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22 septembre 2020

Vol au dessus d’un nid de frelons



Que faire pour ne plus parler des affaires ? Le plus simple est peut-être de créer un événement mystérieux qui retiendra le souffle de toute une France qui ne jure que par son président chéri ! Alors on assomme les Français avec une histoire de drone survolant le fort de Brégançon en espérant nous faire croire que cela est bien plus important que les mensonges et compromissions de certains très proches du pouvoir. La tentative était belle, mais cousue de fils blancs. Exposons tout en place publique une bonne fois pour toutes pour évacuer le superflu et ne retenir que l’essentiel.  

Les Français auraient-ils pris Macron au mot ? « Qu’ils viennent me chercher » criait-il devant ses quelques fans déguisés en députés ! Les Français n’ont malheureusement pas le droit de venir chercher le président qui les réclame pourtant, mais au moins ils savent où le trouver. Monsieur est à Brégançon en compagnie de son épouse à potasser les moyens à mettre en œuvre pour ne plus que les turpitudes de la Macronie se retrouvent en première page. Quand le drame arriva.

Un drone de perdu et une affaire d’Etat retrouvée

C’était lundi, il faisait beau, le soleil brillait fort jusqu’à ce qu’un drone ne vienne perturber la tranquillité présidentielle. Les services de communication de l’Elysée ont alors accaparé les médias pour raconter cette histoire inintéressante au possible. Mais il faut combler le vide et surtout ne plus parler de ce qui fait mal : l’affaire Benalla-Macron. Drone abattu ? Toujours en vol ? Qui derrière ce survol dramatique ? Après avoir monté ce cirque, l’Elysée a déclaré ne pouvoir donner aucun élément car une enquête était en cours. Quelle farce ! Finalement, la préfecture du Var (moins soucieuse de l’enquête ou alors moins grotesque que l’Elysée) a déclaré que « le drone a été neutralisé, c’est-à-dire que les ondes ont été brouillées, ce qui a provoqué sa chute puisque ce type d’appareil se pilote à distance avec des onde ». Il se murmure même que ce sont les mensonges répétés en boucle par les occupants du fort de Brégançon qui ont formé ces ondes destructrices !

Remis de ses émotions, le président s’est offert un « bain de foule » de quinze minutes le lendemain pour jouer au monarque proche du peuple. Aïe, loin de ses prompteurs, il perd les pédales et le fil de ses caprices… En effet, Macron clame haut et fort qu’il est un Français comme les autres (bientôt le retour du président normal ?). On l’entend dire le plus sérieusement du monde : « Je n’aime pas les piscines, je préfère mille fois la mer ! ». Eh hop ! Une piscine à 34 000 euros toute neuve inutile. Alors que l’Elysée prétendait qu’une piscine permettrait de ne pas débourser 60 000 euros de frais de sécurité pour les baignades en mer, on apprend donc que les 60 000 euros sont plus que jamais nécessaires et que le caprice à 34 000 euros ne servira pas. L’addition est lourde, mais les comptes les plus importants à rendre sont d’une autre nature.

Du drone à la piscine, il ne faudrait pas oublier les derniers rebondissements dans l’affaire Benalla-Macron. Rappelez-vous cette sombre affaire à des années lumières du fort de Brégançon… Une affaire dans laquelle de nouveaux mensonges ont été révélés. Décidément, il faudrait apprendre à bien mentir ou alors encore mieux, dire la vérité. Parmi les pris en flagrant délit, on retrouve Alexandre Benalla et le préfet de police de Paris… Ce brave citoyen qui répond au doux nom de Benalla avait osé affirmer qu’il avait interpellé des personnes particulièrement agressives et qu’elles n’avaient pas donné leur véritable identité (dixit le préfet de police de Paris pour la seconde partie). Deux mensonges confondus par l’enquête qui prouvent une fois de plus que Benalla raconte n’importe quoi, mais pour couvrir quoi exactement ? Sa petite personne n’est pas seule en jeu, car soutenu encore par les très proches du couple présidentiel…

Des mensonges qui sont presque à relativiser par rapport à la confusion mentale dont semble être victime le préfet de police de Paris. Lors de son audition devant les Parlementaires, il avait eu le courage de dénoncer des « copinages malsains ». Il n’était pas allé plus loin, car il faut bien garder son poste, mais une carte signée de sa main pourrait bien faire croire qu’il copinait lui aussi. Ainsi, Le préfet de police a écrit un mot très amical à Benalla en commençant sa prose par « Cher ami ». Le courrier date du mois de juin 2018 et confirme le fait que les deux hommes se connaissaient contrairement aux dires sous serment du préfet ! Mentir sous serment vaut un renvoi sur le champ dans une démocratie normale. Mais en France…

En France tout est possible et même le plus improbable. Ce n’est pas Alexis Kohler qui pourra dire le contraire. Enfin si, il le peut, car tout est possible donc ce qui inclut même nier l’évidence. Mais tant qu’il sera possible d’écrire quelques lignes amicales au sujet de ceux qui nous gouvernent, 24 heures actu ira embêter ceux qui souhaitent plus que jamais bâillonner les bouches et les esprits libres.



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