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juillet 18, 2018

Restitution des biens des colons et retour des harkis: quand Paris fait pression sur Alger


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La très anticolonialiste Organisation Nationale des Moudjahidine Algériens est très remontée contre la France. En substance, si la France pense pouvoir faire pression sur l’État algérien, pour qu’il accepte ses desseins au Sahel, ou sur la question de créer des camps de migrants sur son sol, en brandissant la menace de la restitution des prétendus biens des colons et des pieds noirs en Algérie et le retour des harkis, qu’elle sache que c’est une cause perdue. C’est en tout cas le point de vue exprimé par l’ONM par voie de communiqué le 10 juillet selon l’Algérie Presse Service (APS).

La question de la restitution des prétendus biens des colons et des pieds noirs, ce que réclamerait la France, «ne pourrait en aucun cas servir de moyen de pression et de chantage, eu égard aux grands sacrifices consentis par le peuple algérien durant la révolution», a indiqué le communiqué de l’ONM. Tous ces biens qui sont évoqués par la partie française «ont été spoliés de leurs propriétaires légitimes par la force et en vertu de lois iniques, a-t-il ajouté.

Tout en rappelant que le droit international «n’approuve pas la spoliation comme outil de confirmation du droit de propriété, aussi bien pour les individus que pour les États», l’Organisation des anciens combattants algériens a souligné que l’État algérien a classé ce dossier après l’avoir traité via la mise en place d’un système juridique «qui a consacré le droit du peuple algérien à la restitution de ses biens spoliés, conformément à la légalité internationale».

Concernant le retour des Harkis en Algérie, le communiqué de l’ONM est catégorique: «Le dossier des harkis a été clos définitivement pour l’État algérien et, par conséquent, il ne fera en aucun cas l’objet de chantage. C’est une question qui concerne la France seule et n’a aucune relation avec notre État.» A ce titre, l’organisation algérienne a relevé la position des autorités françaises à l’égard des citoyens français qui ont choisi de collaborer avec les nazis lors de l’occupation de la France. «Bien que plus de 70 ans sont passés, ils continuent à faire l’objet de poursuite et de sanctions outre leur privation de leurs droits civils», a indiqué le communiqué.

En conclusion l’ONM a dénoncé le fait que certains responsables français «sont toujours nostalgiques de “l’Algérie française” au point de revendiquer des droits illégitimes sur lesquels l’histoire à dores et déjà tranché».

«Le gouvernement Français n’a pas abandonné la question des harkis», a déclaré, le 7 juillet, Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaire étrangères, répondant à un député de la majorité présidentielle qui l’avait interrogé, au mois de mai, sur le droit des harkis à «retourner dans leurs pays, l’Algérie», selon le média électronique Algérie Monde Info dans son édition du 8 juillet. «Le dossier est toujours au centre de discussions avec les autorités algériennes et le gouvernement français ne l’a pas abandonné. Il fera son mieux pour résoudre cette question est permettre de préserver le droit des harkis à retourner dans leurs pays», a-t-il ajouté.

Les propos du chef de la diplomatie française, ainsi que cette question de la restitution de biens des colons, se tiennent à l’opposé des déclarations du candidat à la présidentielle française, Emmanuel Macron, le 15 février 2017, à Alger, dans un entretien avec le quotidien algérien Echorourk News où il a évoqué la colonisation. «C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes», a déclaré le candidat. «En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé, et je ne regrette pas cela parce qu’il y a une jolie formule qui vaut pour l’Algérie: la France a installé les Droits de l’Homme en Algérie, simplement elle a oublié de les lire», a-t-il ajouté.

La crise migratoire qui s’est déclenchée dans la région du Sahel après l’intervention de l’Otan en Libye, est perçue par les autorités algériennes comme un problème de sécurité nationale. Malgré des demandes incessantes de la part de certains pays pour intervenir militairement dans la région du Sahel, l’Algérie a toujours opposé une fin de non-recevoir.

La France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, et depuis un certain temps les pays du Golfe, selon des sources citées par Le Soir d’Algérie, dans son édition du 4 avril 2018, seraient les pays qui essayent «de faire changer d’avis aux Algériens sur leur position de non intervention au Sahel». Selon elles, certains pays, qu’elles n’ont pas nommés, «ont proposé carrément à l’Algérie de lui fournir tout le matériel militaire, toute la logistique nécessaire pour intervenir mais celle-ci a toujours refusé». C’est un principe net inscrit dans la politique algérienne de défense depuis la charte de 1976, ont affirmé les mêmes sources.

Actuellement, une force militaire africaine, le G5 Sahel (G5S), à laquelle participe le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie, s’est constituée sous les auspices de la France dans le but de lutter contre le terrorisme dans cette région, en renfort des forces françaises et américaines déjà déployées à cet effet au sein de cet espace géographique. L’Arabie saoudite a de son côté promis de participer au financement du G5S.

L’Algérie, qui s’était opposée à l’intervention occidentale en Libye, a décliné l’invitation de rejoindre le G5 Sahel et refuse catégoriquement d’engager son armée au-delà de ses propres frontières. Alger a aussi refusé d’installer des camps de migrants, au profit de l’Europe, sur son territoire.


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