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30 septembre 2020

Benalla : communication contre vérité



L’exécutif a décidé que la page de l’affaire Benalla-Macron devait être tournée. Il a même été décidé qu’il n’y avait pas d’affaire du tout. Selon la légende que les macronistes tentent d’écrire, Alexandre Benalla était un employé dévoué qui a fauté une fois et qui a été sanctionné comme il se doit. Et pour appuyer leurs propos, Benalla multiplie les sorties médiatiques en se donnant des airs de gendre idéal. L’image est belle, mais bien éloignée de la réalité.

Trois interviews en quatre jours ! Alexandre Benalla est soit devenu un homme politique, soit le chômeur le plus courtisé de France. L’ancien bras droit de Macron a eu les honneurs du Monde, de TF1 et du JDD. Et à chaque fois un discours lénifiant qui ridiculise (sans s’en rendre compte) cet expert auto-proclamé de la sécurité et son ancien employeur peu regardant. Plus les jours passent, plus cette équipe de bras cassés a du plomb dans l’aile. Pour se couvrir, ils lancent des demi-vérités et de gros mensonges rapidement démentis par des vidéos ou des témoignages.

Gendre idéal… dans les médias seulement

Comment faire croire à l’incroyable ? Tous les politiciens rêvent de découvrir cette potion magique. Emmanuel Macron l’a trouvée et utilisée avec succès, mais l’affaire Benalla-Macron marque les limites de ce breuvage. Depuis plusieurs jours, la contre-attaque de la macronie s’organise et l’un des angles désormais privilégié est de mettre Benalla et sa frimousse dans tous les médias « sérieux » pour y tenir un discours impossible à porter sans une bonne dose de cynisme.

Mais avant d’entrer dans les propos, il faut donner une bonne image. Alors les communicants qui se pressent autour de l’ex-faux policier sont au travail. Benalla a quitté sa barbe qui contribuait à lui donner un genre plutôt… Allez, ne critiquons pas le physique de cet expert de la sécurité qui semble avoir un bon coup de fourchette ! Après cette première étape capillaire, il a fallu penser à la garde-robe. Fini les sweatshirts à capuche pour interpeller incognito. Le temps des costards-cravates est arrivé ! On ajoute des lunettes pour donner un petit côté intellectuel et le tour est joué. Ou comment passer d’une tête brûlée, à un gendre idéal qui pourrait se lancer en politique !

Et avec ce qu’il raconte et surtout ce qu’il ne raconte pas, les portes d’En Marche pourraient s’ouvrir devant lui ! Comme tous les protagonistes de cette histoire, Benalla joue à l’équilibriste. Il n’est coupable de rien, mais son cher Emmanuel Macron non plus. Pourtant Macron prenait la faute pour lui il y a encore une semaine… C’est à ne plus rien n’y comprendre ! Mais là est le but. Il faut emmêler toute l’affaire pour dégoûter le citoyen qui préférera qu’on lui parle des chaudes températures en France…

« J’ai pas tapé » a clamé Benalla. Merci bien pour cette défense digne d’un garçonnet de 7 ans, mais la question n’est pas là. Ce qui lui est enfin reproché par la justice est d’avoir interpellé avec violence (pas besoin de taper pour qu’il y ait violence) des individus. Des interpellations illégales étant donné son statut. Mais la macronie a plus d’un tour dans son sac. Interpellation ? Quelle interpellation ? Dans le JDD (à la couverture grotesque), Benalla assure qu’il n’a procédé à aucune interpellation au Jardin des Plantes le 1er mai dernier. Et oui, non content de molester les gens sur la place de la Contrescarpe, il a aussi joué au citoyen modèle (c’est sa défense) au Jardin des Plantes. Il dit affirme : « J’étais derrière les policiers en tant qu’observateur, on peut le voir distinctement, je n’ai ni casque, ni brassard, ni radio ».

Et à peine sa version des faits donnée, une nouvelle vidéo le montre avec son ami Vincent Crase en train de précéder les policiers et d’interpeller un pauvre quidam. Ça fait tache ! Les mensonges s’accumulent encore et toujours. Mais Benalla n’est pas le seul à avoir un rapport compliqué avec les faits. Son protecteur aussi. En effet, tout montre depuis le début de l’affaire que Macron a protégé son poulain malgré la gravité de ses actes. Des faits connus de Macron quelques heures à peine après qu’ils se soient produits.

Et pourtant, quand Benalla lui a présenté sa démission, le président a préféré le garder à ses côtés. Le discours sur l’autorité et la vision présidentielle prend un nouveau coup. Pourquoi donc Macron-a-t-il insisté pour garder Benalla (et ses privilèges) à ses côtés ? Le mystère reste entier, mais la vérité a été tellement obstruée depuis trois mois qu’un coup de pioche au bon endroit pourra la faire jaillir. Elle ne demande qu’à ça malgré les efforts désespérés d’une macronie aux abois. Alors piochons et mettons fin à ce règne peu conforme à ce que devrait être une vraie démocratie.





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