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juin 22, 2018

Les paysans locaux ont le choix entre vendre ou se pendre…


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Nord-Vaudois  –  Se sentant harcelé par l’administration, un agriculteur de la région a mis fin à ses jours. Témoignages.

«Depuis la visite des contrôleurs, il ne dormait plus. Et lorsqu’une voiture s’arrêtait devant la maison, il était en alerte: ça y est, ils sont de nouveau là!» C’est dans ce contexte de tension qu’un agriculteur nord-vaudois de 79 ans a mis fin à ses jours en avril dernier. Ses trois enfants et leur maman ont décidé de témoigner. Parce que de tels drames ne devraient pas se produire.

Selon les membres de cette famille, le défunt se sentait harcelé par le Service de la consommation et  des affaires vétérinaires. Le contrôle inopiné de début février, qui faisait suite à d’autres, a donné lieu à une dénonciation. Il était reproché au titulaire de l’exploitation – le fils du défunt, que ce dernier n’a jamais cessé de soutenir au quotidien – de ne pas détenir les animaux dans des conditions conformes à la loi.

La ferme étant située au centre du village, les animaux étaient conduits au licol, par petits groupes, dans des champs situés non loin de là. Pas assez souvent au gré des contrôleurs. Ceux-ci avaient suggéré la création d’un parc devant l’étable. «C’est une solution irréaliste. Construire un parc sur du béton en bordure de la route principale… Qu’auraient pensé les voisins avec les odeurs et les mouches en été», relèvent les membres de la fratrie, solidaires avec  leur maman.

Pour eux, il ne fait pas de doute que l’inspection de février a provoqué un séisme chez leur père: «Il était fatigué et craignait par dessus tout que les contrôleurs ne débarquent à nouveau. Il n’était plus le même. Jusque-là, il n’avait jamais été dépressif», assurent-ils.

Cette attitude a confiné au drame, le matin du 23 avril. Alors que son épouse venait de s’absenter pour quelques minutes, ce paysan courageux, bientôt octogénaire, municipal de sa commune durant plus d’un quart de siècle, a choisi de s’en aller, au milieu de son jardin, son petit paradis.

Ses proches font front, et, au-delà des nombreuses questions sans réponse, ils expriment une légitime indignation: «Nous avons considéré, en famille, que les petits paysans comme nous n’ont plus de place face aux grandes exploitations et stabulations libres. On veut nous éliminer coûte que coûte. C’est injuste!», ont-ils écrit aux autorités.

Il renonce à l’élevage
Le fils du défunt, qui a écopé d’une sanction pénale la veille de l’enterrement de son père, a, la mort dans l’âme, renoncé à l’élevage. Les génisses ont été vendues et les vaches le seront dans les jours qui viennent. C’est en est fini d’une tradition familiale plus que séculaire.


 

Philippe Leuba a demandé un rapport

Des causes multiples

«Lorsque j’ai reçu cette lettre, j’ai immédiatement demandé un rapport au Service. J’attends de le recevoir avant de prendre position. Je  ne sais pas s’il y a eu des comportements inadéquats», explique le conseiller d’Etat Philippe Leuba.

Plus généralement, le ministre en charge de l’agriculture, se basant sur l’expérience de Pierre-André Schütz, le «samaritain des paysans», relève que les causes d’un suicide sont souvent «multiples». Le Canton de Vaud fait d’ailleurs œuvre de pionnier dans le domaine de la prévention. L’an dernier, le conseiller d’Etat a suivi une journée entière (6h-23h) des contrôleurs dans le Vully. L’occasion de réaliser que leur tâche, dans le cadre d’une loi fédérale très contraignante, est délicate.


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