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janvier 18, 2018

La vie (et la mort) de Reinhard Heydrich par le cinéma “français”


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« Non mais qu’est-ce que c’est que ce foutoir ? »

 

HHhH (Himmlers Hirn heisst Heydrich, autrement dit « le cerveau de Himmler s’appelle Heydrich ») est un film sorti en 2017 réalisé par Cédric Jimenez et produit par Ilan Goldman, le mari de Roselyne Bosch, réalisatrice de La Rafle, le tire-larmes pour enfants des écoles dont Nicolas Bedos a osé se moquer.

 

Un petit coup de Wikipédia pour clarifier les rôles :

Issu d’une famille juive ashkénaze, Alain Goldman naît en 1961 à Paris, dans un quartier de Montmartre. Son grand-père fut le premier représentant d’Universal en France, dans les années 1930. Son père, Daniel Goldman, fut le patron d’United International Pictures.

Dans sa jeunesse, Alain Goldman milite au Betar (mouvement de jeunesse sioniste marqué à droite), puis il décide à 18 ans d’aller s’installer en Israël. Il y fait une partie de ses études supérieures, puis revient en France, y épouse Rose Bosch avec qui il aura deux fils.

 

Le titre du film – « hachachachache » – n’a pas vraiment aidé. Pour un budget de près de 30 millions d’euros, il n’a attiré que 300 000 spectateurs dans les salles et les pays européens en ont boudé l’achat. Serions-nous tous nazis ? Non, c’est juste que le HHhH est mauvais :

« HHhH va rivaliser involontairement avec Papy fait de la résistance. Du flou, des ralentis, une musique envahissante, des retours en arrière, ce kugelhof historique pèse sur l’estomac. Cette adaptation du roman de Laurent Binet suscite haussements d’épaules et hilarité. »

C’est pas nous qui le disons – nous on n’a pas le droit – c’est Le Figaro.

Comme nous n’aimons pas hurler avec les loups, qui ont tous démoli le film, même Télérama [1], nous avons visionné la chose.

Le ton est donné d’entrée : Heydrich joue avec une fillette blonde, elle rit, mais on entend un discours du Führer en off qui gâche tout car Adolf hurle tout le temps. Il y a un contraste entre la joie de la petite fille et la méchanceté d’Hitler.

 

Balance ton porc nazi

Viré de la Marine allemande pour une relation adultère avec une zalope, Reini s’énerve et casse tout dans sa maison. Il est donc violent. Mais il pleure car sa femme légitime le gronde, et il ressemble à un homosexuel enragé. Sa femme semble plus forte que lui. En peu d’images, le réalisateur nous fait comprendre beaucoup de choses sur cet homme qui deviendra un monstre européen.

Heureusement, après son licenciement sec de la Marine, un petit moustachu répugnant à lunettes John Lennon lui fait une proposition : travailler pour la police secrète, détecter les ennemis du Reich et les éliminer. Reini accepte. C’est ça ou le Pôle emploi avec ses agents pénibles et culpabilisateurs et surtout ses nouvelles lois Macron-Philippe où tu peux pas refuser un second job. Juste après son embauche, on voit Reini qui pète la gueule à des communistes dans une cave : ils faisaient des affiches antinazies. Mal leur en prit !

« Tous les pouvoirs ont besoin d’hommes de l’ombre » (Himmler)

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Petit dîner entre amis avant la Nuit des longs couteaux

 

À un moment donné, après un dîner un peu houleux avec le chef de la SS Himmler et le chef de la SA Röhm, Reini embarque sa femme dans sa chambre et lui donne des tapes sur les fesses. Elle ne dit rien, et rit même ! Pourvu que Caroline de Haas ne voit pas ça.

On aperçoit la moitié des fesses de l’actrice principale mais soudain changement de plan, au moment de l’orgasme, surgissent des « Heil Hitler » plein la rue avec le peuple allemand super content. La musique est d’époque (Unser Führer, d’après notre oreille avertie).

