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26 septembre 2020

comment la réglementation freine les alternatives aux pesticides de synthèse… – Les moutons enragés



La colère gronde chez des agriculteurs qui travaillent en biologique. Au mois de juin, leur fournisseur en huiles essentielles a été contraint de cesser son activité suite à un contrôle de la répression des fraudes, pointant un défaut d’ « autorisation de mise sur le marché ». « On ne peut pas utiliser les huiles essentielles, mais on laisse courir le RoundUp ! », s’insurge l’un d’eux. Alors que les essais en laboratoire démontrent une certaine efficacité des huiles essentielles contre certaines maladies des plantes, Basta ! a enquêté sur une réglementation qui empêche leur développement, alors que le glyphosate est, lui, épandu librement.

Vendre des produits composés d’huiles essentielles à des agriculteurs : cette pratique est-elle interdite par la loi ? Un artisan fait aujourd’hui la douloureuse expérience d’une réglementation inadaptée. Ses premiers essais d’huiles essentielles, il les a menés avec son père, dans les vergers. « Peu à peu, j’ai trouvé des formules particulières pour lutter contre les maladies et les ravageurs : d’abord sur les pommiers, puis sur les plantes cultivées, ensuite sur les grandes cultures », témoigne t-il*. Il y a dix ans, soucieux de proposer des substituts aux molécules chimiques de synthèse, il crée son entreprise dans l’Oise. Ses clients sont des agriculteurs bio installés en maraichage, viticulture, arboriculture et même en grandes cultures. « J’ai des clients qui ont jusqu’à 400 hectares en bio ! Avec les huiles essentielles, on arrive à une production presque équivalente à du conventionnel. »

Le 24 mai dernier, il est contrôlé par des agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP), un service de l’État. Dans leur lettre d’avertissement que s’est procurée Basta !, les inspecteurs lui reprochent de ne pas disposer d’ « autorisation de mise sur le marché » pour ses produits, et de mettre en avant des « allégations phytopharmaceutiques ». En clair, il n’a pas le droit d’indiquer sur l’étiquetage les propriétés phytosanitaires de ses produits, ce à quoi ils servent réellement. Son infraction peut être punie de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende… Sous pression, l’artisan finit par remettre ses formules aux agents de la répression des fraudes, de même que ses factures d’achats et son fichier clients. « Je ne suis pas un faussaire mais un chercheur avant tout. C’est fini », se désole t-il, contraint de cesser son activité.

« La recherche est très insuffisante au regard des enjeux »

Des agriculteurs, qui se fournissaient auprès de cet artisan, dénoncent un contrôle aberrant. « Quel danger représente-t-il ?, interroge Alan Testard, maraicher en Ille-et-Vilaine. On lui reproche de faire concurrence à l’industrie phytosanitaire ? C’est hallucinant qu’on ne puisse pas utiliser les huiles essentielles, alors qu’on laisse courir le Roundup qui est cancérigène ! » Alan utilise des huiles essentielles pour ses cultures depuis sept ans. Il en a d’abord commandé contre le mildiou des tomates, puis pour les courges et les pommes de terres. « C’est très efficace contre les maladies cryptogamiques [causées par des champignons, ndlr]. Les huiles essentielles sont le seul produit curatif inoffensif dont on dispose en bio. »

Source BastaMag

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