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1 octobre 2020

Neuf ans plus tard



Ces jours-ci, j’en vois beaucoup partager “la gifle”, en mode La Fontaine, du cinéaste Patrice Leconte au raciste organique Eric Zemmour (France Télévisions, février 2010). Pour ma part, je préfère deux punchlines, précédant cet épisode, lancées par un certain Tariq Ramadan, en septembre 2009 dans la même émission, au même cuistre d’extrême-droite :

– “Non, mais attendez : [Fernand] Braudel, c’est la France ? Et Zemmour est son prophète ?! Non mais ça va pas ou quoi ?! “

– “Si vous [Zemmour] ou des gens qui vous ressemblent, prenez le pouvoir dans ce pays : la France se trahit ; elle n’est pas fidèle à elle-même ! Vous êtes opposé à l’histoire de France !”

Neuf ans plus tard : a-t-on jamais été si proches de cette inquiétante prémonition de l’islamologue suisse concernant le futur pilotage politique de l’Hexagone ? En 2022, après l’échec (largement prévisible) de cinq années de délires ultralibéraux estampillés Macron, vers quel “sauveur” se tournera la majorité du corps électoral français ? Qui et quel parti n’aura-t-elle pas encore “essayé” ? A n’en pas douter : un remake électoral italien ou hongrois plane sur le pays des Lumières (éteintes)…

Neuf ans plus tard : Ramadan est incarcéré depuis bientôt huit mois. Sur la base de trois plaintes pour “viols” truffées de mensonges et d’incohérences. Scandaleuse à l’échelle mondiale, cette interminable détention “préventive” masque mal un triple objectif d’inspiration coloniale :
1) Torturer ce prédicateur “habile” et “insolent” ; lui faire payer jusque dans sa chair l’expression de ses positions les plus courageuses dont sa critique pertinente de l’Etat raciste d’Israël comme son soutien à la résistance palestinienne.
2) Casser son influence sociopolitique en France jugée “grandissante” par ses ennemis et détracteurs, qu’ils soient célèbres ou obscurs, puissants ou misérables.
3) Parvenir à le brider sinon à le faire taire au sortir de cette sordide expérience d’une “justice” française à deux vitesses… raciales.

Neuf ans plus tard : Zemmour triomphe et se voit consolidé dans son rôle de premier Goebbels de France. Sa parole abjecte débridée, salariée, réinvitée, surmédiatisée. Obstinément protégée malgré une double condamnation judiciaire pour “incitation à la haine” ; écoulant des centaines de milliers d’exemplaires à chaque sortie de ses torchons pseudo-historiques ; continuant à fasciner des élites médiatiques et politiques qui n’ont pas le cran d’admettre qu’elles partagent sa vision colonialiste comme tout ou parties de ses obsessions sexistes, islamophobes et négrophobes.



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