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18 septembre 2020

Erdogan perd sa livre | 24heuresactu.com



Le tout-puissant Erdogan serait-il un pantin à la merci des marchés financiers ? L’homme fort de Turquie ne sait plus comment enrayer la chute de la livre turque. Depuis vendredi dernier, le dollar enfonce la monnaie nationale turque et fait craindre une explosion d’une économie déjà guère convaincante. Malmené, Erdogan s’en prend à tout le monde et dénonce un « complot ». Une rhétorique utilisée sans cesse par celui qui a tellement fait le vide autour de lui qu’il se retrouve à gérer une crise monétaire avec l’aide de son seul gendre…

Longtemps, les Eurocrates nous ont vendu le mirage turc. La Turquie c’est l’avenir, la démocratie, des possibilités économiques incroyable. La Turquie, c’est l’Europe. Depuis que ce pays a imposé son vrai visage à la face du monde, les Bruxellois sont beaucoup moins diserts quant aux atouts d’une Turquie peu fréquentable. Et leur dernier argument est en train de plonger à pic en suivant les péripéties de la livre turque. La monnaie est dans la tourmente et il n’a fallu que quelques tweets trumpiens pour mettre le chaos dans le pays. Autant dire tout de suite que l’économie turque est aussi solide qu’un château de cartes au milieu d’une tempête.

Un tweet et les milliards s’envolent

La Turquie devait devenir le modèle de l’Union européenne au XXIe siècle. Les Bruxellois font finalement sans (mais on trouvé la parade) et la Turquie vogue là où son destin l’appelait, c’est-à-dire vers un régime autocratique qui fait de l’Islam le principe de base de tous les comportements sociaux. Cette évolution aux antipodes de la marchandise vendue par les Eurocrates depuis vingt ans n’a pas choqué plus que cela des Etats-Unis habitués à faire des affaires avec des régimes au moins aussi peu recommandables que ceux qui apparaissent régulièrement dans l’Axe du Mal. La Turquie aurait donc pu continuer à s’enfoncer tranquillement dans ses délires si elle n’avait pas croisé le chemin d’un… pasteur américain.

Car à l’origine de la chute de la livre turque, il y a la vie d’un pasteur américain, Andrew Brunson. Installé en Turquie depuis vingt-trois ans, cet homme d’Eglise sans histoire a été arrêté il y a deux ans dans la foulée du coup d’Etat raté de 2016. Accusé d’être lié à des organisations jugées terroristes par Ankara, le pasteur (qui n’a donc pas « la bonne » religion dans une Turquie qui hurle son amour pour l’Islam) croupit dans les geôles turcs depuis deux ans. Les Etats-Unis pensaient qu’une audience, il y a deux semaines, aboutirait à sa libération, mais ce ne fut qu’un placement en résidence surveillée qui fut décidé.

Une décision prise comme un camouflet personnel par Trump qui a commencé à faire de la diplomatie comme il en a l’habitude, c’est-à-dire sur Twitter. Les menaces contre la Turquie se sont multipliées et cela a suffi pour que tous les investisseurs et financiers commencent à chercher une porte de sortie. La Turquie leur est apparue soudainement peu intéressante. Il faut croire que le miracle économique turc n’était qu’une illusion, car décamper du paradis sur un simple tweet, cela n’est pas très sérieux.

Et après les menaces, Trump est passé à la vitesse supérieure en annonçant vendredi dernier (sur Twitter évidemment) que les taxes sur les importations d’aluminium et d’acier turcs seraient doublées. Deux matières symboliques, mais qui ne dessinent en rien le visage économique de la Turquie. Pourtant, en quelques heures c’est la débandade. La livre turque perd 16 % et la chute a continué lundi malgré les prises de parole multiples des autorités turques pour dire que tout allait bien et que des mesures seraient prises pour aller vers le mieux. Hier, la monnaie turque a remonté un bout de pente, mais combien de temps pourra-t-elle résister aux spéculateurs ? Car en quelques jours, la Turquie est devenue la cible de marchés financiers assez puissants pour que l’économie (la 17e au monde) se fracasse et ne se relève que grâce au poison distillé par le FMI.

Les spéculateurs contre Erdogan ? Contre Erdogan et contre son gendre, car pour mettre fin à la crise, le ministre turc des Finances n’est autre que le gendre du roi-président. Avec ce duo de choc, les Turcs peuvent commencer à s’approvisionner en aliments de première nécessité. La Turquie est entrée dans la grande essoreuse et seule une vassalisation en faveur de Trump pourra empêcher une destruction d’une économie qui n’avait déjà pas grand-chose d’impressionnant.





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