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20 novembre 2018

Que dire de l’élection de mi-mandat aux États-Unis ?



Des lecteurs me demandent ce que je pense des élections de mi-mandat.

En regardant cette carte de CNN, il semble qu’à l’exception des minces bandes côtières nord-est et ouest, et des enclaves noires et hispaniques au sud-ouest et au sud, le pays a massivement voté républicain.

À mon avis, si l’intérieur des régions a voté républicain, c’est parce que les gens ‘pitoyables’ veulent défendre Trump. Ils veulent l’aider pour deux raisons.

La première est qu’il a parlé de leur difficile situation économique, à cause des entreprises qui ont délocalisé leurs emplois, en laissant la main-d’œuvre et la classe moyenne complètement sans le sou.

L’autre raison est qu’en adoptant sa politique identitaire, le Parti démocrate est devenu haineux envers les Blancs – tout particulièrement envers l’homme blanc hétérosexuel, qualifié d’agresseur des minorités, des homosexuels et des femmes.

Il faut qu’un Blanc soit vraiment stupide pour voter pour les démocrates qui le considèrent comme le problème.

Jusqu’aux Clinton, le parti démocrate représentait la classe ouvrière. Les démocrates contrebalançaient les républicains qui représentaient les entreprises. Les choses étaient ainsi gardées en équilibre. Mais sous les Clinton, les démocrates ont donné leur accord à ce que les républicains envoient les emplois de leurs électeurs à l’étranger. En échange de la liquidation de son électorat, le Parti démocrate des Clinton a reçu du financement républicain. Les deux Partis sont maintenant entre les mains de la même ploutocratie.

Abandonnée par les démocrates, la classe ouvrière vote désormais républicain.

L’électorat du Parti démocrate n’inclut plus la classe ouvrière spoliée. Les démocrates se sont reconvertis en haineux. Ils sont désormais le Parti de la détestation. Les démocrates enseignent le fanatisme aux ‘groupes victimisés’ de la politique identitaire. Cette hostilité rend les Blancs victimes du Parti démocrate. Comme ça, les démocrates ont perdu le vote des Blancs mais gagné le vote des ‘victimes’. L’immigration garantit que le vote des ‘victimes’ sera par la suite supérieur au vote blanc. Il en résultera que, sous le régime de la politique identitaire des démocrates, les Blancs des États-Unis deviendront le groupe victime. Effectivement, si vous prêtez attention à ce que racontent beaucoup de démocrates, c’est leur intention.

D’après les articles que j’ai lus ces dernières heures, 75% des démocrates veulent destituer Trump. Mais va-t’en savoir pourquoi. Je pense que la seule raison est la haine. Trump est l’incarnation de l’oppresseur blanc milliardaire qui attrape les femmes par la chatte.

Voilà, c’est dit.

Ce que je trouve extraordinaire, c’est que Trump, bien que sous étiquette républicaine, ait fait la course présidentielle d’un démocrate. Il était pour la paix avec la Russie. Il était pour l’emploi de la classe ouvrière. Paix et emplois sont des slogans démocrates. Mais les démocrates le haïssaient parce qu’il personnifie l’homme blanc oppresseur, et cette aversion irrationnelle les a poussés à s’allier avec le complexe militaro-sécuritaire, qui s’oppose fortement à la paix avec la Russie, parce que ça menacerait son budget et son pouvoir. Travaillant main dans la main avec l’État profond, les démocrates ont empêché la paix avec la Russie et ont défendu l’immigration de masse du tiers-monde vers les États-Unis – ce qui détruira un peu plus la vie économique de la classe ouvrière –, afin d’avoir le vote démocrate des immigrants pour compenser la perte du vote de la classe ouvrière.

Les démocrates semblent apparemment ne pas comprendre que les emplois des étrangers en situation irrégulière dépendent des revenus des employés de la classe moyenne. Avec la disparition de ces revenus, les étrangers en situation irrégulière ne viennent plus pour des emplois inexistants, mais pour l’aide sociale accordée à ceux qui ont perdu leur gagne-pain.

Je dirais que, sauf si les Blancs succombent à la culpabilité et plient, le Parti démocrate est foutu. Cette élection de mi-mandat a été le dernier tour de piste du Parti démocrate.

Cela ne veut pas dire que l’avenir soit rose. Les démocrates ont forcé Trump à adopter une attitude agressive à l’égard du reste du monde. Les États-Unis ne peuvent pas maintenir cette posture. Trump peut-il y renoncer, avec sa personnalité tyrannique ?

Que peut faire Trump pour se débarrasser de l’engeance israélienne ?

Cela ne semble guère possible. Il devrait faire marche arrière sur l’affaire de l’ambassade et d’autres décisions, et ses relations et celles étroites de son gendre juif avec Netanyahou, pourraient présenter des problèmes, non seulement diplomatiques, mais aussi familiaux, si elles étaient rompues par Trump affranchissant Washington de l’emprise israélienne.

La subordination de Trump à Israël est curieuse, car il n’en tire aucun avantage politique auprès des Juifs démocrates. À la mi-mandat les électeurs juifs ont voté de manière écrasante pour les démocrates, malgré le fait que Trump a été le premier président, et je pense le seul chef d’État, à avoir reconnu Jérusalem capitale d’Israël.

Adam Schiff, un Juif qui a accédé à la Chambre des représentants, s’est dit impatient d’enquêter sur le président Trump. Schiff semble assuré de se payer Trump. À vrai dire, les Juifs, infime pourcentage de la population étasunienne, sont désormais en mesure de prendre en charge cinq des plus importants comités de la Chambre : Jerrold Nadler pour le Comité judiciaire, Eliot Engel pour les affaires étrangères, Nita Lowey pour les dotations, Adam Schiff pour le renseignement et John Yarmuth pour le budget.

Comment expliquer que Trump, le président le plus juif de l’histoire des États-Unis, soit la cible des Juifs étasuniens ?

L’explication est peut-être que les Juifs sont plus intéressés par le démantèlement de la société des gentils – dans laquelle, avec leur paranoïa, ils voient une menace –, que par le soutien total de Trump à la politique israélienne de génocide du peuple de Palestine au Moyen-Orient.

Jusqu’à Donald Trump, aucun président étasunien ne s’était complètement prostitué comme lui devant le minuscule et insignifiant État [nabot] d’Israël. En quoi les gens ‘pitoyables’ peuvent-ils précisément êtres fiers, quand leur héros est le paillasson d’Israël ?

En subordonnant son pays à Israël, en quoi Trump rend-il leur grandeur aux États-Unis ?
 


Ancien Secrétaire Adjoint au Trésor pour la politique économique, Paul Craig Roberts a tenu de nombreux postes universitaires, a été rédacteur en chef adjoint du Wall Street Journal, chroniqueur de Business Week, Scripps Howard News Service et Creators Syndicate, et il a écrit aussi de nombreux ouvrages, dont l’un, L’Amérique perdue : Du 11 septembre à la fin de l’illusion Obama, a été traduit en français.
 

Paul Craig Roberts, 7 novembre 2018

Original : www.paulcraigroberts.org/2018/11/07/what-do-we-make-of-the-midterm-election/
Traduction Petrus Lombard



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