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17 February 2019

Comment l’armée américaine veut «hacker» le cerveau de ses soldats



Cela ressemble à un mauvais épisode de la série X Files. La  Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) réfléchit très sérieusement à hacker le cerveau de ses soldats depuis plusieurs années, comme l’explique longuement le site The Atlantic. Officiellement, les recherches en neurotechnologie de cette agence du département de la Défense se concentrent sur le maintien et la restauration physique des soldats. Mais elle poursuit aussi une mission beaucoup plus vaste et de longue haleine : libérer notre cerveau des limitations de notre corps en fusionnant l’homme et la machine. Un vrai rêve de Transhumanistes !

Des implants dans des cerveaux humains

La Darpa laisse parfois entrevoir les contours d’un homme augmenté en braquant un coup de projecteur sur un bras robotisé surpuissant greffé à un amputé ou en cherchant à décupler la force des soldats avec des exosquelettes. Mais certains chercheurs vont encore plus loin, en toute discrétion. Le bureau des technologies biologiques, créé en 2014, a lancé le programme Restoring Active Memory qui vise à développer des neuroprothèses, de minuscules composants électroniques que l’on implanterait dans le cerveau pour lutter contre les lésions cérébrales. Le programme finance les expérimentations des Universités de Wake Forest, de Californie du Sud et de Pennsylvanie. Une première étude a été conduite sur des animaux. La mémoire d’un groupe de rats entraîné à rechercher des gouttes d’eau avait pu être en quelque sorte transférée, en reproduisant des signaux électriques, dans le cerveau d’un autre groupe de rats novices.  Avec succès puisque cela avait réduit leur période d’apprentissage. 

Des expérimentations sur des humains ont ensuite été menées. Il ne s’agissait pas de transférer la mémoire d’une personne à une autre, mais de la renforcer grâce à des électrodes implantées à l’intérieur du cerveau et reproduisant les enregistrements préalablement effectués. Les résultats auraient été significatifs. Cela pourrait jeter les bases d’une sorte de prothèse de mémoire que l’on injecterait dans un cerveau humain, avec des codes neuronaux différents suivant les compétences recherchées.

Contrôler des robots à distance par la pensée

Geoff Ling, ancien directeur du bureau des technologies biologiques et son successeur Justin Sanchez ne cachent pas leur espoir un jour de réussir à programmer le cerveau humain. Mais ils se gardent bien de préciser quelles applications militaires pourraient en découler, assurant que les expérimentations de la Darpa sont encadrées par le Congrès pour éviter toute dérive éthique. Pourtant, Ling  finit par lâcher à The Atlantic : « Si un cerveau peut contrôler un robot qui ressemble à une main, pourquoi ne peut-il pas contrôler un robot qui ressemble à un serpent ? ». Les futurs soldats contrôleront-ils un jour des robots à distance par la pensée ? C’est possible.

D’autres pistes sont explorées par la Darpa. Doug Weber, un autre chercheur, pense que le nerf vague reliant notamment le cerveau au coeur, aux poumons et au tube digestif, pourrait être stimulé pour booster nos capacités intellectuelles. Le programme Targeted Neuroplasticity Training (TNT), au sein duquel collaborent sept universités, étudie si ce nerf peut améliorer l’apprentissage du tir de précision, de la surveillance/reconnaissance, ainsi que du langage.

Des risques éthiques

Mais qui décidera au final de l’utilisation de ces technologies ? Les soldats seront-ils libres de les refuser ? Que deviendront-elles si elles sont récupérées dans le civil ? « Ce que la Darpa fait, c’est fournir un outil fondamental pour d’autres personnes, afin qu’elles puissent faire avec d’excellentes choses auxquelles nous ne pensons même pas », résume encore Geoff Ling. Ces autres personnes, se sont probablement déjà des start-up. On se souvient que l’ancienne directrice de la Darpa Regina Dugan a dirigé le groupe des technologies de pointe de Google, puis la R&D du labo Building 8 de Facebook qui travaille sur une interface neuronale. Google compte aussi beaucoup de transfuges de la Darpa. Et certains universitaires qui ont travaillé pour l’agence sont aujourd’hui à l’oeuvre dans la start-up Neuralink d’Elon Musk ou encore la société de neurotechnologie Kernel. Voilà bien longtemps que les frontières sont poreuses entre la Darpa et la Silicon Valley. Et cela devrait peut-être nous inquiéter.



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