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février 20, 2018

Vivre dans un mouchoir de poche….


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Nous croissons, nous bétonnons, nous plastifions les océans, nous polluons tout et partout, comme des cons. Et les animaux dans tout ça que deviennent-ils ? C’est notre amie Micrologie qui nous donne une piste de réflexion.

Quand les animaux réduisent leurs déplacements

Nous prenons trop de place ! Tu m’étonnes, de 50 à 70 % de la surface de la planète a été modifiée par les activités humaines et les animaux peuvent aller se faire voir ailleurs. Sauf qu’il n’y a pas d’ailleurs… Une récente étude publiée dans Science montre que nos amis sauvages ont limité leurs déplacements de façon drastique. Une autoroute ou une ville à tous les coins de forêt et ils tournent en rond. Le mouvement des mammifères s’est vu réduit de moitié, voire plus.

Fini la balade !

On pouvait s’y attendre, encore fallait-il le démontrer et le mesurer. Les chercheurs ont mis en place un vaste programme de suivi, 800 mammifères appartenant à 57 espèces équipés de GPS, le tout dans une base de données géante en libre accès appelée Movebank. Parmi les animaux suivis, des gazelles, des éléphants, des sangliers, des babouins, des ours, des léopards, je vous épargne la liste, l’intérêt de cette étude, vous l’aurez compris, est l’approche globale. Car soyons clair, nous ne parlons pas ici de cas isolés, mais bien d’un phénomène planétaire et conséquent. C’en est fini des grandes balades et tout ce qui va avec… dispersion et propagation, conquête de nouveaux territoires et diversification, dynamique des chaînes alimentaires, dissémination des graines accrochées aux poils ou aux pattes, etc., etc.

On effleure à peine les effets sur le fonctionnement des écosystèmes. L’exemple des carnivores donne la mesure. Alors qu’ils se déplacent en moyenne de 21 km sur une période de 10 jours en pleine nature, dans les zones à forte empreinte humaine, le parcours est réduit à 6 km. Même s’ils vont toujours à la même vitesse, ils zigzaguent et finalement font du sur-place.

En cause, la fragmentation des habitats bien sûr et les nombreux obstacles sur leur route. Mais les chercheurs observent également chez certaines espèces des modifications de comportement, un peu comme nous autres humains qui n’allons pas plus loin que le centre commercial (et le bout de notre nez). Le cas du renard est éloquent, il a pris l’option « faire les poubelles » et n’a donc plus besoin de parcourir des kilomètres pour se nourrir.

Petite planète

Bienvenue dans l’anthropocène, une nouvelle ère où l’humanité pèsera 9,8 milliards d’individus en 2050 ! Des petits malins peuvent toujours aller sur Mars, d’autres se croire à l’abri dans une Trump Tower, n’empêche que le reste des terriens, humains et non-humains, devra vivre sur cette putain de planète !

Source :

Moving in the Anthropocene: Global reductions in terrestrial mammalian movements, Science, janv. 2018

Source Micrologie

Voir aussi:

Un homard chez le psy

Le sourire du macaque

 


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