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25 septembre 2020

L’Argentine dans le piège de la dette et ce n’est pas la Chine !



Obsédées par la paille devant l’œil du voisin, ces élites se montrent incapables de remettre en cause la politique néolibérale de privatisations et d’austérité budgétaire, alors qu’elles déplorent les conséquences que sont la montée des « populismes » et le rejet des immigrés.

Ainsi, dix-sept ans après la crise de la dette et le combat courageux de Nestor Kirchner contre les créanciers de l’Argentine, le même scénario se déroule devant nos yeux. La valeur du peso argentin s’est effondrée de 17 % vendredi dernier, pour une chute de 50 % depuis le début de l’année 2018, forçant la banque centrale à augmenter ses taux d’emprunts à 60 %, les plus élevés du monde.

La situation sociale dans le pays est explosive, après bientôt trois ans d’une politique de réduction des déficits publics (ramenés de 6 % à 3,9%), suivie à la lettre par un président Mauricio Macri soucieux de contenter les « fonds vautours » qui l’ont propulsé au pouvoir en décembre 2015. Rappelons qu’il s’agit là des 7 % des créanciers qui avaient refusé en 2005 le plan de restructuration de la dette imposé par Kirchner, et qui avaient attendu leur heure pour revenir à la charge.

L’inflation est actuellement de 30 %. Le taux d’enfants pauvres atteint 45 % dans la grande banlieue de la capitale argentine, et la pauvreté touche désormais 33 % des 41 millions d’Argentins, avec une augmentation de 3 % en quelques mois. Les salaires et les pensions ont été gelés, tandis que les tarifs des services publics ne cessent d’augmenter. Parents et grands-parents vont manger dans les cantines populaires aux côtés des enfants.

Face à la crise monétaire et afin de convaincre le FMI d’accélérer le versement de 43 milliards de dollars du prêt accordé en juin, le gouvernement de Macri a annoncé un nouveau plan d’austérité, qui comprend : la suppression de 13 ministères sur 23, dont ceux de la Santé, du Travail, de la Culture, de la Science et la technologie, de l’Agriculture et de l’Énergie, transformés en secrétariats d’État ; des taxes sur les exportations de produits agricoles et manufacturés ; des coupures drastiques dans les investissements de travaux publics ; le gel des budgets régionaux ; etc.

Lors de son discours télévisé, éludant totalement le fait que la crise argentine est déterminée par la faillite de l’ensemble du système financier transatlantique, Macri a expliqué que les récents événements étaient « hors de son contrôle », et que seule une coopération avec le FMI permettra de mettre fin à la crise et de créer une Argentine « moderne ». « Nous vivons toujours au-dessus de nos moyens » a-t-il osé ajouter.

Les concerts de casseroles contre l’austérité résonnent de nouveau dans les rues argentines, en une réminiscence des manifestations lors de la crise de 2001, et la statue du commandeur de Nestor Kirchner hante les mauvaises consciences, rappelant la phrase qu’il avait alors scandé aux créanciers : « les morts ne paient pas les dettes ».

Cette politique suicidaire, présentée comme la seule alternative – « il faut bien payer ses dettes ! » dit la bonne morale – produit les mêmes ravages partout, de Gênes à Buenos Aires en passant par Rio de Janeiro, où l’incendie qui a ravagé le plus grand musée d’histoire naturelle et anthropologique d’Amérique latine nous donne une terrible métaphore d’une société qui, ayant sacrifié son avenir sur l’autel du libéralisme financier, réduit désormais en fumée la connaissance de son passé. Il est temps d’y mettre un terme.



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