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novembre 17, 2017

L’Ukraine veut relancer la guerre dans le Donbass et envoyer 20 000 casques bleus comme force d’invasion…


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Ça bouge mais pas vraiment dans le bon sens.

Après la brutale escalade du dimanche 5 novembre au soir, qui a vu la République Populaire de Donetsk (RPD) répondre de manière très rapide et ciblée on aurait pu espérer que l’Ukraine se calme quelque peu, et remette à plus tard ses plans de relance des hostilités à grande échelle dans le Donbass.

Malheureusement il n’en est rien, et le double langage (ou les tergiversations) permanent des États-Unis sur la question ukrainienne ajoutent de l’huile sur le feu.

Après avoir publiquement recommandé à l’Ukraine de ne pas soumettre un projet de résolution concurrent de celui de la Russie concernant le déploiement de casques bleus dans le Donbass tout début novembre (à travers une déclaration de Kurt Volker, le représentant spécial des États-Unis en Ukraine), voilà qu’ils font le contraire (toujours avec le même Kurt Volker).

La proposition de résolution est calquée sur celle que voulait l’Ukraine (à savoir pas de casques bleus russes, et un déploiement dans tout le Donbass jusqu’à la frontière avec la Russie), et Kiev aurait mené les discussions à ce sujet non seulement avec les États-Unis, mais aussi avec l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni.

Il semble que cela ne gêne pas les garants des accords de Minsk de proposer une mission de casques bleus qui va totalement à l’encontre des accords qu’ils sont censés aider à mettre en œuvre (puisque la restitution de la souveraineté sur la frontière est le dernier point des accords de Minsk, qui ne peut être mis en œuvre qu’une fois que tout le reste a été appliqué).

Encore plus délirant, cette mission de 20 000 casque bleus (un chiffre juste astronomique) devrait être placée sous le contrôle de l’OSCE et non de l’ONU. Déjà que l’ONU n’est plus neutre depuis belle lurette, mais l’OSCE n’en parlons même pas ! Il faut rappeler que sur les 57 pays membres de cette organisation, 29 sont membres de l’OTAN et trois aspirent à le devenir, sans parler de l’Ukraine.

Si on y ajoute les pays membres de l’UE, sans être membres de l’OTAN, mais dont la politique de défense est de toute façon dictée par l’Organisation Terroriste de l’Atlantique Nord, il nous reste hors Russie, 15 pays qui ne soient pas directement inféodés aux États-Unis, mais dont un certain nombre sont trop petits pour tenir face aux injonctions américaines.

En clair, ces casques bleus seraient encore moins neutres que ne l’auraient été ceux directement sous mandat de l’ONU, et ils espèrent vraiment que la Russie va accepter de déployer de telles troupes fortement inféodées aux États-Unis à sa frontière avec la RPD et la RPL ? Une telle proposition est inacceptable (car cela sent l’épuration ethnique future à plein nez), et la Russie y mettra bien évidemment son veto à l’ONU.

Ce plan foireux, a été vivement commenté par Alexandre Zakhartchenko, le chef de la RPD.

« Vingt mille personnes c’est presque deux divisions. C’est une armée qui devrait venir sur le territoire de la RPD et de la RPL pour protéger l’OSCE. Trente hommes pour chaque représentant de la mission de l’OSCE c’est une très bonne « protection », et c’est très coûteux, » a ainsi déclaré Zakhartchenko.

Le chef de la République a aussi déclaré que Kiev compte sur l’aide américaine pour occuper le Donbass, avec l’assistance de ce contingent de 20 000 casque bleus, mais que cela porte un coup au prestige des autorités ukrainiennes. Car si l’Ukraine a besoin de renforts se montant à 20 % environ de ses effectifs déjà présents dans le Donbass, cela veut bien dire que son armée est à un niveau déplorable.

« Si de telles discussions ont lieu à ce niveau de délire, c’est non seulement irrespectueux pour nous, mais aussi pour l’Ukraine », a-t-il conclu.

Ce week-end, Igor Plotnitsky, le chef de la République Populaire de Lougansk (RPL), avait lui aussi critiqué ce plan délirant, en rappelant que l’Ukraine n’avait pas les moyens de gérer financièrement la venue d’une telle force militaire.

« Je ne connais que quelques pays, incluant la Chine, qui, à ce jour, si une telle autorisation était donnée, pourraient financièrement assurer le stationnement d’une telle mission sur ce territoireLa mission implique beaucoup de choses – ce n’est pas juste des gens qui viennent, mais aussi le logement, la nourriture ; c’est le programme culturel, et tout le reste. Ce n’est pas aussi simple que cela en a l’air, qu’ils viennent ici, et se tiennent épaule contre épaule. Non le processus est un peu différent », avait ainsi déclaré Plotnitsky.

Il a aussi tenu à rappeler que le déploiement d’une telle mission requérait le consentement des deux parties (il faut rappeler que l’Ukraine, les États-Unis et leurs vassaux prétendent qu’ils peuvent se passer du consentement de la RPD et de la RPL) :

« Nous sommes l’une des deux parties, et donc sans notre consentement, sans notre permission, à l’heure d’aujourd’hui aucune mission ne pourra venir ici, et de plus, c’est une activité très coûteuse », avait ajouté le chef de la RPL.

Et il n’y a pas que le coût financier qui semble faire peur aux éventuels pays pourvoyeurs de soldats pour cette mission. Le coût humain semble plus terrifiant. Comme le montre la réaction du Canada, qui ne semble prêt à fournir que de l’équipement et des instructeurs, mais pas de soldats qui serviraient directement au sein de cette mission de maintien de la paix. Le Canada aurait-il peur de voir ses soldats revenir en masse dans des sacs mortuaires ?

En tout cas, l’armée ukrainienne de son côté, continue de se préparer à la relance des hostilités, comme le montre ce réapprovisionnement en roquettes pour lance-roquettes multiples et en obus pour artillerie lourde près de Marioupol, et les 1 477 obus et munitions de tous calibre tirés conte la RPD ces dernières 24 h.

Tout cela et le bombardement de l’arc de Svetlodarsk (près de Debaltsevo) hier par les Forces Armées Ukrainiennes, n’augure rien de bon, comme l’a déclaré aujourd’hui Alexandre Zakhartchenko.

« La préparation de l’offensive est en cours, hier a eu lieu le bombardement du saillant de Svetlodarsk. La situation mène à une guerre de grande ampleur », a déclaré le chef de la RPD.

Christelle Néant pour DoniPress

Voir aussi:

Rapport de situation hebdomadaire du Donbass (Vidéo) – 11 novembre 2017


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