Aller à…
RSS Feed

21 septembre 2020

le nationalisme saoudien signé MBS



Le mufti wahhabite d’Arabie saoudite, Abdelaziz al-Cheikh, ainsi que 200 membres de cette famille ont publié une déclaration stipulant que Tamim ben Hamad al-Thani, l’émir du Qatar, n’appartenait pas à leur famille. La déclaration a été publiée par Okaz, un journal saoudien officiel. L’émir du Qatar comme la famille al-Cheikh affirment descendre de la tribu des Banu Tamim, originaire d’Arabie centrale.

C’est de cette tribu que provient le fondateur de la tradition wahhabite en personne, Mohammed ben Abdelwahhab, dont l’alliance conclue au XVIIIe siècle avec les al-Saoud a entraîné la création du royaume. Nier les origines tribales de l’émir du Qatar équivaut à une grave insulte en Arabie, où la population et la famille royale sont fières de faire l’étalage de leur noblesse et de leur ascendance tribale.

Des festivals tribaux tournant en dérision l’émir du Qatar ont rapidement été organisés à la frontière saoudienne avec le Qatar, l’autre camp retournant l’insulte. Tout cela expose les contradictions du programme nationaliste global visant à créer de nouveaux citoyens saoudiens à partir de fragments tribaux déployés plus efficacement pour mener une guerre médiatique contre le Qatar.

Dans l’effervescence des guerres et de la poésie tribales, le nationalisme comme la diplomatie sombrent dans l’oubli.
Une illusion contradictoire

La nouveauté que constitue le projet d’ingénierie sociale de MBS en matière d’édification de la nation est une illusion contradictoire, comme tous les projets nationalistes passés et présents. Une forme édulcorée de patriotisme est appréciée pour inciter les citoyens à agir, mais la xénophobie, le tribalisme et le cosmopolitisme superficiel ne sont guère compatibles avec un projet néolibéral visant à transformer l’Arabie saoudite en une économie productive, un pays tolérant et une société ouverte.

Alors que tout nationalisme est une construction, la variante saoudienne actuelle ne semble pas reposer sur des bases solides. S’il ne fait aucun doute que MBS a séduit les jeunes en ouvrant la société et la culture, il faudra plus que des matches de football ou des concerts de rock pour en faire des ressortissants saoudiens animés d’un esprit entrepreneurial.

MBS ne peut pas se contenter de vendre des mots, des symboles et des promesses aux jeunes. Il doit faire en sorte que le nationalisme produise des avantages concrets tels que des emplois, une inflation faible et la sécurité. Il ne peut pas être à la tête de toutes les décisions et s’attendre à ce que la nation participe à la réussite de ses projets.

Tant que les jeunes resteront une catégorie exclue du processus décisionnel et du gouvernement, ils se divertiront en brandissant des drapeaux à chaque match de football et encourageront les joueurs de leur équipe nationale.

Mais l’exclusion politique telle que la connaissent tous les citoyens en Arabie saoudite fera de la nation une construction fragile qui se flétrira et s’effondrera en tant qu’idéal. Cela ne peut que produire une xénophobie et un sectarisme contre-productifs.

Le rêve national saoudien perdra son souffle s’il demeure un simple projet gouvernemental qui n’est pas fondé sur des avantages concrets pour tous les citoyens.

Pour échapper au côté obscur du nationalisme excessif, MBS doit se rendre compte que l’exclusion est l’ennemie d’une édification durable de la nation. Le nationalisme fondé sur l’exclusion n’est ni juste ni durable. L’édification de la nation repose sur l’inclusion.

– Madawi Al-Rasheed est professeure invitée à l’Institut du Moyen-Orient de la London School of Economics. Elle a beaucoup écrit sur la péninsule arabique, les migrations arabes, la mondialisation, le transnationalisme religieux et les questions de genre. Vous pouvez la suivre sur Twitter : @MadawiDr.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Photo : Mohammed ben Salmane veut façonner une nouvelle nation saoudienne jeune et hyper-moderne, avec l’égalité des sexes comme symbole central de sa signature (AFP).

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.



Source link

Mots clés: , , , , , , , , , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut