fonctionné et ne fonctionnera pas.

Plusieurs options restent cependant ouvertes au Gouvernement. Arrêter son matraquage fiscal, mais cela reviendrait à renoncer à l’essence même du macronisme. Le Gouvernement peut espérer que le mouvement s’essouffle de lui-même et que les blocages encore recensés aujourd’hui cessent au cours de la semaine. Enfin, l’exécutif peut travailler à une bonne explosion de violences le samedi 24 novembre pour dérouler le fil du mythe proto-nazi dans lequel il veut enfermer les gilets jaunes…





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