 

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Les nazies ont des beaux culs

 

Dommage que Jimenez ne s’attarde pas sur le travail de renseignement dans lequel Reini excellait. La Nuit des longs couteaux, où l’élite SA est éliminée, on dirait la bande-annonce d’un Jason Statham, c’est dommage. Un film historique sur le renseignement nazi de 1933 à 1942 méritait un peu plus de travail et de considération, même de la part d’un antinazi primaire.

« Vous savez comment le Führer l’appelle ? L’homme au cœur de fer » (Himmler à madame Heydrich)

Sans vouloir tomber dans le sexisme antisioniste le plus vil, la femme à Reini fait très aryenne, et ses traits sont magnifiques. On ne se lasse pas de la regarder. À côté, Christine Angot et Caroline de Haas font peur, mais ce n’est pas le sujet. Chaque femme a sa propre beauté, parfois elle se voit facilement, parfois elle est cachée, parfois on ne la trouve jamais. C’est l’éternel mystère féministe.

 

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C’est parti pour la Pologne

 

Les scènes de tristesse, comme l’invasion de la Pologne (résultat d’une provocation montée par Reini mais ça le film ne le dit pas, c’est probablement trop compliqué pour la paire Jimenez-Goldman), sont soulignées par une mélodie triste au piano. Le nazisme est aussitôt associé à « tristesse » dans la tête du public, et c’est bien.

« Vous êtes l’élite, les nouveaux guerriers politiques, choisis pour votre pureté raciale » (Discours de Heydrich à ses Einsatzgruppen)


 

Bon en fait les Einsatzgruppen tuent des paysans, des femmes et des vieux, et du coup le discours d’Heydrich semble mensonger. Mais lui ne ressent rien (on rappelle que son cœur est en fer donc on ne peut pas lui reprocher son manque de sensibilité), il avance. Et fréquente les bordels nazis haut de gamme. On sent que la pute qu’il a choisie va dérouiller. Les images de guerre rythment les images sexuelles, et réciproquement.

Reini essaye d’impliquer la Wehrmacht dans les massacres de civils, mais un général lui résiste sur le terrain. Alors il sort son petit carnet de bruits de chiottes et lui parle de son « goût pour les très jeunes filles ». Et paf, le général cède. La Wehrmacht participera à la chasse aux ennemis du Reich non militaires. Du coup on assiste à une exécution de « partisans », puis juste après on voit le fils de Reini s’essayer au piano. Quel contraste ! Quel entrechoc d’émotions ! On verrait presque des émojis sur l’écran.

 


 

Vers la 40e minute, il s’engueule avec sa femme parce qu’il va à Berlin, promotion oblige. Enfin du neuf avec la préparation du commando « terroriste » destiné à abattre Heydrich. Oh mince, c’est Gilles Lellouche qui incarne le grand résistant tchèque qui accueille les deux commandos venus de Grande-Bretagne sur le sol national !

 

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La mort en direct de Gilles Lellouche, l’homme qui a traité Dupont-Aignan de «  grosse merde »

 

On suit la préparation de l’attentat contre le gouverneur allemand du protectorat (de Bohême-Moravie). Mais Lellouche ne survit pas longtemps : coincé par les hommes de Reini (plus efficace que nos ministres de l’Intérieur successifs), il fait feu puis se suicide au balcon. On a l’impression, mais on peut se tromper, que Lellouche se prend pour un vrai résistant, alors que toutes ses déclarations publiques – dans les médias français, pas dans le film – font de lui un bourrin de la communauté de loupiote. C’est le risque du cinéma : parfois, des acteurs s’y croient à mort et ils deviennent fous.

 

 

Puis vient l’attentat, la mort lente de Heydrich, et les représailles allemandes, le massacre du village de Lidice. Pour donner une idée de la réaction de la division SS, c’est comme si après le Bataclan Manuel Valls décidait de raser le quartier de Molenbeek.

Encore beaucoup de larmes et un papa tchèque torturé devant son enfant, on se croirait dans La Rafle quand un gendarme français piétine la tête d’un enfant juif avec un sourire narquois. Puis le môme se fait pincer la joue et il balance un nom. Ça déclenche la grosse rafle de tout le réseau, et la fin en apothéose dans l’église.

Notre conclusion : ne jamais confier à des antinazis primaires la réalisation d’un film de guerre sur les Allemands.


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