De manière générale, l’ensemble des radars et systèmes anti-aériens sont en alerte. Deux intercepteurs à très grande vitesse et deux chasseurs MiG-21 sont envoyés en patrouille permanente. Des équipages d’alertes se relaient au sol et dans le cockpit de leurs avions, à Blida, Boufarik, Annaba et Oran.

En septembre 1988, des officiers du 11e groupement des missiles anti-aériens, basés à Alger, sont chargés d’établir un périmètre de défense éloigné de la capitale. Ils ont à leur disposition trois sites, à Réghaia, à Ouled Fayet et aux Eucalyptus, et un régiment complet de missiles Petchora capables d’abattre un avion à 25 kilomètres.

La mission de préparation consiste à vérifier que tous les équipements sont paramétrés et calibrés et que les moyens de communication avec les commandements fonctionnent.

Les hommes du 31e Groupement de batteries de missiles sol-air (GBMSA), qui dépendent de la défense contre avion de l’armée de terre, eux, partent de zéro.

Basés à Annaba, à l’est du pays et à Aïn Oussara, au sud d’Alger, ils doivent identifier les meilleurs endroits pour déployer les batteries de missiles anti-aériens de courte portée OSA-AK.

Le choix se porte sur le sommet surplombant le quartier de Aïn Benian, à l’ouest de la capitale. Avec une vue panoramique sur l’ensemble de la baie d’Alger, cette position se trouve à quelques encablures du Palais des nations où doit se tenir la conférence.

Les militaires reçoivent l’ordre d’établir une zone d’interdiction aérienne de vingt kilomètres de rayon autour de la capitale et une zone de contrôle de 200 kilomètres.

Sur le site même du Palais des nations, ils déploient des batteries de missiles de courte portée Strela 2M sur blindés. Ils sont le dernier recours dans le cas où l’ennemi parviendrait à déjouer les radars et s’approcher du site.

Le 31e GBMSA dispose également de sa propre Batterie de reconnaissance et conduite de tir (BRCT) qui comprend, en arrière, des radars soviétiques radar P15 et PRV qui déterminent sur de longues distances la position et l’altitude de l’ennemi.

Toutes les données captées par les différents radars utilisés sont centralisées et transmises à 60 kilomètres au sud d’Alger dans le mont Chréa, à ce qui est appelé le Centre de détection et de contrôle (CDC) chargé de donner l’ordre de tir et d’aiguiller l’aviation pour d’éventuelles interceptions.
Un écho radar

À Annaba, à 500 kilomètres à l’est de la capitale, un autre CDC prend en charge les menaces venant de l’est, en miroir avec le centre de Chréa.

En mer, la marine algérienne vient donner plus d’allonge aux radars au sol avec les corvettes Koni déployées entre Alger et Annaba. Sous l’eau, l’ensemble des sous-marins algériens sont de sortie pendant plus de deux mois. Deux Roméos et deux Kilos flambant neufs chassent d’éventuels intrus.

Fin octobre au moins une frégate soviétique se déploie à Alger, une Krivak. Son radar puissant donne des capacités supplémentaires de détection. Une seconde frégate aurait effectué des patrouilles au large de la façade maritime-est algérienne.

À cette époque, les Soviétiques avaient placé leur navire sur le quai de marchandises du port d’Alger, visible par toutes les chancelleries dont les sièges surplombaient le port.

Le 10 novembre, alors que le congrès démarre, un écho radar est capté par les radars algériens à Annaba et à Alger. Il représente une formation serrée de chasseurs inconnus arrivant de l’est de la Méditerranée. Ils avaient bifurqué vers la Sardaigne après avoir dépassé la Sicile et s’étaient regroupés pour pointer au sud.

En parallèle, raconte un officier du CDC de Chréa à MEE, une station d’écoute capte les communications d’un pilote d’Air France survolant la Sicile. Il demande si un bulletin NOTAM (Notice to Airmen) pour un quelconque exercice militaire a été émis en apercevant des appareils non identifiés et armés près de son vol.

À Reghaia, à l’est d’Alger, la BRTC du 31e GBMSA qui capte les échos anticipe les événements et demande la confirmation de l’ordre de tir au CDC.



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