Après une semaine à sillonner le nord et l’est de la France – un pays qu’il ne connaît toujours pas – Emmanuel Macron est rentré à l’Elysée en compagnie de dizaines de chefs d’Etat invités à commémorer la fin de la Première Guerre mondiale. Un centenaire chargé en symboles, mais malheureusement pas ceux qui devaient être mis en avant. L’idéologie aidant et campagne européenne oblige, Macron a discouru sur les bienfaits d’un européisme dont les conséquences seront à terme extrêmement fâcheuses.

1,5 millions de Français morts sous les obus et la mitraille allemande, 5 à 6 millions de mutilés, 10 millions de combattants tués sur l’ensemble des théâtres d’opération : la Grande Guerre a marqué les esprits et résonne avec force au lendemain des commémorations du centenaire de l’armistice de 1918. Un événement exceptionnel que les équipes de Macron se sont chargées de transformer en grand rassemblement politique destiné à promouvoir une vision du monde dangereuse.

La paix dans la soumission et dans le déni d’identité

« Souvenons-nous, n’oublions pas car le souvenir de ces sacrifices nous exhorte à être dignes de ceux qui sont morts pour nous. Les démons anciens ressurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. Des idéologies nouvelles manipulent des religions, prônent un obscurantisme contagieux, l’Histoire menace parfois de reprendre son cours tragique et compromettre notre héritage de paix que nous croyions avoir définitivement scellé du sang de nos ancêtres ». Ces quelques phrases prononcées par Emmanuel Macron résume plutôt bien sa semaine de vraies-fausses commémorations. Le regard embué devant une tombe le matin, le sourire carnassier devant un Français qui se plaint de la cherté des carburants l’après-midi, Macron n’a pas passé sa semaine à commémorer, mais à faire de la politique.

Les journalistes sont ravis, le président est sur le terrain, proche des Français même s’il n’est responsable de rien à commencer par le prix des carburants. Le gasoil augmente de manière délirante ? C’est la faute aux cours du pétrole et non aux taxes sur le carburant selon « bibi ». Oui, « bibi » ! Jupiter emploie désormais les mots les plus simples possibles lorsqu’il est face à la populace. Des Français qui pour beaucoup n’ont qu’indifférence pour cette farce jupitérienne comme le prouve ce moment illustre où Macron se rend dans un café pour se faire mousser. Sauf que personne n’a rien à lui dire et que ce dernier tout penaud lance à plusieurs reprises « dites-moi quelque chose ! ».

Les Français n’ont au mieux rien n’a lui dire. Il devrait s’en contenter, mais non. Macron parle des morts pour mieux convaincre les vivants qu’il est la seule solution à leurs problèmes. Macron demande aux Français de se souvenir des sacrifices de leurs grands-parents et arrières grands-parents, mais dans quel but ? Faut-il se souvenir des morts qui ont combattu héroïquement les Allemands pendant près de cinq années sur le sol français pour éviter de sombrer dans le chaos et la soumission ? Ou faut-il juste se souvenir que la guerre c’est mal et que le remède s’appelle le chaos européen et la soumission à l’Europe allemande ?

L’Allemagne d’aujourd’hui a renoncé aux armes (la preuve, c’est la France qui se charge de sa « sécurité » en Afrique et au Moyen-Orient). Mais ce n’est pas parce que Paris et Berlin sont en paix que l’on doit occulter les grandes victoires françaises lors de la Grande Guerre. Des victoires lourdes en vies humaines qui ont permis à la France de rester libre et de ne pas finir sous le joug allemand comme l’Alsace et la Lorraine. Une France restée de justesse libre, car les Français avaient la force et le courage de se sacrifier pour cet idéal. Cent ans plus tard, le seul idéal permis est la course au pognon de dingue et à la destruction de l’identité française. La France de 2018 a déjà baissé les armes (en premier lieu intellectuelles) pour une mise à mort par ses propres élites.

Des élites qui n’ont donc pas célébré les victoires à la demande d’un Berlin susceptible qui n’aime pas qu’on lui rappelle qu’elle a perdu les deux grandes boucheries du XXe siècle qu’elle a déclenché. Malgré les pudeurs allemandes, il est encore autorisé de célébrer la victoire sur le nazisme, car les dénonciations d’un néo-nazisme permettent encore d’enrôler l’électeur idiot. Le message à faire passer est moins commode dès lors qu’il s’agit de la Première Guerre mondiale, mais la rhétorique n’est jamais en manque de ressources. L’enjeu d’alors était la frontière alors pour éviter de nouveaux millions de morts, il faut supprimer les frontières. Il suffisait d’y penser.

Les journalistes se régalent de messages subliminaux envoyés aux dirigeants de la planète invités à Paris ce dimanche 11 novembre. Quelle tartufferie ! Les trois mots destinés à Trump ne valent rien face aux dizaines de discours prononcés en une semaine dont la conclusion plus ou moins explicite est : Vive l’Europe bruxelloise ! Macron célèbre la paix autour de 72 chefs d’Etat et de Gouvernement dont beaucoup ont du sang sur les mains. Macron célèbre la paix, mais vend des armes au monde entier à commencer par l’Arabie Saoudite. Macron célèbre la paix et est en guerre contre les Français. Les Français d’aujourd’hui ensevelissent ce petit être dans l’ignorance. Ceux d’hier le couvrent de leur mépris.





Source link

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *