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19 septembre 2020

Immigration : parlons obscur – « migrations » ou « nomadisme migratoire » – Réponse à Jacques Julliard –



Introduction : Dans le N° 1122 de Marianne, Jacques Julliard, éditorialiste se fend d’un article intitulé : « Immigration : parler clair ». Cet article est une ignominie sans nom, tellement les assertions affichées sur le rapport étroit entre « immigration et vote populiste d’extrême droite » ne sont là que pour chercher à ramener les brebis égarées dans le troupeau de « l’Europe bêlante », celle du « marché libre et non faussé » et ainsi empêcher toute réflexion citoyenne. De mon côté, tout ce qui est avancé est argumenté.

Pourquoi je parle d’Europe alors que Julliard parle d’immigration ? S’agit-il d’un procès d’intention politicien, ou tout simplement l’annonce au lecteur de suivre attentivement le cheminement de l’article jusqu’au bout, pour ne pas perdre le fil, car finalement « quand tout s’obscurcit, c’est le fil d’Ariane qui nous fait trouver la sortie et nous sauve… de la « clarté obscurantiste » des apparences ».

L’immigration problème N°1 ? La première thèse développée par l’auteur serait que l’immigration serait le problème N° 1 des Européens expliquant la vague populiste actuelle « Successivement le Brexit anglais, la qualification de Marine Le Pen au second tour de la Présidentielle en France, l’élection surprise de Donald Trump aux Etats-Unis ont eu pour toile de fond les problèmes de l’immigration sous différentes formes ». L’auteur s’appuie alors sur les résultats en Italie précisant : « Plus récemment, le coup de tonnerre des élections Italiennes, mettant en place un gouvernement populiste et anti Européen, la montée de groupements ouvertement xénophobes en Allemagne (AfD) ou en Suède ont fini de convaincre qu’il s’agit désormais d’une vague qui balaie l’ensemble des Pays occidentaux soumis à une immigration croissante ». La thèse développée ici, de l’immigration comme cause première des comportements et expression politique correspond-elle à la réalité ?

La question sociale cause première du Brexit : Si notre éditorialiste avait pris la peine de consulter les analyses effectuées par les médias, il n’aurait pu, décemment, avancer sa thèse : « Le Royaume-Uni a donc voté « leave » à 52%. Mais comment s’explique ce vote qui oppose des régions (Ecosse et Irlande du Nord pour le « remain » et Angleterre et Pays de Galles pour le « leave » ? En comparant des données économiques ou politiques, on constate que la question sociale est dominante dans le choix des Britanniques. Preuve par quelques cartes  ». Et cet article n’est pas tiré de l’humanité mais de France-Info. Sont jointes alors toute une série de cartes fournies par la B.B.C, qui dévoile les tendances lourdes du vote. Et l’article conclue ainsi : « Les remarquables cartes interactives du site du journal britannique le Guardian confirment que ce sont les parties de l’Angleterre qui se sont le mieux adaptées à la mondialisation qui ont voté contre le Brexit…./… « Les données compilées dans ces cartes montrent que ce sont les électeurs disposant des plus hauts revenus, des plus hautes formations et des qualifications les plus élevées qui ont le plus voté contre le Brexit. En revanche, il apparaît que les données sur l’âge ou les origines étrangères ou non des électeurs pèsent peu sur le résultat du vote. [1]

L’immigration n’est donc pas le problème N°1 et n’est pas non plus la cause première du vote en faveur du Brexit.

L’Editorialiste Jacques Julliard est donc pris en flagrant délit de manipulation idéologique. Il s’appuie sur le mouvement des apparences (« le soleil se lève ») et du populisme ambiant pour décliner une thèse qui n’est juste que la sienne et qui ne s’appuie sur aucun élément objectif. Il est donc dans l’idéologie pure à des fins de propagande, dont l’immigration est le support et, « sauver l’Europe », la fin. Et nous n’en sommes qu’au « Brexit de ces assertions  »… la suite arrive.

Le vote américain ? Prétendre que le vote américain en faveur de Trump aurait en toile de fond la question de l’immigration est, là aussi, aller très vite dans l’analyse ainsi que le montrent les cartes suivantes. La thèse que l’on peut avancer est que la question sociale, et son soubassement industriel est tout aussi, pour ne pas dire plus importante que la seule question « immigrations ».

  • Un vote immigration ? On peut certes considérer que vu la proximité avec le Mexique, les Etats du sud-américain, Texas, Louisiane, Arizona, aient pu voter Trump, en ayant en tête son idée de « mur anti migrants », mais alors que penser du vote du « Nouveau-Mexique » qui lui vote Démocrate, alors qu’il s’agit de l’Etat le plus proche du Mexique ???
  • Un vote industriel : Mais c’est surtout le vote Républicain du nord de l’Amérique qui doit attirer l’attention (Pennsylvanie, Ohio, Wisconsin, Iowa, Indiana, Kentucky) pratiquement tous les états constituant la « manufacturing belt » (en rouge sur la carte), ont voté Trump du fait de son discours sur l’industrie et le protectionnisme, politique qu’il a effectivement mis en œuvre.

Il suffit de regarder le désastre qu’a produit la désindustrialisation dans certaines villes (ex Flint) pour comprendre l’ampleur de la question industrielle et par là même de la question sociale : https://fr.wikipedia.org/wiki/Flint_(Michigan). La défaite de Mme Clinton fut son incapacité politique à répondre aux besoins d’exigence sociale qui était porté par le candidat Sanders, pensant que le seul fait de faire de « l’anti-trumpisme », serait suffisant pour gagner.




Résumer donc le vote Trump, à un « vote anti-migrant » [2], est à l’image du Brexit une immense tromperie, dont l’objet est de nature idéologique, car Julliard dans sa « croisade idéologique pro-Européenne  », ne veut surtout pas poser la question économique, qui renvoie à des notions de « luttes de classes », insupportable pour le social-démocrate qu’il est. Et on verra cet aspect plus tard, car il l’écrit de manière directe sa pensée profonde.

Observons d’ailleurs que si Trump a effectivement pris des décisions concernant la politique industrielle des Etats-Unis, matérialisant ses promesses de protectionnisme, le mur promis avec le Mexique, contre les migrations, reste toujours à l’état de projet. Sa priorité est donc bien l’Economie Américaine (« America first ») et notamment l’Industrie. Je ne discute pas ici de ses décisions qui sous sortiraient du sujet abordé.

Observons aussi que le comportement pas très moral du nouveau Président et ses déboires avec des prostituées, ne porte pas atteinte à sa popularité « populiste  ». Ce qui compte est donc moins les migrants et la morale que le « retour des emplois », en termes comptables. Et chose miraculeuse, selon les économistes américains, la situation américaine (emplois-chômage) n’a jamais été, en apparence [3], aussi bonne…pouvant faire penser que sa réélection est possible.

Les élections en Italie : Les résultats des élections en Italie sont avant tout analysées comme une défaite des partis pro-Européens, c’est-à-dire ceux qui prônent les politiques de rigueur sans fin : « La victoire des partis eurosceptiques va compliquer les projets de réforme voulus par le président français, Emmanuel Macron ». [4] Il semble qu’en Italie la question de la « crise des migrants » ait été un facteur décisif dans les résultats comme l’écrit Julliard : « L’UE paie-t-elle, avec ce scrutin italien, son incapacité à aider le pays, en première ligne dans la crise des migrants, alors que les Italiens ont eu, ces dernières années, la légitime impression d’avoir été abandonnés par Bruxelles ? La question des migrants a dominé la campagne italienne et nourrit les discours de la Ligue, et dans une moindre mesure du Mouvement 5 étoiles ». Mais il ne faut pas oublier non plus les réformes, initiées par le gouvernement précédent notamment sur le marché du travail qui ont développé les pauvretés : « Ces élections italiennes signent aussi une nouvelle manifestation de la débâcle de la social-démocratie partout en Europe. Un affaiblissement généralisé qui va poser un sérieux problème à Bruxelles après les européennes, alors que l’alliance de fait entre centre gauche-centre droit contrôlait jusqu’à présent les principaux postes de pouvoir de l’UE (Eurogroupe, Conseil, Commission, etc.) [5].

Ce vote est donc aussi la sanction de la politique libérale « pro-européenne » menée par Renzi, mais dont Julliard ne dit pas un mot : « Le 24 février 2014, Matteo Renzi présente son gouvernement et son programme devant le Sénat de la République pour le vote de confiance. Il déroule un discours profondément europhile, affirmant que « La tradition européenne et européiste représente la meilleure partie de l’Italie, ainsi que sa certitude d’avoir un avenir », précisant « Ce ne sont pas Angela Merkel et Mario Draghi qui nous demandent de tenir nos comptes publics en ordre. Nous devons le faire par respect pour nos enfants, pour ceux qui viendront après nous. » Discours identique que celui que nous entendons en France.

Ses réformes sont du copié-collé des politiques d’austérité appliqué notamment en Europe du sud : « Il annonce, un important plan de relance. Il comprend notamment une baisse de l’impôt sur le revenu pour les salariés touchant moins de 25 000 euros nets par an, une baisse de 10 % de l’impôt sur la production et de la facture énergétique des PME, le remboursement des 60 milliards d’euros dus par les administrations publiques aux entreprises italiennes, un plan de rénovation des écoles de 3,5 milliards d’euros, un plan de protection du territoire de 1,5 milliard d’euros pour les zones à risque, un fond de 1,7 milliard d’euros pour les jeunes, afin de les aider à poursuivre leurs études ou trouver un emploi.

Pourtant les résultats attendus de ce plan, soutenu par l’Europe n’arrivent pas, au contraire : « Pour autant, l’économiste italien Andrea Fumagalli explique que selon les données de l’OCDE, les réformes économiques libérales de Matteo Renzi ont provoqué une augmentation de la précarité et du chômage parmi les jeunes et un PIB stagnant ».


L’Italie a malheureusement déjà connue une histoire mouvementée, où déjà, pour empêcher le communisme les compromis de la bourgeoisie avec le fascisme ont été expérimentés. Que la crise migratoire ait joué un rôle dans le vote populiste, est incontestable, mais ce facteur n’explique pas tout le résultat. Or le problème de l’article écrit par Julliard, c’est que l’immigration en tant que telle explique le vote populiste d’extrême droite. C’est là aussi, de la propagande idéologique pure, visant à masquer les autres raisons, qui ne sont pas secondaires (évolution du taux de pauvreté en Italie).

Les élections en France : Résumer la seconde place de Le Pen au second tour des élections Présidentielles à la « haine des migrants », développée par le F.N est aussi un raccourci politique très idéologique, au vu du sondage sur les préoccupations des français au moment des élections. Si l’on suit le tableau la première préoccupation est celle du terrorisme à quasi égalité avec celle de la lutte contre le chômage et la relance de l’activité économique, thème central de la campagne de Macron, l’actuel Président. S’en suit là aussi à égalité la « question migratoire » et le niveau des impôts. On le voit donc la question des migrants n’est pas première, mais est davantage posée la question des « sécurités collectives », dont d’ailleurs l’impôt fait partie, puisque ce sont les impôts et cotisations sociales qui financent les outils de la protection collective…enfin, en théorie politique.

Observons que la question migratoire revient aussi sous la forme de « l’intégration des immigrés » mais qui apparait secondaire (car de fait relativement bien intégré), en rapport à la « question des migrants ».

En fait, la « question des migrants » est beaucoup plus large, car elle renvoie de fait aux questions sur la « mondialisation des échanges » qui domine l’économie, et qui génère les migrations (capital-travail). Ce ne sont donc pas les migrants en tant que tel, mais bien le système qui génère les migrations qui est sous tendu à la question. Et cette question, de nature politique (quelle politique économique en France, en Europe et dans le monde ? [6]) est en effet essentielle, mais avec un soubassement économique et social et non de couleur de peau ou de Pays d’origine…


Précisons qu’un sondage récent (Septembre 2018) indique que la première préoccupation des Français est le pouvoir d’achat devant l’emploi et les impôts. La question de l’immigration ne vient qu’en sixième position [7]. Il ne s’agit pas ici de minorer son importance, mais de la prendre en compte dans une problématique politique globale, et non comme le vecteur de toute politique comme tente de l’imposer le F.N. A se demander si ne parler que « d’immigration » ne vient pas en définitive donner raison au F.N, aller sur son terrain politique, pour ainsi éviter de parler du fond : Quelle politique économique Européenne ? Les médias voudraient valoriser le F.N (nouvelle opération dédiabolisation) qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. N’est ce pas la stratégie sous-jacente de l’éditorialiste Julliard ?

Les migrants sont-ils cause du vote populiste d’extrême droite ? Si l’on suit le raisonnement de Julliard, « plus il y a d’immigration dans un Pays, plus le vote populiste d’extrême droite augmente ». Il semble là aussi que le raisonnement de l’éditorialiste soit plus que rapide et caricatural. Si l’on suivait son raisonnement, et au vu du graphique, la Suisse, la Norvège, l’Australie et la Nouvelle Zélande devraient connaitre des Pays à régime populiste d’extrême droite. Or tel n’est pas le cas. A contrario, des Pays comme la France, l’Italie, les Etats-Unis et l’Allemagne ne devraient pas connaitre de mouvements populistes au vu de la faiblesse de l’immigration, or tel n’est pas le cas. Ces chiffres mettent à bas le raisonnement à l’emporte-pièce.


Mise en cause du « marxisme-matérialiste » : La deuxième thèse de l’auteur tient selon lui en la faiblesse de l’argumentaire matérialiste : « d’où l’étonnement des esprits naïfs qui pensent que les comportements des masses populaires sont exclusivement déterminés par des considérations matérielles  ». Comment les ouvriers allemands et suédois qui ont la « prospérité trouvent matière à se plaindre et s’inquiéter ? ». D’où cette conclusion sans appel : « C’est là une grande défaite intellectuelle pour le marxisme naïf, qui fait exclusivement dériver les opinions des individus de leurs conditions matérielles d’existence  ». En d’autres termes, vu l’incapacité du marxisme à penser autrement que par le primat des conditions matérielles, aucun citoyen de bonne foi, ne peut se tourner vers des partis ou mouvements politiques pouvant se réclamer de Marx… : « les prolétaires eux-mêmes ont des préférences intellectuelles, des passions et même des idées  ». Les prolétaires auraient donc des passions et des idées…

Mais aucun « marxiste » revendiqué ne nie ces réalités, au contraire, nous savons pertinemment qu’en permanence le capitalisme a besoin d’opposer les travailleurs entre eux, utilisant tantôt les religions, tantôt les couleurs de peau ou les nationalités, pour empêcher la « lutte des classes » d’apparaître première. Le capitalisme joue toujours sur les passions pour masquer son rapport d’exploitation.

Marx ne fait pas que de l’économie, il explique aussi l’articulation entre l’idéologie et l’économie : « Les pensées de la classe dominante sont aussi les pensées dominantes de chaque époque, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. » dont l’éditorialiste Jacques Julliard est le parfait représentant. Si pour conserver le pouvoir politique, la Bourgeoisie doit développer une idéologie spécifique, maîtrisant par ailleurs, la culture et les outils de diffusion, elle produira alors une idéologie spécifique qu’elle qu’en soit la forme (immigration comprise) et celle-ci sera largement diffusée, tel est le rôle et la fonction des médias dominants.

En 1930 déjà, le nazisme, soutenu par la bourgeoisie allemande a développé « l’idéologie anti-juive », faisant du juif « l’ennemi du peuple », comme aujourd’hui les médias attirent l’attention sur l’immigration comme « cause fondamentale des maux du peuple », là où une analyse réelle montrerait qu’il s’agit d’un masque visant à masquer la réalité de la violence des rapports sociaux inhérents au Capitalisme. Mais comme Jacques Julliard est un social-démocrate [8] promoteur des politiques européennes actuelles, il ne peut mettre en cause le système qu’il soutient et qui de plus, le nourrit.

L’intellectualisation du racisme ? La démarche d’analyse proposée par Julliard vient en niant la violence des rapports sociaux du « marché libre et non faussé », à sur-déterminer les pulsions primaires contre les migrants, comme une démarche intellectuelle, exactement d’ailleurs comme les nazis l’ont fait pour les juifs, en caractérisant de manière scientifique les différences morphologiques apparentes [9]. Le racisme anti-migrant, n’est donc pas une question sociale de « partage des richesses » mais une question de civilisation et d’identité, comme si le capitalisme lui, était porteur d’une identité humaine réelle autre que l’argent : « C’est avec des taches de sang sur une de ses faces que l’argent est venu au monde. Le capitalisme vient au monde en transpirant de la tête aux pieds, la sueur et le sang.’ [10] Julliard a-t-il seulement ouvert et un peu lu les ouvrages de Marx ou est-il comme beaucoup, un ignorant patenté ?

La question de l’identité ? L’intellectualisation du racisme anti-migrant se cache derrière la valeur initiale et ultime de l’humanité, celle de l’identité que pose aussi Julliard : « car les questions posées par ces couches populaires qui faute de la moindre écoute dans la gauche bourgeoise, sont allés porter leurs préoccupations dans le giron de l’extrême droite, sont –horresco referens- des questions d’identité. » Mais Julliard s’est-il interrogé sur l’origine de l’identité humaine sur le long cours de l’Histoire ?

S’est-il posé la question de savoir pourquoi « Homo-sapiens » a survécu, là où « Cro-Magnon  », j’ai failli dire « homo-Macron » a disparu ?

Rappelle-t-il cette donnée ineffaçable, que les humains d’aujourd’hui descendent tous de Sapiens, et que Sapiens vient d’Afrique, ayant au fur et à mesure de l’évolution climatique innervé toute la planète. De fait comme le déclament les Révolutionnaires de 1789, nous sommes tous semblables…


Rappelle-t-il que ce qui explique la domination « d’Homo Sapiens », c’est sa capacité à partager entre ses semblables et non à « accumuler les uns contre les autres » selon la théorie fumeuse du « ruissellement ».

Notre civilisation est donc née du « communisme », au sens de « mise en commun », de partage et de solidarité et non de « l’individualisme d’accumulation »…. Ce qui fonde l’identité humaine, c’est le partage et la « mise en commun » et non la domination et le marché régulé par la dictature des prix de « l’offre et de la demande »…régulée par la « main invisible » chère à Adam SMITH, inaccessible, à l’image de Dieu.

Notre République elle-même, est fondée sur cette banderole universelle : « Liberté, Egalité, fraternité », qui fonde le principe des lois de « l’intérêt général » et non de l’intérêt particulier. Or aujourd’hui, il faut bien convenir que de nombreuses lois prises au nom de « l’intérêt général » ne visent que l’intérêt particulier (I.S.F, C.I.C.E, Code du travail etc…). Mais de ça, Julliard, n’en dit pas un mot…

Le capitalisme a-t-il une identité et, est-il porteur d’identité ? La thèse de l’identité est ici avancée par l’éditorialiste, car il s’agit avant tout de couvrir, masquer, cacher le fait que le Capitalisme en tant que système, est l’organisation qui détruit les identités, les cultures, les différences [11]. Le capitalisme ne reconnait et ne veut voir qu’un prix. Le Capitalisme est tellement peu porteur d’identité qu’il se cache derrière des abréviations qui montrent bien, que lorsque l’on accumule de l’argent contre la société, il faut « vivre caché », d’où les dénominations de S.A (Société Anonyme) ou de S.C.I (Société Civile Immobilière) qui a chaque fois permettent de cacher les identités réelles… sans compter les « paradis fiscaux » [12], récipiendaires des dividendes dont une partie provient de la fraude fiscale (150 à 225 milliards annuel) [13], pour le coup « mondialement organisée ». Il en est de même pour la « mondialisation  », concept abscons fait pour masquer la réalité de la domination de la « finance mondialisée anonyme », sur les peuples producteurs et exploités, pouvant aller jusqu’à la destruction de l’Humanité au vu de la « tectonique du climat » [14].

La facilité de transport ? L’ineptie continue alors, à se demander s’il s’est relu…On apprend que l’une des causes de l’immigration serait dû aux « facilités de transport » : « l’autre question posée par l’immigration, et qui fait réagir les populations, est celle du nombre. La rapidité et le bon marché des transports, combinés au déséquilibre démographique, notamment entre l’Europe et l’Afrique, ont rendu vaines l’évocation …./…. Des lois de l’Hospitalité  ». En dehors du fait que Julliard confond l’hospitalité des voyageurs au longs cours de la Grèce antique chanté par Homère, et les mouvements migratoires de survie, il oublie le nombre de cadavres désormais portés par les eaux rouge de sang de la méditerranée. En 7 mois, ce sont plus de 1.500 migrants qui ont perdu la vie [15] et dans le même temps « Le HCR demande urgemment aux Etats et aux autorités sur ces routes de transit de prendre toutes les mesures nécessaires pour démanteler les réseaux ». Le HCR est de fait conscient des causes… Informez Julliard

Il n’y a donc aucune facilité de transport donnée aux migrants, pris en otage, entre leur Pays où la culture vivrière est détruite par le capitalisme mondialisé et les passeurs trafiquants aux prix exorbitants conduisant à la mort.

Les routes du capital : Julliard oublie cependant de mentionner alors, les facilités données au Capital, pour « exploiter la planète sans frontières et sans règles  », le rêve du libéralisme [16]. La cartographie ci-dessous révèle les routes maritimes utilisées par les portes-containers (conduits par des marins philippins [17]), pour trimbaler les marchandises produites ailleurs.

Là sont réellement les facilités sans risque mais qui en imposant le prix mondialisé des marchandises, détruit les usines d’Europe et d’Amérique, et les cultures vivrières d’Afrique, générant de fait le « nomadisme migratoire » permanent.


Les mobilités imposées : Ce que ne dit pas Julliard par contre, c’est que le capitalisme, encore lui, impose au nom de la bannière de la compétitivité, des « migrations permanentes » du salariat européen dénommé pour faire plus propre « flexibilité », « adaptabilités » « mobilités  » et qui sont là aussi des « migrations » imposées (demandez aux banlieusards).

  • La « flexibilité d’entreprise » est la logique managériale qui impose aux salariés, quelque soient par ailleurs les statuts, d’accepter des modifications de postes, de direction, voire accepter des diminutions de fonction et de salaire au nom de la compétitivité.
  • « L’adaptabilité » est l’obligation d’exercer une mobilité intellectuelle et psychologique, visant à vous adapter aux exigences de l’entreprise, en fait du profit.
  • La « mobilité » est de fait l’acceptation des « migrations professionnelles » en fonction des besoins. Dans ce cadre selon la formule médiatisée, il suffit de traverser la rue pour trouver un emploi.

Enfin, dans les métropoles, capitales régionales du « business mondialisé », le management a initié le concept « d’agilité ». Est « agile » celui qui est à la fois « flexible », « adaptable » et « mobile  ». Il faut dire que dans la jungle des « tours du business », « homo-métropolitain » a intérêt à être « agile », pour ne pas tomber dans le « burn-out », ou le « Bore-out »… Bon, que celui qui ne comprend pas le rapport entre « migrations subies du sud » et « agilité métropolitaine » m’écrive…

« Traverses la méditerranée tu trouveras un emploi » : Désormais, grâce à Jupiter, l’expression « traverse la rue, et tu trouves un emploi » est connue. Elle est d’une violence absolue, comme si les chômeurs ne « se bougeaient pas le cul  » [18] pour trouver un emploi, sésame du logement, d’un crédit à la banque, espoir d’une vie possible… Et bien le migrant, notre semblable, se bouge lui aussi le cul, pour trouver un emploi, qui n’existe pas chez lui ou que nous lui avons détruit (« capitalisme mondialisé »), il prend le risque de traverser la méditerranée au péril de sa vie. Telle est la réalité du système actuel.


La réalité des migrations en France : Julliard là aussi ne parle pas des réalités de ce qu’est l’immigration dans notre pays et de son histoire récente [19]. La France a toujours plus été, un pays d’immigration que d’émigration. L’immigration débute vraiment lors des années 60 après la guerre d’Algérie. Confronté à un besoin de main d’œuvre ouvrière (automobiles, mines, sidérurgie) le Patronat Français fait massivement appel à la main d’œuvre des anciennes colonies (Algérie Maroc) lui permettant en même temps de mettre en concurrence travailleurs français et étrangers en vue de faire baisser les salaires. C’est donc bien pour des raisons bassement économiques, donc matérialistes, n’en déplaise à Julliard, que des migrants viennent. C’est aussi pour des raisons économiques que celle-ci baisse à partir de 1975, du fait du début de la crise et de l’envolée du chômage. C’est enfin et toujours pour des raisons économiques, que ce mouvement reprend en 2000, du fait de la première crise de la mondialisation (Krach Internet) et s’accélère aujourd’hui (guerres et guerre économique).


L’origine des migrants : L’analyse des chiffres montrent là aussi, une réalité qui n’est jamais esquissée. Le premier pays d’origine est le Portugal, ceci s’expliquant, n’en déplaise à Julliard qui ne veut surtout pas parler d’économie, à la crise de 2008 des politique européennes d’austérité suivies et ses conséquences sociales notamment sur l’emploi poussant plus de 100.000 personnes à migrer notamment en France [20].

Suivent le Maroc et l’Algérie, nos anciennes colonies, puis d’autres pays Européens. Au global, la première « nationalité » à immigrer chez nous est Européenne (46 %) et non africaine (30 %). De plus l’évolution entre 2008 et 2012 de l’immigration africaine est stable, au contraire de l’immigration d’origine Européenne, démontrant l’attractivité de la France, notamment pour sa qualité de vie. Il doit aussi y avoir un peu de « travailleurs détaché », comme le montre le graphique… merci « l’Europe du marché unique », plus besoin d’aller en Afrique pour aller chercher des « prolétaires » corvéables à merci.




Les migrations intra-européennes : Là aussi, M. Julliard ne dira pas un mot, mais nous assistons à une migration intra-européenne massive depuis la crise de 2008. Bien des jeunes des Pays touchés par les crises et les politiques de récession Européennes « traversent leur frontière » [21] pour chercher un emploi.

Disons le tout net, il n’y a pas de statistiques ou de graphique objectif disponible au niveau Européen, en tous cas accessible au citoyen que je suis. Je ne peux donc reprendre ici que ce que j’ai pu trouver dans les médias « Main-Stream ».

Cependant la lecture des titres de presse d’un « grand quotidien » dit de référence, visualise :



S’y rajoute : « Cette fois, ce n’est ni la misère ni la dictature qui les font fuir, mais le chômage, mal endémique d’une Europe souffrante, le ras-le-bol des politiques d’austérité, quand ce n’est pas la baisse annoncée des pensions de retraite. Une révolte silencieuse – faite sans armes mais avec bagages – commence à inverser les soldes migratoires. » [22]

A « l’insu du plein gré de Julliard », on constate donc que ce sont des raisons économiques de crise qui poussent les populations à se transformer en migrants. Cette logique des politiques d’austérité a engendré une fuite des populations jeunes et qualifiées.

La grande invasion ? La thèse développée par le F.N est toujours la même. Il y aurait « trop d’immigration » notamment africaine, pouvant faire redouter le « grand remplacement ». Mais la réalité des chiffres (merci aux données publiques de l’I.N.S.E.E) dément cette thèse comme le montre les chiffres ci-dessous. Sur une population de 65,2 millions, la France accueille 5,7 millions, ce qui fait moins de 10 % de la population, toute immigration confondue intégrant donc l’immigration européenne, dont on n’a vu plus haut que c’était la plus importante. Il n’y a donc ni « invasion », ni « grand remplacement » et quand on veut vraiment dénoncer le discours populiste d’extrême droite, c’est la chose la plus importante à dire, ce que ne fait pas le journaliste Julliard dans son éditorial sur l’immigration.


Quartiers ou camps de concentration pour migrants ? Dans les années 60 l’immigration ne posait pas de problème de culture. En fait souvent les familles immigrées, cherchaient surtout à se fondre dans le quartier. Ils amenaient le couscous, désormais premier plat de Marseille, et leur youyous chantant le soleil de méditerranée… Ni burqa, ni burkinis à l’horizon et souvent ils pratiquaient leur religion comme 90 % des musulmans actuels, de manière discrète. Les mélanges de couples donnaient naissance à des bambins magnifiques, car il faut vraiment ignorer l’Histoire, pour ne pas se rappeler que les mariages sanguins ne produisent que de la dégénérescence… notamment pour les « sang bleus ».

Mais le capitalisme ne sait faire qu’une chose : « accumuler de la richesse et de la pauvreté » dans des lieux spécifiques.

D’un côté les « immeubles du business » et les villas cossues, de l’autre les banlieues, « bannis du lieu ». L’immigration concentrée dans le 93 fut un outil politique pour détruire politiquement la banlieue rouge. Oui, l’hyper-concentration des migrants dans certains quartiers a été l’outil politique de masse utilisé pour réduire à néant, la « résistance rouge », celle de la « faucille et du marteau » et des centres sociaux, créant de fait ce qu’on appelle des « ghettos », autrement dit des « camps de concentration pour migrants » en vue de diviser le prolétariat et produire les réactions épidermiques [23].


Pourquoi les migrations ? Là est la question qui fâche que surtout Julliard n’aborde pas et pour cause…car posant les questions de fond. Mais pourquoi des africains, plutôt jeune, plutôt aussi bien formés (expliquant pourquoi Merkel les a accueilli), et aussi les plus riches du village [24] (il faut payer les passeurs), partent de chez eux pour risquer la mort ??? La raison première et essentielle est que ces peuples souffrent des guerres.

  • Les guerres militaires (Lybie, Irak, Syrie, Soudan, Erythrée, Yémen autres) et comme c’est curieux, l’origine des migrants clandestins correspond aux guerres que le camp occidental a perpétré.


  • Les guerres économiques conséquence de la mise en place d’un système d’exploitation : « le capitalisme mondialisé ». Afin de ne pas être trop long, je renvoie aux études réalisées sur cette question : https://www.contrepoints.org/2014/02/12/156396-immigration-africaine-pourquoi-quittent-ils-leur-pays
  • Les guerres politiques : Difficulté à sortir du post colonialisme politique. Après la période de décolonisation, l’Afrique a subi une période de dépendance politique selon le concept de la « France-Afrique » : « L’expression « Françafrique » est utilisée, en général de façon péjorative, pour désigner la relation spéciale, souvent qualifiée de néo-coloniale, établie entre la France et ses anciennes colonies en Afrique subsaharienne. Cette relation spéciale entre la France et ces pays est mise en place à la demande du général De Gaulle par Jacques Foccart, placé au poste de secrétaire général de l’Élysée aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, et se caractérise par le rôle des réseaux extra-diplomatiques (services de renseignement, entreprises, etc.) et l’ingérence directe des autorités françaises dans les affaires intérieures des anciennes colonies [25].

La mondialisation ou l’exploitation du monde : En général, l’économiste a besoin, pour démontrer sa thèse, de données statistiques et de graphiques permettant de justifier son explication. Pour le coup, car en définitive chacun peut chercher ces données et car cela serait trop long, j’ai choisi d’illustrer cet intertitre par une caricature qui représente exactement ce qui se passe dans le cadre du système du « Capitalisme mondialisé  ». Oui, l’Afrique et l’Amérique du Sud sont des continents riches, mais ils sont spoliés de leur richesse par un système d’exploitation global, dominé par les U.S.A, qui utilise leur puissance de feu (armée et dollar) pour imposer la servitude au reste du monde. Il n’y aurait pas tant de migrations, si l’Afrique n’était pas pillée, comme elle le fut déjà lors de la première mondialisation (commerce triangulaire) où l’on voyait les bateaux partir d’Europe (notamment les ports de Nantes et Bordeaux) chargés de pacotille (alcool, armes, bibelots) récupérer des esclaves et les exporter comme marchandises en Amérique (Coton). Décidemment la matrice historique marque la planète.



Les mouvements illicites de capitaux : Julliard, là aussi ne cherche pas du côté du mouvement du Capital, qui pourtant fait partie des raisons des mouvements migratoires du sud vers le nord. Les études montrent : « Par définition, l’opacité des PFJ empêche de disposer de chiffres précis, mais selon les estimations les plus sérieuses, les seuls flux illicites s’évadant des pays du Sud via les PFJ [26] oscillent entre 800 et 1000 milliards de dollars. Ces flux illicites comprennent l’argent du crime, de la corruption et de la fraude fiscale (voir tableau 2) qui doit elle aussi être reconnue dans une large acceptation comme illicite. La fraude fiscale et la corruption, sur lesquelles nous nous focalisons ici, doivent de toute urgence recevoir une réponse de la communauté internationale, tant la perte financière pour les pays du Sud est importante et compromet tout effort de la communauté internationale pour lutter contre la pauvreté » [27]. Or en fait, comme aux U.S.A dans les déplacements de la cote Est à la cote ouest, l’humain ne fait que suivre le mouvement du capital. Là où le capital s’investit, se trouvent les activités et l’emploi. Les migrations en fait nomadisme migratoire s’expliquent pour l’essentiel par le mouvement du capital.

FLUX ILLICITE DES CAPITAUX EVASION DE CAPITAUX D’AFRIQUE


La question de la pauvreté ? C’est une question que ne pose jamais Julliard, celle de la pauvreté en Europe. Observons que cette question traverse toute l’Europe. Elle est donc de nature transversale. Il est remarquable d’observer que beaucoup des pays cités par Julliard, pour faire le lien entre immigration et « populisme de droite » se retrouvent ici. La Pologne, l’Italie, le royaume uni, l’Allemagne se retrouvent avec des niveaux de pauvreté importants. Les Etats-Unis avec 18 % de taux de pauvreté se situent dans les pays connaissant aussi un taux de pauvreté élevé.

Soulignons cependant que la pauvreté n’explique pas tout non plus, puisque la France et la Suède, avec des niveaux de pauvreté plus faibles ne sont pas en dehors de la montée des mouvements populistes d’extrême droite. Dans le même temps des Pays comme l’Espagne et le Portugal, avec des taux de pauvreté supérieurs, n’ont pas basculé dans le « populisme de droite », tout en développant des nationalismes spécifiques (Catalogne), qui sont des indicateurs sociaux avancés.

Cependant, à force de nier les questions sociales, l’Europe de la « monnaie unique » qui ne sert que les échanges marchands mondialisés permanents, tourne le dos à l’intérêt des peuples et construit par ses politiques d’austérité sans fin, le terreau sur lequel peuvent se développer les mouvements fascisants…Ca, Julliard, pour des raisons idéologiques ne veut pas et ne peut pas le dire.


L’immigration et l’enracinement humain : Allez, quitte à surprendre le lecteur, je donne ici raison à Julliard qui fait de l’enracinement une matrice de l’humanité. S’appuyant sur Simone Weil, il écrit : « l’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine ». Hormis le concept d’âme, qui renvoie à une approche religieuse de l’humain, la question des racines est toute aussi importante pour l’homme que pour l’arbre. Comme on ne voit pas un arbre se déplacer, pour chercher une terre plus riche, les « racines humaines » se développent dans l’humanité des relations du village et du quotidien où l’on nait : « on n’est pas d’un Pays, mais on n’est d’une ville » [28]. En ces temps de mondialisation, l’immigration n’est donc jamais volontaire, mais toujours subie et comme le dit Mélenchon, « l’immigration et d’abord un déracinement ». L’immigration est donc une violence faite à nos semblables, exigeant en retour, quand ils tombent à la mer, un devoir et une exigence de solidarité. Il n’y eut que les négriers qui dans le commerce triangulaire jetaient par-dessus bord les migrants, esclaves morts, car ne pouvant plus servir pour les champs de coton des blancs d’Amérique. La « civilisation occidentale », porte là sur son front, une tache de sang indélébile, à l’aune de l’Histoire.

Le ventre est encore fécond d’où jaillit la bête : Marx, a écrit : « celui qui ne connait pas l’Histoire est condamné à la revivre  ». Je suis sûr que Julliard, connait l’Histoire. Il sait pertinemment que la cause de la montée des mouvements fascistes (en Italie) et Nazi (en Allemagne) dans les années 30 est la conséquence directe de la crise de 1929, parti déjà des Etats-Unis débouchant sur la seconde guerre mondiale 10 ans après. Les juifs étaient alors jetés en pâture au peuple allemand, souffrant de la misère, comme expédiant facile, comme aujourd’hui les migrants le sont…

Nous sommes en 2018, 10 ans après la plus grande crise qu’ait connue le capitalisme mondial depuis 1929, d’une crise née des flux financiers manipulés par les banques et intermédiaires, sans plus aucun contrôle public. Rappelons ici, que c’est « l’argent public », qui par rachat des « actifs pourris », prêts gratuits, recapitalisations, « nationalisations de sauvegarde » et déficits publics massifs (outil économiques communistes et keynésiens), ont sauvé les marchés de leur propre crise qui a brûlé plus de 28.000 milliards de dollars en 10 mois. J’attends d’être contredit…

Le « sauvetage des marchés » a été payé par les peuples, au nom de la « compétitivité, concurrence, libre échange  », qui sont les seuls mots autorisés d’antenne et qui ont justifié les politiques d’austérité massive générant « chômage et précarité de masse », travailleurs pauvres, SDF etc…

Les causes qui ont généré les mouvements fascistes et nazis de 1930, sont à nouveau présentes, sans compter les relais politiques qui en permanence, pour surtout masquer l’échec de leur politique économique du « tout marché » pour ne pas en changer, vu leur obéissance aux marchés, cherchent en permanence à opposer :

  • Les chômeurs à ceux qui ont un emploi,
  • Les chômeurs indemnisés et les non indemnisés,
  • Les personnes bénéficiant de la solidarité à ceux qui n’ont rien,
  • Les fonctionnaires au secteur privé,
  • Les différentes religions entre elles (musulmanes, chrétiennes, juives),
  • Les couleurs de peau,
  • Les quartiers malfamés aux centres du business,
  • Les jeunes aux plus anciens,
  • Les retraités à ceux qui voient leur droit à la retraite reculer d’année en année,
  • Les migrants aux sédentaires, alors que le capitalisme nous impose à tous d’être « mobile  »
  • Les métropoles du business aux campagnes désertiques…

Et on ne voudrait pas que l’Histoire se répète…en bégayant…

Immigration : la pensée obscure. Dans sa conclusion l’éditorialiste indique : « Il est grand temps que le débat s’ouvre sous des formes claires, non passionnelles et non biaisées. Il est grand temps de relever le défi de l’extrême droite, qui fait, avec succès, de l’immigration son cheval de bataille. Le souci légitime de ne pas reprendre à notre compte la problématique des partis populistes ne doit pas aller jusqu’au refus de répondre aux questions que se posent les classes populaires.

On ne pourrait qu’être d’accord avec l’auteur à son appel à « ces formes claires, non passionnelles et non baisées », mais c’est lui-même qui, de plus, ne s’appuyant sur aucune donnée statistique étayée, transforme « l’analyse lucide nécessaire » pour un sujet aussi complexe et brûlant, en propagande idéologique de sauve garde de la « sainte Europe », sur une question que de plus les peuples ne posent pas naturellement, mais que vous incitez fortement à poser comme première…

C’est encore lui, qui nonobstant sa conclusion, écrit : « les prolétaires eux-mêmes ont des préférences intellectuelles, des passions et même des idées  ». Alors sommes-nous dans une analyse rationnelle où laissons-nous libres cours à des passions dont les seuls « prolétaires » seraient dépositaires et dont il faudrait répondre uniquement sur le principe des valeurs morales (« voter F.N c’est mal) » ?

Soulignons, que dans la conclusion il parle des « classes populaires » alors que dans le milieu du texte il parle soit «  d’ouvriers », soit de « masse populaire » allant jusqu’à utiliser le concept de « prolétariat ». Faut-il faire remarquer à ce journaliste chevronné, censé informer, que ces mots n’ont pas le même sens et ne recouvre pas les mêmes réalités sociales, économiques, culturelles et politiques et qu’à force de tout mélanger comme si tout était égal, on n’entretient l’obscurantisme et on ne fait pas dans… « la clarté ».

Au vu de ces interrogations qui dérangent la « clarté apparente du débat », je me range résolument dans la « pensée obscure », infiniment plus difficile à travailler qui se méfie de la « clarté apparente » [29], car recherchant dans la profondeur économique, historique, sociologique, culturelle des sociétés, en considérant par principe que tout ce qui apparait, « clair en politique », n’a qu’un seul objectif : masquer la profondeur et la difficulté des analyses, d’autant plus que le sujet est brûlant, car « le ventre est encore fécond d’où jaillit la bête » et que les contexte actuel renvoie à une période historique déjà connue.

Non, définitivement non, dans sa profondeur l’immigration, comme le juif en 1938, n’est pas le premier facteur expliquant le vote populiste d’extrême droite qui monte actuellement en Europe. L’analyse du vote populiste d’extrême droite est multifactorielle, et pour ma part, dans les raisons de fond, j’y mets d’abord et de manière structurante les violences économiques et sociales subies par les populations depuis l’implosion de l’URSS [30]…et le désespoir social sous-jacent, dont les forces noires sont l’expression.

Quand les pouvoirs successifs répondent systématiquement non aux revendications sociales et qu’il n’y a plus d’espoir alors on tombe naturellement du « côté obscur de la force ». Si je ne peux atteindre le banquier, bien défendu du haut de sa tour du business et protégé par les lois, alors je me venge sur l’immigré qui, habitant à côté de moi, puisque subissant les mêmes violences, est lui accessible…

L’Europe, une implosion politique lente Ouverture

En fait l’objectif réel de Julliard n’était pas l’immigration, mais « comment sauver le soldat Europe » ce qui explique sa dernière phrase de conclusion : « Les élections Européennes sont le prochain champ de bataille. Autant dire que nous allons y revenir  ». En définitive, comme je l’indiquais dans mon introduction, l’immigration, intitulée du titre, ne sert que de prétexte et de support pour juste défendre « l’idée Européenne », en fait la défense de l’Europe telle qu’elle est actuellement avec ses traités mortifères …

Soulignons à quel point cet éditorial est dangereux, car « à force de jouer avec les allumettes de l’immigration, un jour la forêt peut s’embraser » et, tous nous brûler. Masquer le débat sur les vrais résultats économiques et sociaux de l’Europe, en se masquant derrière l’immigration est à la fois dangereux et pas du niveau d’un éditorialiste de la presse dite libre et dont on voit à quel point l’obédience à l’idéologie du marché les contraint à s’abaisser à produire de l’idéologie déconnectée du réel.

L’intitulé de l’article de Julliard « Immigration : Parlez clair  », doit en définitive être prise au sens premier du terme « qui reçoit beaucoup de lumière ». Or « trop de lumière » amenée sur une seule cause – l’immigration expliquant les votes populistes – aveugle la pensée. Non Monsieur Julliard, l’immigration n’est pas LA RAISON qui explique la montée des « forces populistes de droite et d’extrême droite ». A force de simplification mono causale, on s’écarte de la pensée et on rentre dans la propagande idéologique, d’une idéologie qui vise avant tout à protéger le système lui-même.

Dans cet article monsieur, vous êtes dans l’idéologie pure, car il ne faut surtout pas que la question de l’échec de l’Europe du « marché libre et non faussée » puisse être posée comme faisant partie des causes de cette « implosion politique lente » d’une « Europe immaculée », dont la matrice confine au fanatisme religieux confiée à la pythie (« marché libre et non faussé »).

Julliard dans son introduction écrit : « Nous y voilà. La question de l’immigration, longtemps considérée comme le terrain de manœuvres exclusif de l’extrême droite – au point que quiconque s’y aventurait était ipso facto tenu pour coupable de connivence inavouable avec cette dernière – fait désormais la une de tous les journaux dans tous les pays d’Europe » De fait, Marianne et aussi l’express (« Sur l’immigration, sortons du politiquement correct ») [31] ne traite aucunement de la question de l’immigration [32], mais ces médias « main Stream » se servent de la thématique, uniquement pour chercher à sauver le modèle Européen du marché libre, pourtant en déconfiture sur le plan des résultats réels.

Alors que l’Europe, que subissent les peuples est pleine de tâches indélébiles, du « référendum non respecté  » [33], au glyphosate imposé par l’Américain Monsanto, issu des expérimentations de largage de bombes sur le Vietnam… sans compter les dégâts des politiques d’austérité, renforçant les inégalités sociales au sein même de l’Europe…

Poser la question de l’échec de l’Europe, serait alors remettre en cause ses traités économiques libéraux, que vous soutenez, M. Julliard de tout votre « âme » de « croyant social libéral ».

Le deuxième sens du mot « clair » signifie « transparent, limpide ». Mais justement, l’immigration n’est ni « transparente  » du fait des passeurs clandestins et du trafic illicite généré, ni « limpide » comme « allant de soi  » d’un raisonnement facile expliquant la montée de l’extrême droite.

Non, les migrations (nomadisme migratoire) n’ont jamais été les causes structurantes des votes d’extrême droite, les migrations sont les conséquences du capitalisme mondialisé lui-même. Et dans ce cadre, toujours le Capitalisme, pour se sauver, va chercher à transformer les conséquences de son système en cause apparente, pour se maintenir au pouvoir.

Migrations ou nomadisme migratoire ? Contre le mouvement des apparences, à l’image de Copernic et Galilée, chaussons les « appendices du mouvement réel » (lunettes-connaissances). C’est donc, en suivant la cheminement des forces dominantes, « forces obscures », celles des « marchés financiers » en mouvement permanent (spéculation, trading) mais jamais montrés, ni mis en cause, que l’on peut le mieux comprendre les raisons fondamentales des mouvements du « nomadisme migratoire » contraint et tenter d’y mettre fin, non pour répondre aux « populistes-nationalistes-xénophobes », « d’extrême droite » et libéraux (du « capitalisme libéral ») mais tout simplement car l’immigration (« nomadisme migratoire ») est une violence subie par des peuples, qui ne demandent qu’une chose, la même que nous…

Prendre des vacances là où ils veulent (mobilité choisie) et vivre là où ils sont nés.

Fabrice AUBERT

Le 19 Septembre 2018, Fabrice

Après lectures et relectures et avec une certaine fierté, confirme et signe / le 21 Septembre 2018, Fabrice





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