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2 décembre 2020

Jamal Khashoggi et l’abattoir du « bétail » humain…



Apparemment scandalisé, le monde ne vient pas seulement de découvrir la disparition terrifiante du journaliste saoudien Jamal Khashoggi mais le sort atroce souvent réservé aux opposants et intellectuels arabes à contre-courant. Soit Jamal Khashoggi est l’arbre de trop, soit les jeunes, incultes et prétentieux dirigeants arabes de nos jours sont moins délicats et plus stupides que leurs géniteurs sanguinaires dans l’art du massacre individuel et collectif.

I. De l’enfantin à l’agressif…

Le 10 Décembre 2017 j’écrivais « Le 21 mai à Riyad, l’Egyptien Sissi, le Saoudien Salmane et l’Américain Trump, ont posé leurs mains sur un globe lumineux aux significations mystérieuses. Dans le tableau le « Salvator Mundi » acheté par le prince héritier d’Arabie saoudite selon les médias américains, on voit bien que Jésus-Christ tient dans la main gauche une sphère de cristal transparente. Est-ce une preuve encore que les fauconneaux du Golfe n’ont jamais quitté l’univers rocambolesque et puéril de Harry Potter ? »[1].

Le monde découvre aujourd’hui que les dirigeants arabes n’ont rien à envier à la famille Hewitt de la série de films d’horreur The Texas Chainsaw Massacre (Massacre à la tronçonneuse). Une famille de déséquilibrés consanguins, licenciés après avoir travaillé à l’abattoir de la ville, ils vont donc reproduire l’abattoir chez eux avec du « bétail » humain.

Mais dans quel abattoir les dirigeants arabes ont-ils été bercés pour faire de leurs citoyens un tel « bétail » humain ?

II. Le silence et dors…

Le silence des médias arabes sur la disparition de Jamal Khashoggi est plus que complice, il est répugnant. À l’exception de la chaine Aljazeera qui réalise un travail remarquable, les médias arabes sont fidèles à leur « le silence est d’or », surtout que la roue de l’atrocité tourne. Épargne mon dirigeant, j’épargne le vôtre. Le monde arabe n’est-il pas qu’un grand abattoir d’un « bétail » humain misérable ?

III. Pourquoi Jamal Khashoggi ?

Jamal Khashoggi n’a pas été tué pour ce qu’il a dit ou écrit, mais bien pour ce qu’il allait dire, écrire et révéler après. La prescience des dirigeants arabes, de leur cour et de leurs élites, les pousse toujours à neutraliser et à éradiquer tout intellectuel ou opposant à venir. Comme disait le célèbre poète irakien Ahmad Matar « (…) Et mon rêve s’arrêta là. On frappa à ma porte. Ouvre-nous fils de pute, dans ta maison il y a un rêve traitre ».

Celui qui a décidé de décapiter et de démembrer Jamal Khashoggi n’est pas un Maya[2], mais un inculte, prétentieux et haineux dirigeant arabe qui a peur de l’intellect à venir.

The Arabian Chainsaw Massacre II: Jamal Khashoggi au Pays des Merveilles, des fous et des bigots…

Shakespeare, Montaigne, Paul, Ibn al moukaffa, Foucault et les autres. Je lis et je relis. Qui est le fou ? Jamal Khashoggi ou ses bourreaux ? Sommes-nous tous fous dans le monde arabe ?

I. Au pays des bigots…

Il y a quelques heures, depuis la mosquée la plus sacrée pour les musulmans du monde entier, Masjid al-Haram à la Mecque, Abdul Rahman Al-Sudais l’imam en chef de la Mosquée, déclara après une prose complotiste, qu’il faut soutenir le prince héritier Mohammed Ben Salmane, « un jeune dirigeant ambitieux qui a une vision moderniste profonde. ». Le même prédicateur considéra il y a quelques mois que l’Arabie Saoudite et les États-Unis font régner la paix, la sécurité et la stabilité dans le monde. Allant jusqu’à menacer le monde entier, Al-Sudais nous révèle que celui qui menacera l’Arabie Saoudite, menacera plus d’un milliard de musulmans. La même rhétorique des médias saoudiens ces derniers jours, dont bien entendu la ridicule chaine Al-Arabiya.

Mon allergie des prédicateurs, surtout musulmans, que je considère tous comme des bigots pervers, est donc fondée.

II. Au pays des fous…

Le jour où Jamal Khashoggi a décidé de revenir en arrière vers son passé et de revenir encore une fois au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, il me révéla combien il était naïf. Quand on quitte le monde arabe, il faut courir et ne jamais regarder derrière. « Fuyez pour sauver votre vie ! » ordonnèrent les anges à Loth et à sa famille, « Ne regardez pas derrière vous, et ne vous arrêtez pas n’importe où dans la plaine ; fuyez vers les collines, de peur d’être emportés. ». Mais hélas, « la femme de Loth regarda en arrière vers Sodome, et fut changée en une statue de sel. ».

Ce n’est pas aux enquêteurs turcs ou saoudiens de nous dire ce qu’il s’est passé au bureau du consul général Mohammed al-Otaibi. Le vrai récit je le tiens de Lewis Carroll lui-même. L’enregistrement audio nous indique qu’un chat s’adresse ainsi à Alice :

« – Dans cette direction-ci, (…) habite un Chapelier ; et dans cette direction-là (…) habite un Lièvre de Mars. Tu peux aller rendre visite à l’un ou à l’autre : ils sont fous tous les deux.

– Mais je ne veux pas aller parmi les fous. Fit remarquer Alice.

– Impossible de faire autrement, dit le Chat. Nous sommes tous fous ici. Je suis fou. Tu es folle.

– Comment savez-vous que je suis folle ? demanda Alice.

– Tu dois l’être, répondit le Chat, autrement tu ne serais pas venue ici. »[1].

Le cauchemar d’Alice au pays des merveilles. Jamal Khashoggi s’est rendu lui-même au pays des fous. Il a été décapité par des fous pour la gloire d’autres fous qui gouvernent un « bétail » humain fou[2].

Que Jamal Khashoggi me pardonne de lui reprocher de n’avoir pas pris Shakespeare au sérieux. Mettre en scène encore une fois la folie arabe, voilà l’œuvre de ses assassins et celui qu’ils vénèrent, un insignifiant petit fou.

[1] Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles, De l’autre côté du miroir.

[2] Sur l’expression « bétail humain » lire The Arabian Chainsaw Massacre I: Jamal Khashoggi et l’abattoir du « bétail » humain…http://chahidslimani.over-blog.com/2018/10/the-arabian-chainsaw-massacre-i-jamal-khashoggi-et-l-abattoir-du-betail-humain.html

[1] Lire The purge XIV: Le Qatar et la chute des fauconneaux du Golfe ou quand la fauconnerie devient connerie… http://chahidslimani.over-blog.com/2017/12/the-purge-xiv-le-qatar-et-la-chute-des-fauconneaux-du-golfe-ou-quand-la-fauconnerie-devient-connerie.html

[2] Chez les Mayas, le sacrifice humain par la décapitation de l’ennemi est la plus précieuse des offrandes qu’on puisse offrir aux dieux.

©Photo couverture Le cauchemar d’Alice au pays des merveilles de Julia Rivers.

http://chahidslimani.over-blog.com/2018/10/the-arabian-chainsaw-massacre-i-jamal-khashoggi-et-l-abattoir-du-betail-humain.html
http://chahidslimani.over-blog.com/2018/10/the-arabian-chainsaw-massacre-ii-jamal-khashoggi-au-pays-des-merveilles-des-fous-et-des-bigots.html



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