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2 octobre 2020

L’Italie pire que l’Arabie Saoudite ? – 24heuresactu.com



Rédigé par notre équipe le 23 octobre 2018.

L’actualité permet de mettre en lumière le cynisme de nos élites. Alors que l’Arabie Saoudite assassine de la plus horrible des manières et se moque du monde en inventant des histoires à dormir debout, c’est l’Italie qui essuie les critiques de nos européistes aveugles. Le crime de Rome ? Avoir bouclé un budget pour 2019 en déficit de 2,4 %… A croire pour avoir le respect de Bruxelles, il vaut mieux être une dictature sanguinaire bourrée de pognon qu’une démocratie sans le sou.

L’Union européenne ressemblerait-elle de plus en plus à l’Arabie Saoudite ? Les deux s’entendent comme des larrons en foire. L’Arabie Saoudite se conduit mal et l’UE fait semblant de n’avoir rien vu. Convaincus de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, l’Arabie Saoudite et son prince héritier inventent chaque jour ou presque des versions nouvelles afin de cacher ce que tout le monde sait déjà. Le rapt, la torture et le meurtre sont des crimes punis par la loi dans chacun des Etats membres de l’Union européenne. La Commission s’appuie d’ailleurs sur les principes de démocratie et de liberté pour justifier ses décisions en matière de politique étrangère. Mais tout cela s’efface comme par enchantement dès lors qu’il s’agit de l’Arabie Saoudite.

L’indignation et les menaces mal placées des Bruxellois

Il aura fallu trois semaines pour que l’Allemagne fasse un premier geste en déclarant qu’elle ne vendrait plus d’armes à ce pays qui sème la mort au Yémen tant que toute la lumière n’aura pas été faite sur la mort de Jamal Khashoggi. Les Allemands (comme tous les autres pays) savent pertinemment ce qu’il s’est passé et ce rappel aux principes les plus élémentaires n’engage finalement à rien. Les contrats d’armement peuvent continuer d’être discutés en coulisses et quand Berlin aura décidé que le décès fâcheux est dû à quelques têtes brûlées non contrôlées par le pouvoir saoudien, les caisses d’armes seront déjà prêtes pour une expédition en direction de Ryad.

Le théâtre du cynisme européen est un spectacle difficilement soutenable, mais il en devient particulièrement malsain dès lors que l’on assiste au comportement ignoble des élites bruxelloises à l’encontre de l’Italie. Ce pays membre fondateur de l’UE est désigné (non officiellement) comme l’axe du mal à lui tout seul ou presque. Combien de journalistes ont bien pu être assassinés pour arriver à une telle conclusion ? Combien de pays bombardés depuis des années pour faire des Italiens de dangereux fascistes qui feraient passer Mussolini pour un joyeux drille ? En fait, le crime italien est à peine racontable. Le gouvernement a osé présenter un budget en déficit de 2,4 % !

Il y a des crimes qui ne peuvent pas rester impunis. Celui commis par Rome doit être sanctionné et la Commission européenne s’y emploie depuis plusieurs jours. Un déficit aussi important est perçu par les Bruxellois comme une déclaration de guerre. Mais où diable est donc passée la règle des 3 % ? Il s’agit en fait d’une règle à géométrie variable. Un Gouvernement qui sert de paillasson à la Commission européenne peut se permettre quelques incartades. En revanche, un Gouvernement qui ose affirmer qu’il est issu de la volonté du peuple et qui en plus mettra en œuvre le programme pour lequel il a été élu, là, ce n’est plus possible !

Il y a danger dans la demeure européenne. Les démocrates italiens doivent rendre gorge ou alors se prosterner devant sa sainteté Juncker. Un geste de soumission qui ne peut pas se faire après un repas, car le président de la Commission est connu pour avoir des « sciatiques » juste après avoir débouché de bonnes bouteilles… Les officiels italiens sont aujourd’hui à Bruxelles pour justifier leur infamie. Ils ont d’ores et déjà dit qu’ils ne changeraient pas leur budget tout en rassurant les marchés financiers en précisant qu’une sortie de l’Union européenne était exclue. Un premier pas à la Tsipras ? Espérons que non, car entre l’UE et l’Arabie Saoudite, la démocratie et la décence n’ont plus beaucoup de terrain pour s’exprimer.





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