Après avoir suscité l’engouement médiatique et politique, les «gilets jaunes» s’apprêtent à bloquer des routes partout en France le 17 novembre. Si la mobilisation semble plébiscitée par les Français, l’exécutif serait quant à lui «tétanisé».
Selon un article publié ce 12 novembre sur le site du Figaro, le camp d’Emmanuel Macron peinerait à rester serein face à l’ampleur prise par le mouvement des «gilets jaunes», ces Français qui entendent protester contre la hausse des taxes sur les carburants.

Tout le monde est tétanisé. Ça peut partir en vrille.

Alors que l’appel au blocage des routes françaises, le 17 novembre, semble soutenu par une écrasante majorité de la population (78% des Français estiment l’action justifiée, selon un récent sondage révélé par France info), le gouvernement serait lui dans la tourmente. «Tout le monde est tétanisé. Ça peut partir en vrille», reconnaît un de ses membres, cité par Le Figaro.

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a fait part de ses interrogations quant aux questions de sécurité que pose cette mobilisation. Après avoir tout d’abord attribué le mouvement aux «extrêmes qui se saisissaient politiquement» de la colère des Français, elle a expliqué redouter la solidarité de certains syndicats policiers pour les gilets jaunes. Une solidarité qui s’exprime notamment par l’opération «zéro PV», annoncée par le syndicat de Police SGP FO. Et l’ancienne DRH du groupe Danone de s’interroger : «Ce jour-là, ils vont autoriser à utiliser les places handicapées […], autoriser quelqu’un à brûler un feu rouge ?»

La pédagogie ne passe pas.

Alors que d’autres syndicats n’ont pas officiellement intégré le mouvement (les directions respectives de la CGT et de la CFDT ont par exemple exprimé leurs réticences face à une telle mobilisation), le camp présidentiel s’apprête à faire face à une nouvelle forme de contestation : celle d’un mouvement citoyen affranchi des structures syndicales traditionnelles. «Ce n’est pas un mouvement habituel […], la pédagogie ne passe pas», expliquent deux proches d’Emmanuel Macron cités par Le Figaro. «[Le] mouvement […] est un réceptacle des frustrations sur le pouvoir d’achat», ajoutent-ils.

Le mouvement des gilets jaunes est né il y a quelques semaines d’une inquiétude quant à la hausse des prix du carburant, en marge du mécontentement lié au projet gouvernemental d’augmentation des taxes pour l’année 2019 : de 6,5 centimes par litre sur le diesel et de 2,9 centimes sur l’essence. A droite comme à gauche, de nombreuses personnalités politiques de l’opposition se sont d’ores et déjà montrés favorables à l’initiative, d’aucuns dénonçant une «écologie punitive» ou encore une «taxation du travail».


A l’approche du 17 novembre… les prix du carburant baissent

Quant aux coûts à la pompe, comme l’a noté l’AFP ce 12 novembre après avoir recoupé les données hebdomadaires du ministère de la Transition écologique et solidaire, les prix du carburant seraient en baisse comparés à la semaine passée. Le litre de super sans plomb 95 aurait ainsi baissé en moyenne de 5,88 centimes et celui du sans plomb 98 de 5,54 centimes. Le diesel aurait quant à lui baissé de 3,10 centimes.

Une variation sur la semaine que Jean Quatremer, spécialiste de l’Union européenne pour le quotidien Libération, n’a pas tardé à relayer, via son compte Twitter. La semaine passée, il expliquait (sur le même réseau social) considérer les gilets jaunes comme un «mouvement de beaufs […] largement d’extrême droite», n’hésitant pas à recadrer sèchement les internautes exaspérés par son tweet, jusqu’à qualifier les remarques de certains de ses détracteurs d’«opinions de connards».

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«Partout où il y aura un blocage… nous interviendrons», «On verra qui lâchera le premier»: la Toile répond à Castaner.

«Partout où il y aura un blocage, et donc un risque pour les interventions de sécurité et aussi la libre-circulation, nous interviendrons», a prévenu Christophe Castaner en prévision des blocages prévus le 17 novembre. «Alors maintenant le droit de manifester n’est plus un droit à valeur constitutionnelle», répondent les internautes, scandalisés.

Les forces de l’ordre interviendront pour lever tout «blocage total» lors la journée de mobilisation des «gilets jaunes» le 17 novembre contre la hausse du prix des carburants, a promis mardi le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.

«Je demande qu’il n’y ait aucun blocage total. (…) Partout où il y aura un blocage, et donc un risque pour les interventions de sécurité et aussi la libre-circulation, nous interviendrons», a-t-il affirmé sur BFMTV, demandant également aux organisateurs de déclarer leurs manifestations en préfecture.

De plus, il a estimé que le mouvement du 17 novembre était «irrationnel mais réel.»

Toutefois, les promesses et le ton ferme du responsable n’ont pas produit l’effet escompté sur les internautes… Commentant l’interview de l’homme politique, de nombreuses personnes ont défendu le mouvement:

Le Net n’a également pas apprécié l’idée d’une intervention des autorités:

 Toutefois, certains internautes ont mis en doute l’utilité du mouvement, affirmant que le blocage pourrait être contre-productif.

De nombreux collectifs de citoyens, baptisés «gilets jaunes», ont appelé à une journée de blocage des routes ce samedi 17 novembre pour protester notamment contre la hausse du prix des carburants, dont l’ampleur reste difficile à mesurer.





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