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juin 24, 2018

Cheminots contre Macron : la grève contre la réforme de la SNCF est la plus longue depuis 30 ans


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Mobilisés contre la réforme de la SNCF, les cheminots ont cumulé 29 jours de grève en deux mois et demi. Ainsi, la réforme du rail souhaitée par Emmanuel Macron a provoqué à la grève la plus longue de ces 30 dernières années.

Ce 12 juin, les cheminots étaient mobilisés contre la réforme de la SNCF à hauteur de 17,63%, dont 53,4% de grévistes chez les conducteurs. En ce 29e jour de grève, le conflit social devient ainsi la plus longue grève des trois dernières décennies. Face à ce constat, l’AFP a rappelé les dates des plus importants mouvements sociaux au sein de l’entreprise ferroviaire depuis 1986.

Décembre 1986, janvier 1987 : la grande grève

Durant 28 jours, du 18 décembre 1986 au 15 janvier 1987, les cheminots participent à un mouvement social déclenché par la dégradation des conditions de travail et une nouvelle grille des salaires au sein de la fonction publique. Cette dernière est largement mobilisée, RATP et EDF en tête. Si à la SNCF le mouvement s’essouffle à partir du 9 janvier, des cheminots affirment revenir au travail «la rage au ventre» avec l’impression de ne pas avoir été entendus. La direction plaide quant à elle pour une «modernisation».

Décembre 1995 : Juppé et la réforme des retraites

Du 24 novembre au 15 décembre 1995, le trafic ferroviaire est paralysé pendant 22 jours. En cause : le projet de réforme des régimes spéciaux de retraite d’Alain Juppé, alors Premier ministre, et un nouveau contrat de plan entre l’Etat et la SNCF.

L’annonce par Alain Juppé, le 11 décembre, du gel du contrat de plan et du maintien des régimes spéciaux met fin au conflit. Jean Bergougnoux, alors président de la SNCF, démissionne quant à lui le 15 décembre.

Avril et mai 1997 : contrôleurs en colère

Les contrôleurs se mettent en grève pendant près de dix jours, en avril et mai 1997, alors qu’ils sont désormais désignés comme «agents commerciaux de trains». Les grévistes réclament des effectifs supplémentaires, une revalorisation de primes et protestent contre la réorganisation de leur travail.

Le mouvement social mobilise de 70 à 90% des 10 000 contrôleurs de l’époque.

Mars et avril 2001 : cap contre le «Cap clients»

En mars et avril 2001, les conducteurs se mobilisent deux semaines pour réclamer des revalorisations salariales et contester le projet «Cap clients» de Louis Gallois, alors président de la SNCF. Le projet vise à à réorganiser l’entreprise par secteurs d’activités.

Le 5 avril, Louis Gallois décrète une pause dans son projet. 

Novembre 2007 : Sarkozy remet le couvert sur les retraites

Les cheminots font près de 15 jours de grève, en novembre 2007, pour protester contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, promise par le président Nicolas Sarkozy. La mobilisation cesse après l’ouverture de négociations entre l’Etat, la direction et les syndicats à partir du 21 novembre.

Avril et octobre 2010 : fret et retraites

Au mois d’avril 2010, la CGT et SUD-Rail appellent à une mobilisation face à la réorganisation par branches, en particulier de l’activité du fret. La grève dure près de deux semaines.

En octobre, la réforme générale des retraites met à l’arrêt pendant 17 jours la SNCF dans le cadre d’un mouvement interprofessionnel.

Juin 2014 : une seule holding… pour les contrôler tous ?

Les cheminots effectuent 14 jours de grève en juin 2014 alors que les députés débattent d’une réforme ferroviaire qui vise à regrouper sous une même holding publique la SNCF et Réseau ferré de France (RFF, organisme de gestion du réseau ferré). Alors que la mobilisation faiblit, le texte est définitivement adopté par les députés le 21 juillet.

Juin 2016 : les cheminots parviennent à conserver leur régime spécial

Après deux semaines de grève pour défendre leur régime spécial, les cheminots réussissent à faire plier la SNCF en juin 2016. Cette dernière renonce à son projet de réorganisation, sous la pression d’un gouvernement soucieux d’apaiser le climat social à quelques jours de l’Euro de football et en pleine contestation contre la loi travail. 

A l’origine des réformes ayant engendré certaines de ces mobilisations, on retrouve des directives de Bruxelles qui se déclinent à travers une série de paquets ferroviaires prévus par la Commission européenne.

A titre d’exemple, la dernière réforme de la SNCF en date, souhaitée par Emmanuel Macron, s’inspire en partie du rapport Spinetta qui répondait précisément aux attentes formulées dans le quatrième paquet dont l’objectif est la libéralisation totale du transport des voyageurs par le rail en Europe.

Avril 2018 : mobilisation «perlée» contre la réforme de la SNCF

C’est la grève la plus longue entamée par les cheminots depuis 30 ans, suivant un calendrier débuté le 3 avril. Cette grève dite «perlée» suit une organisation inédite : les salariés grévistes de la SNCF sont appelés à ne pas travailler deux jours tous les cinq jours. 36 jours de grève ont ainsi été répartis jusqu’au 28 juin. Au 13 juin, 30 jours ont donc été marqués par l’interruption de travail des protestataires.

Les cheminots et leurs alliés sont mobilisés contre le projet de réforme ferroviaire entamé par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Ils s’opposent à la remise en cause de leur statut pour les nouveaux embauchés mais aussi à l’ouverture progressive à la concurrence dont ils soupçonnent qu’elle pourrait déboucher sur une libéralisation complète du réseau. Autre sujet de discorde : le changement de statut de la SNCF dont les trois établissements deviendraient une unique «société nationale à capitaux publics», ce qui selon eux pourrait amorcer l‘ouverture à des capitaux privés.

Au fil de la grève, la mobilisation des contestataires, suivie à 48% le premier jour de grève, a été fluctuante. Le taux de grévistes a baissé jusqu’à 12,78% à la mi-journée le 13 juin, selon la SNCF, même si près d’un conducteur et d’un contrôleur sur deux avaient cessé le travail. 

Malgré ces mouvements sociaux et les nombreuses manifestations et coups d’éclat des protestataires, le projet de réforme ferroviaire doit être soumis à l’Assemblée nationale le 13 juin, puis au Sénat le 14 juin, pour être définitivement adopté. 

Lire aussi : Privatisation du rail ? La Grande Bretagne l’a fait… et c’est un échec pour les usagers


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