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19 septembre 2020

L’empire américain : la terminale phase trois



C’est bien connu : pas d’empire sans imperium. Et ce magistère-ci nécessite trois facteurs : autorité, persuasion et puissance. Seulement le rapport entre les trois est quelque peu ambigu. D’aucuns, et pas des moindres, confondent souvent autorité et puissance.

Pourtant les deux concepts sont antinomiques. Irréconciliables. En fait quand la puissance se met en action, c’est que l’autorité a déjà échoué. De même que, quand l’autorité est respectée, c’est que la force est au repos, absente ou sans utilité.

Entre les deux, la persuasion agite ses bons offices. En zone tampon, elle permet pour cause de remettre en droit chemin ceux qui, bravant l’autorité, s’exposent désormais à la coercition et à fortiori à sa pièce maîtresse : la force.

De ce fait, le siècle américain entame sa dernière ligne droite. Celle de la force et la puissance. Car, en manque d’autorité impériale et peu douée en matière de persuasion, l’Amérique de Trump engage de sitôt le rapport de force.

Seulement la force est limitée, fut-elle celle des États-Unis d’Amérique. D’autant plus qu’en plus qu’elle ne dure jamais, elle fait souvent des ennemis. Ceux-là mêmes qui, frustrés et lésés, finissent toujours par se résigner à déboulonner l’empire finissant.

Ainsi, la force a en effet un effet inverse fatal . Elle se retourne pour cause contre son initiateur.
En fait à la proche de leur fin, les empires se montrent extrêmement nerveux ce qui a pour conséquence de montrer à leur adversaire leur faille.

Les dernières sorties tonitruantes de Trump en sont l’exemple le plus éclatant. En effet, en imposant des sanctions économiques à toutes les puissances de la terre, il accéléra la volonté de ces États de se séparer du système financier américain et son imperium monétaire, le seul indisputable pour le moment.

Pour le moment seulement car de ce fait les échanges qui contournent le dollar seront nombreux prochainement, notamment en Europe, le client préféré de l’Amérique. Surtout que l’Angleterre, cheval de Troie de l’empire en Europe, ne s’y trouve plus et est en conséquent incapable de fléchir comme à l’accoutumée les décisions du Conseil européen.

Le 11 novembre prochain, le siècle américain sera complet. D’ici là, aucun doute que le système financier mondial, outil de répression impériale par excellence, sera malmené dans son monopole planétaire jusqu’à peu indiscutable.
Entamant ainsi la phase terminale d’un empire finissant, celle de la puissance, après avoir épuisé sous Trump aussi bien son autorité que sa persuasion.



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