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23 septembre 2020

Mélenchon ou l’opposant carton-pâte | 24heuresactu.com



Il y a les discours d’un côté, et la réalité de l’autre. Un côté insoumis et l’autre côté complètement soumis. Vendredi soir, Jean-Luc Mélenchon a sombré sans crier gare face à un Emmanuel Macron qui n’en demandait pas tant. Les deux hommes se sont retrouvés « par hasard » sur le Vieux port de Marseille pour un spectacle tragi-comique où le soi-disant opposant numéro un s’est retrouvé nu comme un ver. Sous le costume, le vide d’un allié véritable du macronisme.  

Les journalistes ont enfin trouvé la réponse à une question qui n’aurait même pas dû être posée tant elle est idiote. Qui est l’opposant numéro un à Emmanuel Macron et sa petite clique ? Jean-Luc Mélenchon a donné la réponse sur un plateau vendredi soir. Quelques minutes d’échanges pour en arriver à la conclusion qui s’impose. Le premier opposant est une opposante et s’appelle Marine Le Pen. Une présidente du Rassemblement national qui est venue rapidement au cœur de la conversation entre les deux hommes. Mais avant de revenir sur les risibles propos de ce duo comique, mais néanmoins dangereux, il est bon de resituer la scène pour en apprécier toute la saveur.

Soumis comme un Insoumis

Mélenchon est sur ses terres à Marseille. Arrivé en tête du premier tour de la présidentielle dans la cité phocéenne, il s’est précipité sur une circonscription aux législatives pour enfin échapper au Parlement européen. Mieux vaut être député français que député européen pour avoir la clé de tous les studios de télévision. Mélechon a donc fait de Marseille son fief, et il a vu d’un mauvais œil la roucoulade franco-allemande se faire sans sa bénédiction (républicaine, cela va de soit).

Alors que Macron et Merkel ont sorti les rames pour appeler à une Europe ouverte à l’immigration massive, Mélenchon tentait de mobiliser le peuple marseillais pour dans un discours choc sur l’immigration. Ne rassemblant quelques badauds ahuris, Mélenchon a cru bon muscler son discours en affirmant que Macron est « Le plus grand xénophobe qu’on ait, c’est quand même lui, monsieur le président de la République française, qui vient de faire voter une loi dans laquelle il est prévu qu’on peut tenir en centre de détention des familles, enfants compris, pendant 95 jours ». L’insulte est lancée et vaut le détour tant elle est mensongère.

Macron a bien des défauts, mais pas celui d’être xénophobe. Il aime tellement les étrangers qu’il en oublie les Français… La saillie remonte jusqu’à l’Elysée, et Macron se dit qu’il va aller jouer avec un Mélenchon qui perd ses nerfs dans sa solitude marseillaise. En fin de soirée, Macron va donc au contact de ces gueux de Français non pas pour les écouter et les comprendre, mais dans l’espoir de croiser Mélenchon qu’il sait n’être pas loin. En effet, le chef des Insoumis a fait en sorte de retrouver son adversaire déclaré et attend sagement dans un bar que le président passe.

La rencontre finit par se faire et là, le choc. Les deux hommes prennent un ton mielleux, s’échangent des amabilités et font de Le Pen leur ennemie commune. Quand un journaliste interroge Mélenchon sur sa diatribe du jour dans laquelle il avait qualifié Macron de « plus grand xénophobe qu’on ait », le trotskiste fait semblant de ne pas comprendre, affirme qu’il n’a jamais dit ça et met de tels propos (s’ils ont été tenus) sur le compte de « l’exagération marseillaise ». Macron fait mine de le croire. Il a gagné. Le roquet Mélenchon s’est mué en petit chien qui attend un su-sucre de son maître.

Cet échange est révélateur du cirque politique français. La Macronie a raflé la plupart des socialistes. Les Républicains sont paumés et déchirés. Le Pen continue seule sa croisade contre la mort programmée de la France. Mélenchon, lui, n’est qu’un opposant d’opérette. Un fabriquant de discours qui se couche dès qu’il rencontre plus fort que lui. Voter pour ce trotskiste, c’est l’assurance d’avoir un Tsipras à la française. Le genre d’individu qui insulte les Macron et Juncker et qui concluent des alliances et pactes avec eux sur le dos du peuple et des promesses qui lui ont permis de prendre le pouvoir. Mélenchon, opposant carton-pâte.

Il ne reste plus que le Rassemblement national et quelques étoiles minuscules gravitant autour pour faire de l’opposition crédible et réelle. Mélenchon vient de se tirer une balle dans le pied, mais en faisant ainsi il a donné un bol d’air à une démocratie qui se meurt. Après 36 heures d’apathie, la baudruche Méluche a repris son souffle et expliqué qu’il n’allait « pas à minuit et demi, dans un bar, m’engueuler avec le président de la République » et d’ajouter que « Oui, quand le président vient à ma rencontre sur ma circonscription, mon rôle n’est pas de jouer à un autre épisode de Kaaris et Booba ». Entre la bagarre de rue et la soumission grotesque, il y a un monde que Mélenchon ne semble pas voir. Tant mieux pour les électeurs qui ont encore des yeux et des oreilles. S’ils ont aussi une mémoire, ils sauront quel bulletin mettre dans l’urne aux prochaines européennes.





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